Quand le chef d'état-major général des armées garde son discours en poche
UNE LETTRE POUR LAYELe discours "indiscourable" d’Ali Traoré
C’est maintenant officiel, les différents chefs militaires nommés consécutivement aux douloureux événements de la fin décembre dans notre capitale commencent à prendre leur bâton de commandement. Le ton a été donné hier jeudi au Groupement de commandement, d’appui et de soutien (GCAS) du Camp Lamizana, où le lieutenant-colonel Moïse Minoungou vient de succéder au colonel Ignace Zoungrana.
La fin de la valse ne semble pas être pour demain, puisqu’en haut lieu on est tous unanimes à reconnaître qu’une crise de commandement et de gestion des ressources humaines s’était emparée de notre armée.
A quelque chose malheur est bon, dit-on, et le chef suprême des armées ne s’est pas fait prier pour exercer les droits qui lui reviennent.
Ainsi, par décret signé le 9 janvier dernier, Blaise Compaoré confie les rênes de la IIe Région militaire (Bobo-Dioulasso) au colonel Alain Laurent Bonkian, en remplacement du colonel Oumarou Sadou, présentement en stage à l’école de guerre au Nigeria.
Mes pronostics semblent donc se réaliser et je ne serai pas étonné que d’ici peu, d’autres responsables militaires perdent leur commandement pour les besoins de l’efficacité, de la discipline et de l’honneur dans les rangs.
Je ne t’en dirai pas plus, cher cousin, puisque c’est dans cette atmosphère que les vœux de nouvel an de l’armée, une première fois reportés, ont enfin été présentés au ministre de la Défense le mercredi 17 janvier dans l’enceinte du Mess des officiers à Ouagadougou.
Apparemment, en tout cas, l’ordre semble être de retour dans les casernes à en juger par les différentes allocutions prononcées à l’occasion.
Le sens de la responsabilité transpirait, en effet, du verbe de l’un et l’autre. A savoir, le Secrétaire général, Mamadou Barry, qui représentait les personnels du ministère de la Défense, et le patron dudit département lui-même, Yéro Boly dont beaucoup ont salué le tact et la sagesse. Qu’aurait-il gagné, en effet, à jeter l’huile sur le feu ?
Soldats, hommes du rang, sous-officiers, officiers et personnels civils de notre armée ont donc trinqué à la bonne et heureuse année, avec le bonus inestimable que représentent les promesses faites par Yéro Boly, notamment se rapportant à l’amélioration des conditions de vie et de travail de chaque composante de la grande muette.
Mais, cher Wambi, je me serais contenté de ce que je viens de te dire si un chamboulement de dernière minute ne s’était pas invité à cette solennelle cérémonie.
Initialement, il était prévu trois allocutions, celles respectivement du Secrétaire général du ministère de la Défense, du chef d’état-major général des armées, et du ministre de la Défense.
Curieusement, et sans explication aucune, il n’y en eu que deux, le chef d’état-major général des armées, le général Ali Traoré, n’ayant pas prononcé la sienne.
Pourquoi ?
Mystère et boule de gomme.
En tous les cas, certains des journalistes qui étaient sur les lieux en ont eu copie. Toutefois, je me garde d’en donner ici la teneur puisqu’elle est censée n’avoir jamais existé.
Mais une chose est sûre, des commentaires et des interprétations diverses, il y en aura, au regard de la fonction et du grade d’Ali Traoré. Heureux, devrions-nous nous estimer, que nos bidasses aient enfin et définitivement trouvé un terrain d’entente.
Cher Wambi, plus que quatre mois et ceux des Burkinabè qui se sont inscrits sur les listes électorales iront aux urnes pour départager les prétendants à l’Assemblée nationale.
D’ores et déjà, je puis te dire que beaucoup rêvent de ce mandat, mais peu seront élus au soir du 6 mai 2007. A chacun de savoir fourbir ses armes en vue de convaincre l’électorat pour n’avoir pas à se mordre les doigts au soir du scrutin.
En outre, je dois te rappeler qu’au niveau du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), la date limite pour le dépôt de la candidature à la candidature est fixée au 27 janvier prochain. Mais combien y en aura-t-il, vu la taille du CDP et l’appétit de ses militants ?
S’il est vrai que toute candidature est laissée à l’appréciation de la base, le dernier mot reviendra néanmoins aux gourous du parti qui font et défont les hommes du régime Compaoré.
Si fait que nombreux sont ceux qui hésitent, se nourrissant de calculs : éviter à tout prix d’avoir à sponsoriser la campagne sans être retenus, ou migrer purement et simplement vers un autre parti où leurs candidatures seront plébiscitées.
Les peaux de banane et les intrigues ne manqueront pas sur le boulevard qui mène à l’Assemblée nationale. A chacun de faire sienne cette vérité historique selon laquelle la politique, c’est l’art de la ruse et de l’hypocrisie.
Tandis que dans les états-majors politiques, on n’a de préoccupations que les législatives 2007, dans nos communes rurales, les conseillers s’arrachent les cheveux pour boucler leur budget.
Je n’en veux pour preuve que la Région du Centre où chacun devrait développer des initiatives afin de remplir convenablement sa part de mandat et réussir le processus de décentralisation ainsi entamé.
Aussi me revient-il, cher cousin, que dans le cadre de l’exercice de la tutelle financière des collectivités territoriales (Cf. articles 54 et 229 du Code général des collectivités territoriales), la Commission technique régionale (CTR) chargée de l’examen et de l’approbation des budgets des communes rurales s’est réunie au Gouvernorat du Centre les 18 et 19 décembre 2006 à cet effet.
Ainsi, les autorités municipales des six (6) communes rurales de la région, assistées de leurs comptables et du préfet de la localité ont passé successivement devant la Commission technique régionale pour défendre leur budget.
Aussi, à l’issue des deux jours de travaux, deux (02) projets de budget ont été rejetés pour absence de certaines pièces obligatoires.
Afin de réexaminer les projets de budget corrigés des deux communes, la commission s’est de nouveau réunie le 27 décembre 2006, et les projets de budget approuvés par la Commission technique régionale se présentent comme suit :
1. Commune de Saaba : budget équilibré en recettes et en dépenses à la somme de 67 679 272 FCFA ;
2. Commune de Koubri : budget équilibré en recettes et en dépenses à la somme de 57 115 109 FCFA ;
3. Commune de Komsilga : budget équilibré en recettes et en dépenses à la somme de 42 771 452 FCFA ;
4. Commune de Tanghin-Dassouri : budget équilibré en recettes et en dépenses à la somme de 148 220 283 FCFA ;
5. Commune de Pabré : budget équilibré en recettes et en dépenses à la somme de 31 60 112 FCFA ;
6. Commune de Komki-Ipala : budget équilibré en recettes et en dépenses à la somme de 14 125 824 FCFA.
Le budget étant la traduction chiffrée du programme de développement, il ne reste qu’à souhaiter bon vent à nos communes rurales, qui doivent le mettre en œuvre dès janvier 2007 après la prise de l’arrêté d’approbation définitive par l’autorité de tutelle.
Cher cousin, tu te souviens sûrement du FOCAL, cette trouvaille du chantre du "tékré", Me Hermann Yaméogo, le président de l’UNDD.
Ce forum de communication alternative dont l’objectif est de livrer le point de vue du parti de la panthère sur les sujets brûlants de l’heure à travers des conférences publiques avait, jusque-là, eu lieu dans d’autres provinces ou dans la capitale, mais pas au Boulkiemdé où, pourtant, nombreux sont ceux qui l’attendent.
Eh bien, ce vide sera comblé ce week-end, plus précisément le samedi à partir de 15 heures, à la Direction des Sports et des Loisirs.
Le thème principal sera le dialogue interivoirien. Plusieurs orateurs sont à l’affiche tels Marcelin Yaméogo, commissaire national du parti, Noël Yaméogo, conciliateur, ou le secrétaire à la communication, Mathieu N’Do.
Un événement qui fera suite d’ailleurs à la présentation des vœux de ladite formation politique à la presse, prévue pour cet après-midi.
Pour ma part, je t’invite maintenant, cher cousin, à découvrir au moins le contenu du carnet secret de Tipoko l’Intrigante dont les vœux nous accompagnent en tout lieu et en tout instant.