L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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"Le vieux Sankara n'a pas demandé à manger à Blaise"

Selon Jonas Hien

"Le vieux Sankara  n'a pas demandé à manger à Blaise"

 

A Pô le 18 octobre dernier lors des échanges entre Blaise Compaoré et les jeunes, le chef de l'Etat, au sujet de ses rapports avec les parents de Thomas Sankara, a fait des déclarations précises sur le père du président du CNR. Dans cet écrit, Jonas Hien apporte un démenti cinglant et donne sa part de vérité.

 

Monsieur le Directeur,

 

Dans votre édition du lundi 22 octobre 2007, où vous rendez compte de la rencontre que le Président Blaise Compaoré a tenue avec des jeunes à Pô, à la rubrique «Vu et entendu», au point «Blaise et les parents de Thomas Sankara», à la page 8, on lit ceci : «Interrogé par un jeune sur le fait qu’il n’a pas revu Joseph Sankara et Marguérite Sankara depuis la mort de leur fils, Blaise dira : «Avec le père de Sankara, nous avons eu un certain nombre de contacts cordiaux, mais un certain nombre de situations m’ont fait traîner après… Une fois, le papa de Thomas est passé par le président de l’AN pour qu’il me dise : «Dis à mon fils que j’ai faim», j’ai envoyé un pli pour lui, mais, après, on m’a renvoyé le pli ; une seconde fois, il est passé par le colonel Diendéré, j’ai encore envoyé un pli mais 2 ou 3 jours après, les enfants ont renvoyé le pli pour dire qu’il n’avait pas besoin de ça. Je me suis dit alors qu’il ne fallait pas agir contre la volonté des gens.»

Par la présente, je voudrais apporter des précisions sur certains propos du Président Blaise Compaoré sur la question. Que le père de Thomas Sankara ait envoyé dire à Blaise Compaoré qu’il a faim, je n’en sais rien du tout mais j’en doute  très fort; à moins que cette expression ait un autre sens que le président n’a pas compris. La preuve, le pli qu’il lui a envoyé lui a été retourné ; ce qui montre que le vieux Sankara ne demandait pas à manger à Blaise Compaoré ; ce qui ne serait pas conforme à l’attitude que Joseph Sankara a adoptée après le 15-Octobre jusqu’à sa mort.

 

Voici ce que je sais

 

Par contre, quand le président Compaoré dit que le vieux Sankara est passé par le Colonel Diendéré, je dis que c’est archifaux. Voici ce qui s’est passé : lors du décès de Marguérite Sankara, mère de Thomas Sankara, en mars 2000, le président Compaoré a envoyé un pli au vieux Sankara le jour des funérailles, plus une carte de visite signée de Blaise Compaoré lui-même et de son épouse Chantal Compaoré. Ce pli a été apporté par monsieur Yéro Boly, l’actuel ministre de la Défense, qui était directeur de cabinet de Blaise Compaoré à cette date, et le colonel Gilbert Diendéré. Dès que le vieux Sankara a reçu le pli, il a instruit les enfants qui recevaient les plis de ne pas mélanger le pli de Blaise Compaoré aux autres. Effectivement, 2 ou 3 jours après, le vieux Sankara a informé ses enfants du "cadeau" qu’il a reçu de Blaise Compaoré et de la décision de le lui retourner. C’est ainsi qu’il a fait appeler  Yéro Boly pour lui remettre le "cadeau" de Blaise. Yéro Boly a accepté de reprendre le pli, mais en présence du colonel Gilbert Diendéré, qui était venu avec lui. C’est ainsi qu’il est reparti pour revenir, accompagné du colonel, reprendre le pli pour le remettre au donateur. Le vieux Sankara m’expliquait que le colonel Diendéré était visiblement fâché de cet acte. La presse en avait fait écho en son temps, indiquant même qu'en fait de pli, il s’agissait  d’argent, d’un montant d’un million de francs CFA. Après cette information dans la presse, j’ai posé une question y relative au vieux Sankara, qui a dit ne pas savoir où la presse avait eu cette information, dans la mesure où le pli n’avait pas été ouvert. Si c’est cela que le Président appelle passer par Diendéré, ce n’est pas exact.

Je sais également qu’il y a eu plusieurs autres tentatives bien avant, tendant à soudoyer le vieux Sankara avec de l’argent, mais rien n’y fit. Tout cela fonde ma conviction selon laquelle le vieux Sankara ne pouvait pas demander à manger à Blaise après le 15-Octobre. S’il l’a dit au Président de l’Assemblée nationale (on ne sait même pas lequel), toutes les tentatives échouées devaient permettre de comprendre qu’il ne s’agissait pas de la faim du ventre. C’était un message qui a dépassé la compréhension des jeunes d’aujourd’hui au pouvoir.

 

Jonas Hien

L’Observateur Paalga du 24 octobre 2007



24/10/2007
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