L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

L'Heure     du     Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

Le journalisme mène à tout

Cher Wambi,

 

Pô retient son souffle ; car c'est ce dimanche 18 février 2007 que les partis en lice pour les municipales partielles dans la capitale du Nahouri rebelle s'affronteront à travers les urnes.

Au Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), qui entend laver l'affront du scrutin du 23 avril 2006, l'opposition représentée par l'ADF/RDA, le PAI, l'UNIR/MS, le PDP/PS et le RDB promet un échec des plus retentissants.

 

A l'analyse de l'atmosphère qui prévaut au pied du pic Nahouri à la veille de ces partielles, un remake de la gifle mémorable des dernières consultations n'est pas à exclure.

 

Te souviens-tu que, sorti majoritaire des élections du 23 avril 2006 avec 35 conseillers, le CDP avait réussi l'exploit de perdre le contrôle de la mairie de Pô, du fait des querelles intestines internes et du manque de consensus ?

 

Cette fois-ci encore, tout semble indiquer qu'à moins de remporter la totalité des sièges de conseiller, la conquête de l'hôtel de Ville de Pô restera un vœu pieux  pour le CDP, tant les candidats à la succession de Henri Koubizara du PAI foisonnent en son sein.

Henri Koubizara, qui a promis de sabler le champagne au soir du 18 février, comme pour dire qu'il tient déjà sa chose.

Sera-t-il seulement démenti ?

 

C'est un avant-goût des législatives du 6 mai à venir, car un concert de désapprobations se fait déjà entendre sur la constitution des listes du CDP.

Que de peaux de banane jalonnent les voies qui mènent à l'hôtel de Ville et à l'hémicycle !

 

Le journalisme peut mener à tout ; même à l'Assemblée nationale : à preuve, ils sont de plus en plus nombreux, les hommes et femmes de médias, à embrasser une carrière politique au Faso, marquant parfois de leur empreinte leur passage à la tête des départements ministériels.

Je ne te citerai pas de nom, pour te laisser le soin d'en chercher, cher cousin.

 

Au moment où les partis politiques mettent la dernière main sur leurs listes dans la perspective des législatives, bien de journalistes ont déjà pris position.

 

Rien qu'au CDP, dont le quotidien d'Etat, Sidwaya, a publié les listes partielles il y a quelque deux semaines, j'en ai compté cinq : Patrice Diessongo, Moumoula Arsène Kayaba, Benjamine Doamba, Nathalie Somé et Bakary Alexandre Sanon.

 

Peut-être que d'ici là, d'autres noms se révéleront. Sait-on jamais !

Mais question à une pige : pourquoi les journalistes commencent-ils à déserter les studios et les salles de rédaction ?

 

Depuis quelque temps, il ne se passe pas une semaine sans que je ne reçoive des lettres de démission  de militants de partis politiques, généralement accompagnées de demandes d'adhésion à d'autres formations politiques. Pour un oui ou pour un non, allez ! on déménage avec armes et bagages, femmes et enfants.

 

Si de tout temps le nomadisme politique a existé ici et ailleurs, la période post et préélectorale (après les municipales du 23 avril 2006 et avant les législatives du 6 mai 2007) n'est  peut-être pas étrangère à ce regain d'activités des oiseaux migrateurs de la faune politique burkinabè.

 

On se rappelle, cher cousin, que les conseils municipaux n'avaient pas encore été installés que s'ouvraient déjà, dans certaines localités, le marché des conseillers. Et ça continue : un jour, ce sont des élus locaux de Dolo et de Bondigui, dans la Bougouriba, qui disent démissionner de l'ADF/RDA pour adhérer à l'UNDD, ou des comités villageois entiers de Tontou Doundougorou, de Silgadji, de Narégué, de Bouléguégué, de Boulayanké, de Piraogo ou de Mamassinou, dans le département de Tongomayel (province du Soum), qui larguent Me Gilbert Ouédraogo en plein Sahel ;  un autre jour, ce sont les sections UPR de Manni et de Thion, dans la Gnagna, qui claquent collectivement la porte pour s'en aller au CDP. Voilà au moins des gens qui ne se gênent pas de monter, courageusement, à la soupe, ou qui vont vers des prairies probablement plus luxuriantes, etc.

 

Je n'en fais pas toujours échos, cher Wambi, car, à vrai dire, ces mouvements incessants me désolent et me désespèrent, même s'il arrive qu'ils me fassent marrer.

 

Sais-tu que ce sont, souvent, ceux à qui profitent les démissions qui achètent, eux-mêmes, l'essence pour jouer aux garçons de courses, puisque c'est eux qui m'apportent les correspondances des démissionnaires. Une gentillesse trop suspecte à mes yeux, quand bien même j'ai parfois besoin de ces sources pour t'écrire ma lettre hebdomadaire.

 

Passe encore, cher cousin, quand les militants sont des gens dont le départ, orchestré ou pas par l'adversaire, peut porter à conséquence, comme c'est le cas des élus qui peuvent faire basculer une majorité ! Mais quand il s'agit d'illustres inconnus dont la présence ou l'absence n'est jamais remarquée et qui n'ont même pas, quelquefois, la carte du parti qu'ils prétendent abandonner, il y a de quoi ne pas se faire complices de tels imposteurs.

 

D'ailleurs, quand ils décidaient d'adhérer à tel ou tel parti, avait-il pris la presse à témoin ? Alors, que ces messieurs et dames aux motivations inavouées, voire inavouables, aient la décence de s'en aller dans la même discrétion, surtout qu'ils ne représentent souvent qu'eux-mêmes i

 

Alors que depuis son départ à mi-mandat en 2004 suite à une crise au sein du conseil municipal de Ouahigouya, il s'était éclipsé de la scène politique, Issa Joseph Diallo est de nouveau au centre du débat politique. Des appels du pied se multiplient à Ouahigouya et dans plusieurs villages du Yatenga pour demander à l'ex-maire de se lancer dans la course à la députation de mai 2007 à venir.

 

Sous forme de pétition, des fiches d'inscription circulent dans la cité de Naaba Kango et même à Ouagadougou pour susciter, d'abord, et, ensuite, soutenir éventuellement la candidature de M. Diallo.

 

Se lancera, se lancera pas ? La question est sur toutes les lèvres aujourd'hui à Ouahigouya. Une autre question que je me suis posée et que tu partageras certainement avec moi, cher Wambi, est celle de savoir sur quelle liste politique l'ancien bourgmestre  s'inscrirait, au cas où il viendrait à céder à la pression de tous ces appels. Vu que le CDP, parti auquel il a appartenu jusque-là, a déjà clos la liste de ses probables candidats aux législatives, mon interrogation se justifie.

 

Mais, à ce que m'a laissé entendre Baba Ouédraogo, un des initiateurs du mouvement pour le come-back politique de l'ex-édile, peu importe le parti ; seul compte, aux yeux de ses partisans, "estimés aujourd'hui à plus de trois cents", la candidature de M. Issa Joseph Diallo. Les jours à venir nous situeront davantage.

 

Il te revient sûrement à l'esprit, les menaces à peine voilées du président de l'UNDD à l'adresse de ses adversaires politiques, en l'occurrence Blaise Compaoré et son pouvoir, lors de la tenue du 1er congrès du parti les 10 et 11 février à la maison du Peuple.

 

Il déclarait, à l'occasion, que pour empêcher ces derniers de dormir en dépit des déclarations et autres conférences de presse distillées çà et là, les siens et lui passeront désormais à l'action. Le débat de ce dimanche à Dano portera-t-il sur ça ? En tout cas, je suis enclin à le croire, car j'ai appris, de sources dignes de foi, que Me Hermann Yaméogo et son bureau exécutif national organiseront ce jour-là, à partir de 9h, une marche pacifique pour le report des législatives, sous le thème : "Le report des élections et la refondation démocratique". A l'issue de celle-ci, il sera dressé le bilan du congrès ci-dessus évoqué. Qu'en sortira-t-il ? Attendons de voir...

 

A César ce qui est à César, dit-on ; et c'est pourquoi nos braves paysans exigent qu'on leur restitue leur dû.

A la faveur de la Journée nationale du paysan célébrée le week-end dernier à Dori, la question de la centaine de tracteurs offerts par l'Inde pour la modernisation de l'agriculture au Faso est revenue sur le tapis.

 

Car, si lesdits tracteurs sont bien arrivés au pays des hommes intègres, ils ont pris d'autres destinations que les champs des paysans.

 

Certains bonzes du régime, qui se sont subitement découvert une âme d'agrobusinessman, n'ont pas hésité à se tailler la part du lion, aux frais de la princesse.

 

S'étant mis à l'épreuve durant la campagne agricole, dans les vergers et  ranchs, ils ont échoué, car n'est pas agriculteur qui veut.

 

Que de forêts dévastées inutilement à travers le Burkina profond !

Le constat est amer.

 

Pendant que l'Etat peine à solder l'ardoise, ces tracteurs sont transformés en objets de musée dans les forêts du Nahouri, de la Sissili, du Kénédougou et j'en passe.

 

La promesse du ministre d'Etat en charge de l'Agriculture, Salif Diallo, de faire rendre gorge aux différents prédateurs est certes salutaire, mais le pessimisme s'impose, quand on sait que c'est l'œuvre d'une même caste politique. La preuve est, en tout cas, établie que de dossiers tout aussi sales que brûlants qui gagneraient à être dépoussiérés, les tiroirs sont pleins.

 

Qui sait si l'on a enfin décidé de secouer le cocotier à la veille des consultations électorales !

Mais entre nous, cher cousin, demain n'est pas la veille.

Souhaitons seulement qu'un jour, la justice puisse nous démentir. L'attente risque d'être longue et vaine.

 

Sans désespérer qu'un jour ou l'autre les paysans du Faso rentreront dans leurs droits, je t'invite, maintenant, à découvrir avec moi le contenu du carnet secret de Tipoko l'Intrigante :

 

Voilà maintenant un mois que Ouagadougou bruit de la mort de Gabriel Kaméni, ce Camerounais  installé depuis bien des années au Pays des hommes intègres ; un personnage à la réputation sulfureuse et dont un mystère entoure toujours la disparition ; résident de Zaghtouli à la sortie ouest de la capitale, il n'était autre que le fondateur du célèbre Poko Club.

 

Eternel opposant, chez lui au Cameroun comme au Faso, Gabriel Kaméni,  qui a été de toutes les marches du collectif, s'en est allé, emportant avec lui le secret de sa mort.

Est-il mort de sa belle mort ou a-t-il été trucidé comme Dame Rumeur le laisse croire ?

Difficile d'y répondre pour l'instant.

 

L'affaire des déchets toxiques déversés à Abidjan le 26 août 2006 vient de connaître son dénouement, avec l'accord conclu entre l'Etat ivoirien et la société Transfigura, l'armateur du bateau Kopro Koala :

ainsi, la société Transfigura s'est engagée à décaisser 100 milliards de francs CFA pour dédommager l'Etat ivoirien et les victimes des déchets toxiques.

 

En contrepartie, les autorités ivoiriennes promettent d'abandonner les poursuites et procédures en cours, et de classer l'affaire sans suite.

 

Ce que l'on ne savait pas encore, c'est que c'est à Ouagadougou, dans la capitale burkinabè, que les négociations ont été menées.

Selon "La lettre du Continent", le porte-parole de la présidence ivoirienne, Désiré Tagro, y aurait rencontré, le mercredi 24 janvier 2007, Eric de Turckhein, cofondateur de la société Transfigura.

Ce dernier était accompagné de l'avocat français Michel Pitron du cabinet Gide Loyrette Nouel.

 

Négociations pour négociations, espérons que celles entreprises par les protagonistes de la crise ivoirienne à Ouagadougou, avec la facilitation du président Blaise Compaoré, connaîtront la même issue.

 

N'est-ce pas le même Désiré Tagro qui conduit la délégation gouvernementale ?

 

 L'on se rappelle que, le vendredi 12 janvier 2007, lors de la présentation de ses vœux à la presse, le maire Simon Compaoré avait remis aux journalistes un gombo d'un million de francs en lieu et place d'un cocktail qui devait être organisé. Ce "million de la discorde" avait été remis à Remis Djandjinou de Canal 3. Ç'avait donné lieu à des tiraillements malheureux entre confrères.

 

Aujourd'hui, le triste épisode est refermé, puisque l'on apprend que le million vient d'échoir dans les mains de Sy Chériff en sa qualité de président de la Société des éditeurs de la presse privée (SEP).

 

La transaction, si on ose le dire, a eu lieu le 14 février dernier, et la somme, apprend-on de bonnes sources, doit être injectée dans les frais d'organisation de la présentation de vœux entre femmes et hommes de médias, ce soir même à 18h30 au Mess des officiers.

 

Extrait de Une lettre pour Laye in L’Observateur Paalga du 16 février 2007



15/02/2007
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