L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Aide aux sinistrés : Quand le malheur des uns fait la pub des autres

Aide aux sinistrés

Quand le malheur des uns fait la pub des autres

 

"Ce que ta main droite donne ne doit pas être connu de ta gauche":  c'est ce que recommande la sagesse africaine pour ne pas dire la sagesse tout court. Or, voilà que cette humilité est battue de plus en plus en brèche dans les pratiques quotidiennes de nos concitoyens. Des cas, on pourrait en recenser à la pelle, disons en plein écran. En effet, il n'est pas rare de nos jours qu'à la faveur de la remise d'un petit cadeau, quelque donateur en vienne à ameuter les chasseurs d'images pour "immortaliser" l'événement, qui passera ensuite en boucle à travers le monde.

Jeu favori de par le passé pour les bienfaiteurs venus de l'autre côté de l'Océan, cette manie s'est répandue au sein  de nos propres parents, faisant d'eux des profiteurs de notre misère. Tenez ! rien que l'autre jour, la chaîne du plaisir partagé nous en a fait voir de bien explicites. Taisons leurs noms. En tout cas, il s'agissait d'une remise de matériel suite à un sinistre survenu dans un département non loin de la capitale. A l'occasion, on voyait les pauvres villageois dans des tenues d'apparat (Ah, les pauvres hères ! Ils ont sans doute eu peur de ne pas être vus par les émissaires de Blaise), mais les visages combien graves, et ça se comprend : ils n'avaient pas besoin qu'on étale ainsi au grand jour leur drame même si de secours ils ont besoin. Pendant ce temps, on zoomait la moindre action des officiels qui, on ne s'en doute pas, sentent le beurre rien qu'à la vue. Mais enfin !

Ainsi est devenu notre monde où d'aucuns sont prêts à enrichir leur CV à travers le malheur des autres. Non pas que nous soyons opposé à ce que chacun fasse sa publicité (charité bien ordonnée  commence par soi-même), mais de grâce, un peu plus de discrétion !

Surtout si cela se passe entre nous et que nous savons tous d'où sont issus les fameux dons. Evidemment, on nous rétorquera que c'est là une fausse bagarre ; nous le  concédons du bout des lèvres, mais tout de même proclamons haut  et fort que, d'habitude, ces donateurs occasionnels venus de la capitale et prompts à s'exhiber ne font généralement pas cela de façon désintéressée : on compatit au malheur des parents et on attend qu'en haut on vous le rende sous forme d'échelons un jour. Et c'est bien triste pour des gens avec qui, il n'y a pas encore si longtemps, l'on était solidaire en toute discrétion.

 

L'Observateur Paalga du 2 juillet 2007



02/07/2007
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