L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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6 kg de SODIGAZ : Des ruptures qui chagrinent les ménages

6 kg de SODIGAZ

Des ruptures qui chagrinent les ménages

 

 

Le mois d'août, notre pays a connu une pénurie de gaz due à la rupture d'un pont sur l'axe Pama-Fada, ce qui fait que des camions de la SONABHY y ont été bloqués. Si cette situation a connu par la suite une solution au bonheur des ménages, les ruptures des stocks de bouteilles de 6 kg et, dans une moindre mesure, de celles de 3 kg de SODIGAZ, un des plus grands opérateurs du domaine, continuent de causer des ennuis à bien de foyers. Le 18 septembre dernier, nous avons constaté le désarroi des consommateurs au dépôt dudit opérateur à la cité An III.

 

Le gaz butane est entré dans les mœurs des citoyens dans notre pays. Ce qui explique la multiplicité des sociétés opérant dans le domaine. Ce sont : Total gaz, Laafia gaz de Petrofa, Oryx, Shell et nous en oublions. Elles offrent une gamme de bouteilles pour l'énergie domestique comme celles de 12 kg, de 6 kg et de 3 kg. La deuxième bouteille citée semble être la plus prisée pour diverses raisons : "Elle est plus sécurisante que celle de 12 kg parce qu'on peut éviter les fuites", nous explique le quinquagénaire Lassané Zongo qui attendait depuis deux heures, au dépôt de SODIGAZ à la Cité An III que la marchandise lui soit livrée à 10 heures. "J'ai la bouteille de 12 kg mais j'utilise celle de 6 kg pour préparer le tô ; en milieu du mois si le gaz finit, c'est beaucoup plus facile de charger la plus petite en attendant d'avoir les moyens des 12 kg", nous confie madame Ziba, venue du secteur 17 en quête de la précieuse ressource. Avant de souligner les avantages comparatifs de celle-ci : "250 F de bois ne suffit que pour un repas, le sac de charbon coûte 3 500 F CFA alors que j'en ai pour quelques jours ; j'ai tout essayé et le gaz est nettement plus économique. Ce qu'il faut, c'est surveiller les enfants, qui préfèrent laisser bouillir inutilement l'eau pour suivre la télé". A côté de ses explications sur la préférence des 6 kg, il y a celles purement et simplement économiques comme en témoigne Mariam Tiendrébéogo de Gounghin, secteur 8 : "Depuis longtemps je rêve d'avoir la grande bouteille, mais faute de moyen j'en suis toujours à la petite". Qu'à cela ne tienne, il ne suffit pas de disposer de ses 1 565 F pour recharger son récipient de 6 kg de SODIGAZ. En effet, c'est une longue file d'attente que nous avons trouvée au dépôt de SODIGAZ à la cité An III autour de 9 heures. Ayant cherché en vain la denrée dans les boutiques, les clients augmentent leur chance en se rendant dans des dépôts plus fournis. "Je suis là depuis 6 heures, je ne sais pas à quel moment j'aurai ma bouteille. C'est dans ces conditions qu'on nous déconseille d'utiliser le charbon et le bois pour préserver l'environnement",  dit en fulminant Kiemtoré Harouna, 3e sur la centaine de personnes alignées. Madame Yili Agrès s'offusque de devoir quitter son service pour attendre des heures durant au dépôt, et elle se rassure ainsi : "Mon patron, lorsqu'il verra ma photo dans le journal, saura que je me suis absentée pour une raison valable". A 10 heures, un camion est venu décharger près d'une centaine de bouteilles de 6 kg, ce qui était insignifiant, vu le nombre de personnes qui faisaient le pied de grue depuis des heures. Le gérant, Assane Boly, pour ne pas s'attirer le courroux des clients, s'appliquait à bien faire son travail, en criant pour les faire passer par ordre d'arrivée : "Le premier, le suivant,...", non sans lancer aux nouveaux arrivants : "Prenez le rang, si vous venez directement, vous n'aurez rien". Bien sûr, il faut dans ces conditions avoir la monnaie avant d'arriver devant le caissier pour ne pas céder aux autres son "privilège" d'avoir le butane.  Après une heure de vente, le stock s'est épuisé au grand dam de dizaines de personnes qui étaient obligées d'aller voir ailleurs, mais forcément dans un dépôt de SODIGAZ, puisque les bouteilles ne sont pas interchangeables avec celles des autres sociétés. Ce qui agace d'ailleurs les clients, comme Aïcha Compaoré : "Si je pouvais changer ma bouteille avec celle de Total gaz ou d'Oryx, je ne me promènerais pas depuis cinq jours à la recherche de butane, je suis fatiguée de me promener, malheureusement on n'a pas pitié de nous".

Les détenteurs de bouteilles de 3 kg devaient s'armer de plus de patience pour revenir à 15 heures, où, semble-t-il, le camion reviendrait avec  de telles bouteilles. Dans les  dépôts des autres sociétés où nous nous sommes rendus, il y avait le combustible dans toutes les bouteilles. Dans les stations Total, Petrofa et Shell ainsi que dans certaines boutiques on pouvait acheter cette matière à souhait. C'est donc à SODIGAZ et particulièrement en ce qui concerne les bouteilles de 6 kg qu'il y a rupture. Cela pourrait s'expliquer par le nombre élevé des clients de cet opérateur. Malheureusement nous n'en saurons pas plus, lorsque nous nous rendons autour de 12 heures le 18 septembre à la direction de cette société sise à Gounghin, au secteur 8. Son Directeur, Sami Ouattara, a, pour toute réponse, dit sans concession : "Lorsque la SONABHY vous donnera des explications sur ce problème (NDLR il s'agit des ruptures), je vous répondrai".

Dans l'après-midi, nous avons mis le cap sur la nationale des hydrocarbures, où nous avons été reçus par le chargé de la communication, Joseph Sama. Ce dernier nous a d'emblée assurés que la pénurie du mois d'août, qui était due à une conjoncture sous-régionale et à la rupture du pont sur l'axe Pama-Fada,  est désormais un mauvais souvenir. Le Directeur technique, Joseph Diasso, que son homonyme a eu au téléphone, n'a pas caché sa colère : "Ça m'énerve, a-t-il dit, qu'on parle de rupture de gaz alors que nous en avons suffisamment". Selon lui le 17 septembre, sa société en a livré 95 tonnes dont 50 à SODIGAZ. S'agit-il d'un problème d'organisation ou de toute autre chose ?

Cette question, encore une fois, n'aura pas de réponse quand nous retournerons au siège de l'entreprise. "Je me réserve le droit d'analyser la réponse de la SONABHY avant de vous répondre", nous a dit péremptoirement Sami Ouattara.

L'opinion et particulièrement les usagers de cette société doivent donc attendre l'analyse du Directeur général, pour avoir une explication à leur galère. Une centaine de bouteilles (si l'on s'en tient à cette centaine de personnes à la Cité An III) nourrit une centaine de familles, donc des milliers de personnes. L'enjeu est de taille et la communication, d'une nécessité impérieuse.

 

Abdou Karim Sawadogo

Emile Gandèma (stagiaire)

L’Observateur Paalga du 20 septembre 2007



19/09/2007
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