L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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202 cas cumulés pour environ 28 décès (Méningite dans le Nord)

Méningite dans le Nord

202 cas cumulés pour environ 28 décès

 

Comme les années antérieures, le Burkina n’a pas été épargné par la méningite. Dans la région du Nord, qui compte 5 districts sanitaires, on enregistre plus de 202 cas pour environ 28 décès dont 2 districts à savoir Séguénéga et Yako sont en alerte à la semaine du 18 au 24 février 2008. Pour en savoir davantage sur l’évolution de la maladie, nous avons rencontré le Docteur Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, chef du service de lutte contre la maladie et de protection des groupes spécifiques à la Direction régionale de la Santé du Nord.

 

"Le Pays" : Quelle est situation de la méningite dans la Région du Nord ?

 

Docteur Robert Lucien Jean-Claude Kargougou : Il faut dire qu'un peu partout, à l’image des autres régions dans le pays, la région du Nord connaît des cas de méningite. Depuiis le début de l’année, jusqu’à la semaine 8, c'est-à-dire la semaine du 18 au 24 février 2008, on a enregistré le nombre de cas cumulés qui s’élèvent à 202 pour environ 28 décès. C’est le nombre de cas cumulés depuis le 1er janvier jusqu’au 24 février et il concerne tous les 5 districts de la région sanitaire du nord. Maintenant, si on veut faire la situation par district, il faut dire que c’est au niveau de Séguénéga que la situation est préoccupante mais est sous contrôle.

Le district sanitaire de Séguénéga est entré en alerte à la semaine 4. A la semaine du 8, ce district est entré en épidémie parce qu’il a enregistré 29 cas.

En matière de surveillance épidémiologique de la méningite, nous avons ce qu’on appelle des seuils. On a d’abord le seuil d’alerte, il faut 5 cas pour 100 000 habitants pour dire qu’on est en alerte. Pour le seuil épidémique, il faut 10 cas pour 100 000 habitants en une semaine pour dire qu’on est en épidémie. Quand on applique ces seuils dans le district sanitaire de Séguénéga à la semaine 4, vous avez 8 cas ; donc le district est en alerte et à la semaine 8, on a enregistré 29 cas, donc il est en épidémie. Des investigations ont été réalisées par l’équipe cadre du district de Séguénéga. Il y a eu des équipes qui sont allées au niveau des formations sanitaires où on a enregistré des cas de méningite pour mieux comprendre la situation.

Donc, il y a eu également une investigation qui a été réalisée par la région sanitaire du Nord. Cette investigation avait pour but de décrire les cas,pour savoir s'ils sont réels et quelles sont les caractéristiques des personnes atteintes. L’investigation a pour objet de confirmer et d’affirmer l’existence de l’épidémie. En faisant des prélèvements sur les milieux spécifiques que nous avons transmis au laboratoire de référence à Ouagadougou et en faisant des examens sur place à Séguénéga, on s’est rendu compte, qu’il y a des cas qui ont été identifiés.

Comme l’épidémie a été affirmée, nous avons mis en place une riposte. La riposte s’organise autour du renforcement de la prise en charge gratuite des cas enregistrés en respectant le protocole national. Dans notre politique sanitaire nationale, le gouvernement met à la disposition des populations, des médicaments gratuits pour traiter la méningite. La riposte s’organise également au renforcement de la surveillance épidémiologique. Lorsque vous entrez en épidémie, vous ne notifiez plus les cas par semaine mais par jour. Donc, nous avons renforcé la surveillance épidémiologique dans le district de Séguénéga et l’équipe cadre s'appuie sur elle pour sensibiliser les populations pour une consultation précoce dans les formations sanitaires. Enfin, nous sommes en train de nous préparer pour voir dans quelle mesure, on pourrait certainement préparer une campagne de vaccination réactive.

Au niveau de Yako, le deuxième district, où la situation est aussi préoccupante. Le district est entré en alerte à la semaine 8 avec 21 cas. Sur ces 21 cas, il y a 13 qui ont été confirmés par le laboratoire. Donc, il y a 8 cas qui n’ont pas été confirmés mais qui ont été notifiés comme des cas de méningite. Là aussi, l’équipe cadre de Yako a diligenté une investigation et ce sont les mêmes mesures qui ont été prises comme à Séguénéga. La situation est sans particularité dans les districts de Titao, Gourcy et Ouahigouya. Je rassure les populations que la situation est sous contrôle, il n’y a pas à s’inquiéter.

 

Quelles sont les précautions prises par vos services pour lutter contre la propagation de la méningite ?

 

Vous savez que le Burkina est un pays qui est à risque d’épidémie pour ce qui concerne la méningite. Au niveau du ministère, nous avons un plan de riposte et de prévention de la méningite ; au niveau des districts, on se prépare chaque année pour faire face à la maladie. Les mesures qui ont été prises pour affronter la saison épidémique, c’est d’abord le pré-positionnement des médicaments de prise en charge gratuite des cas dans les formations sanitaires de la région. Toutes ces formations ont reçu des médicaments depuis fin décembre 2007 pour se préparer. Le second aspect, il s’agit de renforcer la surveillance épidémiologique à tous les niveaux du système local de santé. Au niveau des CSPS, nous avons insisté beaucoup sur l’élaboration d’une courbe qui va montrer l’évolution des cas de méningite avec seuil d’alerte et seuil épidémique. Nous avons instruit les médecins-chefs de districts de sorte qu’ils puissent sensibiliser les populations sur les signes d’appel de la méningite et pour une consultation prompte dans les formations sanitaires.

 

Quels sont les conseils pratiques que vous pouvez donner aux populations ?

 

Comme conseils que nous pouvons donner aux populations, c’est essentiellement d’utiliser des masques de protection contre la poussière. Il faut enduire les narines de beurre de karité et aller immédiatement en consultation dans un centre de santé en cas de fièvre et de maux de tête d'apparition brutale chez l’adulte. Lorsqu'un enfant commence à faire la diarrhée, a des vomissements avec une fièvre, il faut tout de suite l'amener en consultation.

 

Propos recueillis par Adama SINARE

Le Pays du 27 mars 2008



27/03/2008
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