L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Sénat sénégalais : Les va et vient du "vieux"

Sénat sénégalais

Les va et bien du "vieux"

 

Voilà une chambre législative qui coûte très cher aux contribuables. Le Sénégal qui vogue dans un océan de priorités  n'a absolument pas les moyens de la faire vivre. Ce sont autant d'arguments que le président Abdoulaye Wade avait avancé pour liquider (à jamais !) le sénat dans son pays. Ainsi, le 7 janvier 2001, par un référendum constitutionnel, les Sénégalais apportaient le coup de grâce à leur sénat.

Mais voilà, comme un serpent qui se mord la queue, le célèbre chauve, six ans après, fait marche arrière comme pour dire que cette 2e chambre législative n'est pas aussi budgétivore que ça et que son pays en a grand besoin.

Et par la volonté du projet de loi 010-2007 du 18 janvier 2007, l'institution, autrefois budgétivore et inutile, retrouve, comme par un coup de baguette magique, toute sa raison d'être. A croire que le pays de la Terranga s'est rendu compte de son erreur monumentale, car "une démocratie moderne ne peut fonctionner correctement sans une telle institution".

"Gorgi", autrement le vieil homme,  aura du mal à convaincre que cette résurrection sénatoriale n'est pas faite pour lui permettre de caser ses courtisans, devenus si nombreux en l'espace d'un septennat de pouvoir. C'est connu, et ce n'est pas que l'apanage du pays des Wolof, sous nos tristes tropiques, sur le perron du palais présidentiel, les mouvanciers se bousculent, se marchent sur les pieds,  jouent des coudes pour montrer qu'ils sont très forts dans la danse du ventre afin d'avoir des strapontins.

L'opposition, évidemment, a bon jeu de crier au scandale. Mais en son temps, quand elle était aux affaires, elle n'a rien fait pour supprimer cette 2e chambre. En s'élevant aujourd'hui contre sa résurrection, les contradicteurs de Wade veulent l'empêcher de jouir des avantages qu'un sénat peut lui procurer, surtout quand on sait qu'une partie de ses membres sont nommés directement par le président de la République.

Avec cette institution, le pape du sopi tient en main une carte supplémentaire pour élargir, amadouer, contrôler et fidéliser ses courtisans afin qu'ils soient toujours des appuis sûrs pour son régime.

 

Extrait de «Billets craquants» L'Observateur Paalga du 14 mai 2007



14/05/2007
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