L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

L'Heure     du     Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

Blaise a formé la sécurité de Guillame Soro

Cher Wambi,

 

Aujourd'hui 30 mars 2007 marque le 6e anniversaire de la Journée nationale de pardon (JNP). Véritable catharsis pour les uns et échappatoire pour les autres, cette JNP suscite toujours des sentiments partagés au sein des populations burkinabè.

Et si depuis l'instauration de cette journée, de nombreuses familles victimes de violences en politique ont été réhabilitées, d'autres attendent. Sont de celles-là la famille de feu le Lt-Colonel Nézien Badembié, tué le 9 novembre 1982.

En effet, à l'occasion de cet anniversaire de la JNP, cette famille rappelle qu'en fin janvier 2002, elle avait sollicité au colonel Mamadou Traoré, chef d'état-major de la gendarmerie, une doléance : transmettre un courrier à Blaise Compaoré, président du Conseil des ministres, chef suprême des armées. Dans ladite lettre, la famille de celui qui fut 11 ans durant commandant de la gendarmerie, justifie d'abord le pourquoi de sa non-adhésion à l'époque à cette JNP. Pour elle, il faut d'abord un préalable qui se ramène essentiellement à une réhabilitation militaire. Selon la famille, si jusqu'à présent elle a refusé la réhabilitation financière, c'est parce qu'elle souhaite que la "mémoire de Nézien soit perpétuée à travers une réhabilitation convenable eu égard :

- à l'officier de premier rang qu'il a été dans notre gendarmerie nationale et donc dans notre armée nationale ;

- aux responsabilités qu'il a longtemps assumées à la tête de cette gendarmerie (9 + 2 ans) ;

- à l'exemple donné en honorant l'uniforme d'officier qu'il portait aux dépens de sa propre vie ;

- et enfin, au fait qu'il a été malheureusement la toute première victime des crimes de sang politiques dans notre pays".

A l'époque, c'est-à-dire en 2002, la famille avait écrit au colonel Saye Zerbo, ancien chef d'Etat, dont Nézien fut le ministre de l'Intérieur, pour l'informer de cette démarche auprès de Blaise Compaoré.

La famille Nézien sera-t-elle enfin entendue ?

Osons le croire.

 

Cher Wambi, comme tu le sais, le Burkina Faso, avec 700 000 tonnes de coton graine, est devenu le premier producteur africain de ce qu'on appelle couramment l'or blanc. Et les producteurs, ainsi que les autres maillons de la chaîne cotonnière, ont même promis de franchir, dès la saison prochaine, le seuil du million de tonnes.

Du moins si tout va bien. Et ils ont raison de parler avec des "si", car à l'allure où vont les choses, la campagne qui s'annonce pourrait être compromise si rien n'est fait dans l'urgence.

Comme tu en a sans doute entendu parler par ton oncle Razugu, qui a quitté depuis une dizaine d'années la terre inculte du Plateau central pour aller cultiver le coton dans la Boucle du Mouhoun, de mémoire de cotonculteur, on n'avait jamais vu ça. Les sociétés cotonnières, notamment la Société des fibres textiles du Burkina (SOFITEX), peinent à payer les producteurs. L'argent, habituellement disponible en novembre-décembre; ne l'a été, cette fois, qu'à partir de fin février. Et encore ! Du coup, c'est l'économie des zones cotonnières, dont l'or blanc est la locomotive, qui est sinistrée, et les producteurs ont dû bazarder leurs biens ou contracter des prêts pour subvenir à leurs besoins vitaux et urgents.

Le président du Faso en personne, dans son allocution du nouvel an, leur avait pourtant fait un clin d'œil, et lors de la Journée nationale du Paysan (JNP), il avait déclaré urbi et orbi que l'Etat injecterait 50 milliards de francs CFA (sous forme d'ailleurs de prêt) dans la filière.

Mais depuis, rien de concret, comme pour confirmer l'adage selon lequel "promesse de grand n'est pas héritage".

Faut-il donc croire que tous ces discours sur la défense du coton africain, notamment burkinabè, ne sont que du vent ? Ou est-ce pour des lourdeurs administratives (auquel cas les autorités ont intérêt à se réveiller) que les choses traînent ? A moins que ce ne soient des bâtons qu'on veuille mettre dans les roues de certains ?

Ce qui est embêtant dans ça, c'est qu'il y a quelque 200 000 tonnes d'intrants (semences, engrais, pesticides) à mettre en place sur toute l'étendue du territoire, ce qui pourrait nécessiter la mobilisation d'environ 20 000 camions du type "10 tonnes" comme on les appelle couramment. Un défi logistique à relever, surtout quand on sait, cher Wambi, qu'à partir de la mi-avril, la mousson gagne le bassin cotonnier, rendant les routes impraticables.

D'ailleurs, comment les sociétés cotonnières pourraient-elles oser aller déposer les intrants de la campagne quand elles doivent aux producteurs ? Ce serait, à coup sûr, prendre le risque de les voir placer ça sur le marché pour subsister. Et sans intrants, pas de coton.

C'est donc pour l'Etat et son chef le moment, ou jamais, de tenir les engagements pris, en débloquant les fonds promis si on ne veut pas aggraver une situation qui est déjà suffisamment préoccupante.

 

Après les affrontements qui avaient opposé militaires et policiers les 19 et 20 décembre 2006, je m'étais fait l'écho, cher cousin, de la valse de certains officiers et de la délocalisation des camps militaires, implantés depuis la nuit des temps dans la capitale.

Jusque-là je ne crois pas m'être trompé, puisque depuis de nouvelles têtes président aux destinées du Camp Général Aboubacar Sangoulé Lamizana, et j'en oublie. Ce n'était aussi que le début du commencement, comme qui dirait, puisque le commandant de la Garde de sécurité présidentielle, le lieutenant-colonel Atogodan Adenali, vient d'être muté à Kaya, où il devra seconder le commandant de la 1re région militaire.

Pour l'instant, si le secret entoure l'identité de son successeur, ceux qui semblent être dans les secrets des dieux soutiennent,  mordicus, qu'il pourrait s'agir du lieutenant-colonel Omer Bationo, autrement dit "Bon Ballon". Vrai ou faux ?

L'avenir nous le dira.

Quant à la délocalisation programmée des camps, il me revient, cher Wambi, que ce n'est qu'une question de mois, toutes les conditions étant réunies pour sa mise en œuvre.

Tu comprends maintenant pourquoi les entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics sont tout ouïe.

 

Cher Wambi, sous la houlette de l'Association d'amitié France-Burkina, le "grand pacificateur de l'Afrique de l'Ouest", entendez Blaise Compaoré, a été célébré le mardi 27 mars dernier à Paris.

En attendant que L'Observateur paalga te propose le compte-rendu promis par le petit Samo de l'ambassade du Burkina à Paris, voici ce qu'en dit  "La Lettre du continent" dans sa dernière livraison.

On y lit notamment, cher cousin, qu'un Comorien a ni plus ni moins suggéré que le président du Faso reçoive le prix Nobel de la paix "pour ses œuvres".

Voilà qui ne manquera pas d'alimenter la polémique au Burkina et dans la sous-région.

Voici donc, cher Wambi, l'élément de "La Lettre du continent" :

 Mardi 27 au Cercle républicain, avenue de l'Opéra à Paris, c'était la fête au "Beau Blaise". Présidée par Guy Penne, l'ancien "monsieur Afrique" de François Mitterrand, et Me Benoît Sawadogo, l'Association d'amitié France-Burkina Faso (AFBF) avait réuni le cœur du village franco-africain pour célébrer le "grand pacificateur de l'Afrique de l'Ouest". Officiellement, l'AFBF avait mobilisé les "amis" du Burkina Faso pour la visite à Paris du président de l'Assemblée nationale, Roch Marc Christian Kaboré, qui était accompagné de son épouse.

Très prudent, le président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) a aussi chanté les louanges du "capitaine". Les anciens ministres de la coopération, Michel Roussin (aujourd'hui vice-président de Bolloré), et Pierre-André Wiltzer (haut représentant pour la sécurité et la prévention des conflits), plusieurs ambassadeurs de France dont Dominique Decherf, l'ancien premier ministre togolais Edem Kodjo (ministre d'Etat à la présidence)... étaient de la réunion et du dîner qui a suivi. Sans son saxo, Manu Dibango, président du dernier FESPACO (festival de cinéma), égayait la table de son ami, l'ambassadeur à Paris, Filippe Savadogo. Dans la surenchère, l'inattendu homme d'affaires comorien Saïd Hilali Moussa a lancé l'idée que Blaise Compaoré devrait recevoir le Prix Nobel de la paix pour ses œuvres... On en est resté là.

 

Cher Wambi, Ouagadougou a retrouvé sa sérénité après les émeutes des 16 et 17 mars qui avaient valu à certains bars de la chaîne des Kundé d'être réduits en cendres mais l'on semble encore bien loin de percer le mystère des meurtres dont ont été victimes  Maré Bambo Oumar et Bansé Sempana, un certain 13 mars à Saaba.

Les présumés commanditaires et exécutants, les sieurs Maïga Modibo Ali et Sana Aboubacar, eux, sont toujours entre les mains de la police.

Le troisième larron, Zampaligré Hamadou alias "Zampa" en fuite, comme tu le sais, serait localisé en terre togolaise.

Mais a-t-on pu mettre la main sur lui comme le soutient Dame Rumeur ?

Difficile d'y répondre, car, de sources concordantes, la coopération entre les forces de sécurité togolaises et burkinabè ne serait pas des plus aisées.

Si fait que l'ex-Suisse de l'Afrique de l'Ouest est devenue le paradis rêvé de bien de suspects sérieux recherchés au "Pays des hommes intègres".

En attendant, cher cousin, j'en connais qui ne veulent plus sentir l'air des Kundé,  par exemple, les promoteurs de la Roche à Kilwin, secteur 21 de la capitale, qui, passées les heures chaudes, ont repeint leur maquis de rêve en blanc.

 

Une nouvelle qui fera certainement l'effet d'une bombe : c'est la plainte qu'auraient déposée des associations et concernant les biens immobiliers des présidents africains.

L'information est, en effet, relayée encore par "la lettre du continent" dans la même édition du 28 mars 2007 selon laquelle, les associations Sherpe, présidée par l'avocat Wiliam Bourdon, Survie, présidée par Odile Tobner et la Fédération des Congolais de la diaspora, présidée par Benjamin Moutsila, viennent de déposer une plainte auprès du tribunal de Grande instance de Paris contre les dirigeants de plusieurs pays africains et leurs enfants.

A en croire les associations plaignantes, les dirigeants du Gabon, du Congo, du Burkina Faso, de Guinée équatoriale et d'Angola auraient détourné des biens publics par l'acquisition d'un patrimoine immobilier en France.

Dans l'attente de savoir si cette plainte sera déclarée recevable, les associations détaillent tous les biens immobiliers en France des présidents Omar Bongo, Denis Sassou Nguesso, Blaise Compaoré, Téodoro Obiang N'Guema et José Edouardo dos Santos...

N'est-ce pas, cher cousin, une information difficilement vérifiable, mais qui fera, j'en suis sûr, des gorges chaudes dans nos cabarets ?

 

Tipoko l'Intrigante, dont je t'invite à découvrir le contenu du carnet secret, ne nous dira pas le contraire :

 

Guillaume Soro, le leader de la rébellion ivoirienne, cédera-t-il à la tentation ?

La question n'est plus à l'ordre du jour depuis que le patron des Forces nouvelles, à la faveur des accords historiques de Ouagadougou signés le 4 mars dernier, a été nommé Premier ministre de Côte d'Ivoire en remplacement de Charles Konan Banny qui aura subi le sort de son prédécesseur, Seydou Elimane Diarra, dans la gestion de la crise.

Cohabitation des plus aisées en perspective quand on sait que c'est le prof et l'élève qui se retrouvent, mais hypothétique pour qui connaît leur pomme de discorde.

D'où la question récurrente : qui assurera la sécurité de Guillaume Soro sur les bords de la lagune Ebrié ?

Si pour nombre d'observateurs, les forces onusiennes seraient les mieux indiquées, il revient de sources concordantes qu'avant l'officialisation de sa nomination, Guillaume Soro avait acquis de l'armée burkinabè qu'il s'occupe de l'instruction de sa garde rapprochée.

A ce qu'on dit, ce serait déjà chose faite et ces éléments devraient se mêler à ceux affectés par les forces onusiennes.

Mission accomplie donc pour Blaise Compaoré !

 

Alors que plus d'un disait de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) qu'elle était le corps paramilitaire le plus chouchouté au Faso, une voix extérieure nous apporte un cinglant démenti.

En tout cas, la grogne y monte au moment où la sérénité s'installe chez les autres.

Un manuscrit qui se lit à une heure indue révèle en effet que certains cadres de la CRS en seraient les vecteurs. Eux qui n'auraient de soucis que de semer la division dans les rangs, et de piller les fonds d'intervention et des services payés par certaines institutions financières et représentations diplomatiques.

Le Tour du Faso, comme on le sait, a beaucoup évolué, devenant ainsi une vitrine du cyclisme africain, reconnu pour sa régularité et la rigueur de son organisation.

En 2001, une autre page de cette compétition était tournée avec l'arrivée du partenaire organisateur du Tour de France, Amaury Sport organisation (ASO). En cinq ans, la compétition a gagné en crédibilité, mais sur le plan financier, la gestion, dit-on, est floue à tel point que le ministre des Sports et des Loisirs, Jean-Pierre Palm, a tapé du poing sur la table il y a quelque temps. Selon lui, sur les droits télévisés, la publicité qui passe sur le Tour du Faso en Europe, le Burkina ne gagne rien. C'est le premier commerce, dit-il, où il voit que l'Etat investit 60 millions de FCFA pour ne récupérer que 6,5 millions de FCFA à la fin.

Le ministre, qui séjourne actuellement en France, a rencontré les responsables de l'ASO pour recadrer les choses.

Le ministre et les interlocuteurs auraient parlé le même langage, et pour la 21e édition du Tour du Faso, l'ASO sera présente.

Mais il y aura une absence remarquée de l'un des directeurs généraux du Tour du Faso : il s'agit de Jean-Claude Hérault, admis à la retraite, et qui avait une mainmise sur l'organisation. On veut donc repartir sur de nouvelles bases et avec le point de presse sur la 21e édition, on aura une idée de ce partenariat et de l'identité du successeur de Jean-Claude Hérault.

A l'occasion de la fête du Moulound qui sera célébrée dans la nuit du samedi 31 mars au dimanche 1er avril 2007, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale et le ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l'Etat rappellent aux travailleurs et aux employeurs des secteurs public et privé que le lundi 2 avril 2007 est déclaré chômé et payé sur toute l'étendue du territoire national.

 

Extrait de une Lettre pour Laye

 L’Observateur Paalga du 30 mars 2007



30/03/2007
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