L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Tels dirigeants, tel football...

Election à la FBF

Tels dirigeants, tel football...

 

Ce samedi 12 janvier sonne la fin du feuilleton électoral burkinabè de football. Entre autres, derniers actes du sujet dont la presse se sera fait les choux gras, la réaction d'un lecteur parvenue dans notre rédaction jeudi dernier. L'auteur de l'écrit qualifie cette élection de drôle...

 

Contre vents et marées, sauf accord introuvable et improbable de dernière minute sur un bureau de consensus, le gotha (ou plus prosaïquement les «gourous» du football burkinabé) se retrouveront demain samedi 12 janvier 2008 au Centre Technique National, pour élire celui qui aura la tâche (bénévole, citoyenne et patriotique s'il vous plaît...) de porter sur ses épaules et celles de ses heureux colistiers la lourde et «pénible» charge de conduire la destinée du sport roi dans notre pays durant les prochaines années.

Dans une nation virtuose des manipulations souterraines et dans un milieu (le football) où les méthodes et les pratiques sont prétendues être orchestrées, administrées et gérées à un niveau supraétatique sous la houlette d'un «syndicat» planétaire fier de sa puissance, de son autonomie et de son indépendance (la FIFA), il règne à la veille de l'échéance un climat plus que délétère sur cette élection. Depuis un certain temps, la presse se fait l'écho des conditions calamiteuses d'organisation, aussi bien que des volte-face incessants des deux candidats déclarés qui rendent finalement hasardeuse et périlleuse toute tentative d'analyse objective des contours et des enjeux de l'événement.

Une seule certitude en l'état actuel des choses, il y a de sombres perspectives à l'horizon pour l'avenir du football burkinabé, déjà en fort piteux état, plongé comme il est dans une espèce de coma sportif suite au choc de l'élimination des Etalons de la course à la qualification pour Ghana 2008. On le voit, les conséquences de cette élection sont trop importantes pour en faire une affaire et un débat purement corporatistes, comme d'aucuns le pensent et le souhaitent. Pour ma part, je n'ai pu m'empêcher, à travers ces lignes, de dire tout le mépris que m'inspire l'atmosphère malsaine qui entoure en coulisses la mise en place du futur nouveau bureau de la FBF.

Passons les détails et les dessous de tractations que j'ignore et auxquels je n'ai ni la qualité ni la vocation à me mêler. Par médias interposés, les parties visibles de l'iceberg ont cependant laissé paraître quelques laideurs et vilenies que je me sens le droit, en citoyen soucieux de tout ce qui touche au devenir de sa nation, de dénoncer. Tout burkinabè n'est-il pas de facto comptable des performances sportives de nos clubs et équipes de football, souvent engagés sous les couleurs nationales dans des compétitions contre d'autres clubs et équipes de pays tiers ?

 

C'est quoi cette mascarade ?

 

Du reste, nous autres bas-peuple et supporters lambdas avons la réputation de la  tendance «hooliganienne», du haut des gradins, à vitupérer, vilipender et injurier vertement et grossièrement ceux de nos joueurs qui, hélas, nous donnent souvent l'impression sur le terrain de pratiquer un autre sport que le même football que nous avons l'habitude de voir jouer ailleurs sur nos petits écrans.

Avec la même verve et la même ferveur, j'interpelle ici ceux qui ont voix au chapitre: c'est quoi cette mascarade ?

Voilà une drôle d'élection qui, dans les conditions de tractations rendues publiques, va se dérouler entre un candidat «volontaire» (certainement trop volontaire aux yeux de certains qui ont vite fait d'entonner «tout sauf Yac» dès sa candidature annoncée) et un candidat «suscité», sans doute par les mêmes, qui le poussent joyeusement, au grand dam de sa volonté personnelle librement exprimée, vers une tâche pour laquelle l'intéressé se garde bien de manifester clairement et publiquement le moindre enthousiasme. Et Dieu sait si je comprends volontiers le «pauvre» Zambendé. Ajoutons à ce schéma ambigu les cacophonies qui ont entouré l'expression des candidatures de l'un comme de  l'autre et nous voilà partis pour une élection «loufoque», qui ressemble à en pleurer au niveau et à la qualité de notre football. Nonobstant quoi, à travers la cité, un certain lobby du «milieu» se frotte d'ores et déjà les mains et se gargarise de la victoire par anticipation de son candidat.

Qu'à cela ne tienne et sans parti pris nécessaire pour le «petit poucet» supposé de ce duel (je ne dirai ni «tocard» ni «pied nickelé» comme une certaine presse) pour la présidence de la FBF, le colonel Yac ne devrait, à mon avis, point avoir à rougir d'une éventuelle défaite électorale. Si donc, dis-je, le colonel venait à perdre la bataille (on en sera situé demain), au plan tactique il pourra toujours se consoler d'avoir fait honneur à son grade et à l'art militaire. Manifestement et contrairement au camp d'en face (honni qui mal y pense), Yac a su faire montre d'une stratégie et d'un méthodisme dans la conduite de sa candidature, poussant l'adversaire à certaines erreurs qui, aux yeux de l'observateur même le moins avisé des choses du milieu footballistique national, entachent d'avance toute victoire de la part de celui-ci de suspicion d'usage d'armes non conventionnelles. Comme le chien aboie et la caravane passe, allez-y vous surprendre bonnes gens que, le cas échéant et après une élection dans de telles conditions, le football burkinabé se trouve être géré en dilettante demain du côté de la fédé...

 

Nous irons toujours au stade

 

En tout état de cause, nous autres ne pourrons que prendre acte de ce qui se  passera ce samedi du côté du Centre technique national à Ouaga 2000. Braves et infatigables supporters du sport national, nous irons toujours quoiqu'il advienne, dans les mois et années à venir, sur les stades de foot, applaudir les effets bienfaisants de cette «élection» ou (je ne le souhaite pour autant pas) continuer de pleurer la descente aux enfers du sport roi au Pays des hommes intègres.

Dans les conditions actuelles et présageables de gestion des affaires de ce sport, je crains toutefois que nous bavions encore un certain temps de notre amour du football. Du moins jusqu'à l'avènement (il ne faut jamais désespérer de rien n'est-ce pas ?) d'un changement réel, individuel, collectif et structurel de mentalités dans et autour de la discipline.

Je sais, c'est un appel qui sonne presque comme un vœu naïf et pieu. Un tel changement n'en demeure pas moins le ferment indispensable à l'émanation d'une volonté commune de réforme de notre football, arme sans laquelle le combat pour les résultats sportifs attendus et espérés par la nation entière est  vain.

Bonne année sportive 2008 à tous quand même et que Dieu sauve le football burkinabè.

 

Iterre Somé

L’Observateur Paalga du 11 janvier 2008



11/01/2008
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