L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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"Nous tendons la main au gouvernement pour la lutte contre la vie chère"

OUSSENI COMPAORE, PRESIDENT DE CO/ONATPI

"Nous tendons la main au gouvernement pour la lutte contre la vie chère"

 

Ousséni Compaoré est le président de l’organisation syndicale du secteur informel basé à Bobo Dioulasso : Classe ouvrière/Organisation nationale des travailleurs du privé et de l’informel (CO/ONATPI), créée en 2001. Il aborde dans l’entretien qui suit la vie chère au Burkina, sa structure, et les manifestations des 20 et 21 février derniers à Bobo Dioulasso.

 

Que pensez-vous, en tant que président d’une structure du secteur informel, des événements des 20 et 21 février derniers à Bobo Dioulasso ?

 

C’est vraiment déplorable, ce qui s’est passé les 20 et 21 février, parce que, quel que soit le problème, les gens devraient être en mesure de se contrôler et de s’organiser de sorte à pouvoir présenter leurs doléances sans faire des casses. Les casses mettent vraiment notre pays en retard. Les feux tricolores, les panneaux publicitaires et de signalisation détruits pendant les manifestations étaient très capitaux pour la ville. A vrai dire, nous ne pouvons que condamner ces actes. Que ce soit le gouvernement ou les communes, ils n’ont cessé d’exprimer leur disponibilité au dialogue. Nous, nous ne supportons que le dialogue. C’est pourquoi j’invite tous les camarades au dialogue quel que soit le problème, parce que nous voulons construire un Etat démocratique.

 

Etiez-vous partie prenante des manifestations prévues pour le 20 février ?

 


Absolument pas. Nous avons même été surpris. Nous nous sommes réveillé comme cela avec des coups de gaz lacrymogènes. Nous ne nous attendions pas du tout à cela. Nous sommes bien placé pour orienter les gens vers le dialogue, et non vers des actes pareils.

 

Etes-vous sûr qu’aucun des membres de votre structure n’a pris part à ces manifestations ?

 

Je suis persuadé que ceux qui ont participé à ces manifestations ne sont pas des nôtres parce que nous sommes une structure bien organisée. Pour que nos membres puissent y participer, il aurait d’abord fallu que le bureau se réunisse, qu’il y ait un PV, bref, que tout soit aussi clair. On n’était même pas informé. D’ailleurs, on parle maintenant d’implication politique. Nous, nous étions loin de comprendre tout cela.

 

Vous parlez d’implication politique, pouvez-vous être plus explicite ?

 

Je dis implication politique parce que ce que nous entendons maintenant n’est pas la même chose que ce qui était dit au départ. Les choses semblent avoir pris des tournures politiques. Mais ce que je peux conseiller à mes frères, c’est de toujours privilégier le dialogue. S’ils ont des doléances à présenter à nos partenaires que sont l’administration ou les collectivités territoriales, qu’ils le fassent correctement. Nous le redisons, notre organisation est toujours pour le dialogue, et nous nous engageons pour cela.

 

Les manifestants ont parlé de vie chère pour justifier leur mouvement. Partagez-vous cette préoccupation ?

 

Tous les Burkinabè, voire tous les Africains vivent la situation. Et tous les partenaires reconnaissent le problème. Partant de là, ce qu’il y a à faire, à mon sens, c’est de s’asseoir autour de la table et chercher ensemble d’où vient cette cherté de la vie, et l’on trouvera la solution, mais ne pas se livrer à des destructions de biens chèrement acquis. Tout cela même ne fait pas honneur au citoyen.

 

Vous avez entre-temps protesté contre le fait que votre structure n’ait pas été associée aux dernières discussions entre le gouvernement et les organisations syndicales. Avez-vous été entendu ?

 

Nous attendons les futures discussions entre le gouvernement et les partenaires sociaux pour savoir si nous avons été entendu ou pas. Nous espérons qu’à cette occasion, toutes les organisations syndicales seront invitées. Nous pensons qu’il n’est pas dans l’intérêt du gouvernement d’avoir un parti pris sur cette question.

 

Mais votre structure est-elle reconnue ?

 

Nous sommes reconnus. Nous avons un récépissé datant du 1er août 2001. Nous menons diverses activités : conférences, séminaires, rencontres, accompagnement dans le domaine du micro-finance. Nous sommes vraiment actifs sur le terrain.

 

Combien êtes-vous dans votre organisation ?

 

Nous sommes près de 10 000 personnes. Les 90% de nos membres sont du secteur informel. Le reste est constitué d’ouvriers de petites entreprises.

 

Un mot pour mettre fin à l’entretien ?

 

Je voudrais dire à l’attention de ceux qui ne le savent pas encore, que la CO/ONATPI est une organisation syndicale qui encadre des acteurs du secteur informel. Conformément à notre mission de promotion du dialogue social, nous disons que nous tendons la main au gouvernement, aux différentes communes pour la lutte contre la vie chère ou sur toute autre question d’intérêt national. Tous ceux qui dirigent d’autres structures, nous voudrions leur demander de respecter les textes de notre pays lorsqu’il y a des revendications à faire. C’est de cette façon qu’ils contribueront à la construction de la démocratie dans notre pays.

 

Propos recueillis par Grégoire B. BAZIE

Le Pays du 13 mars 2008



12/03/2008
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