L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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24 accusés à la barre lors des assises criminelles à Dédougou

Assises criminelles à Dédougou

24 accusés à la barre

La première session annuelle des assises criminelles de la Cour d'appel de Bobo Dioulasso, siégeant à Dédougou, a débuté le 18 février dernier. 24 accusés répondront des chefs d'inculpations de coups mortels, meurtres, détention illégale d'arme perfectionnée, assassinat, enlèvement de mineur, mutilation de cadavre, tentative de viol et d'assassinat. Le gouverneur de la région de la Boucle du Mouhoun entouré de ses collaborateurs a assisté à l'ouverture des assisses qui interviennent 9 ans après la dernière à Dédougou.

Coups mortels, assassinat, meurtres, mutilation de cadavre, détention illégale d'arme perfectionnée, enlèvement de mineur de moins de 15 ans, détournement de denier public, tentative de viol et d'assassinat. C'est sous ces chefs d'inculpations de 24 accusés que se tiendra du 18 au 23 février une session des assises criminelles de la Cour d'appel de Bobo Dioulasso, siégeant à Dédougou. Cette session mobilise 11 magistrats, 24 avocats et 3 greffiers. Pour Médard Voho, procureur général de Bobo, la délocalisation des assises participe de la sensibilisation des populations. C'est un moyen de prévention de la criminalité, car, dit-il, les peines qui seront prononcées peuvent être dissuasives et peuvent entraîner d'éventuels délinquants à renoncer à la commission d'autres infractions. Ces assises sont également, selon lui, une forme d'encouragement des officiers et des magistrats qui voient en elles le couronnement de leurs efforts. L'irrégularité de la tenue des assises s'explique cependant par le fait qu'elles sont très onéreuses, a-t-il précisé. C'est pourquoi Georges Sanou, premier président de la Cour d'appel de Bobo, a sollicité l'appui continu du ministère de la Justice pour la tenue d'autres sessions au cours de l'année judiciaire, afin de désengorger les casiers de la chambre criminelle. Faut-il le rappeler, l'institution des chambres criminelles en lieu et place des Cours d'assises participe de la volonté de la chancellerie d'assurer le dénouement judiciaire des dossiers criminels souvent impatiemment attendus par les justiciables.

Vingt dossiers sont au rôle de ces assises. Le plus ancien dossier date de 1990, et le plus récent de 2002. Le 1er dossier à être appelé est une affaire d'assassinat commise en 2002. L'accusé (Tianhoun Madou, 20 ans au moment des faits) qui a assassiné une jeune fille a plaidé coupable, et justifie son acte par le fait que la victime qui partageait le même habitat au champ que lui a refusé d'avoir des rapports sexuels avec lui. La victime lui aurait proféré des injures. Le procureur a requis contre lui la peine de mort. Il n'a pas été suivi par le tribunal qui a prononcé une peine à perpétuité. Le second dossier est une affaire de coup mortel. Zaoua Biéta Yacouba, dit Yiwami, est poursuivi depuis 1991 pour coups mortels. D'entrée de jeu, la défense a soulevé une exception. Selon elle, il n'y a pas de raison de poursuivre son client étant donné qu'aucune preuve n'atteste qu'il y a eu mort d'homme. En effet, aucun certificat de décès n'est versé au dossier. Cet incident créé par l'avocat est qualifié de moyen dilatoire par le parquet. Le tribunal a dû suspendre l'audience au moment ou nous quittions la salle, à 15h 25 mn. Sanogo Abdoulaye et Guiro Issaka sont poursuivis dans le 3e dossier du jour pour tentative de viol.

Serge COULIBALY

Le Pays du 19 février 2008



19/02/2008
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