L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Amidou Anatole Béouindé, 1er chef de Zamnogho

Us et coutumes

Amidou Anatole Béouindé, 1er chef de Zamnogho

 

L’administration coutumière du Mouss-Tansoaba Guiguemdé, grand connétable du Moogho Naaba Baongho, s’est agrandie avec une nouvelle circonscription. Zamnogho, cette agglomération de Kienfaghé, naguère acéphale, a désormais un chef. Il s’agit d'Amidou Anatole Béouindé, à l’état civil, intronisé, le 1er avril 2008 à Tansoabentenga, sous le nom de règne de Tansoaba-Naaba Saaga, en même temps que les chefs de Wapassi, de Konkossin et de Konkin.

 

Mardi, 1er avril 2008. Il est 9 heures passées de quelque 45 minutes, quand le Mouss-Tansoaba sonne le rassemblement des candidats aux différents trônes de villages. Il y avait quatre postes pour 10 prétendants répartis comme suit : Wapassi et Zamdogo pour deux candidats chacun et trois pour respectivement Konkossin et Konkin. Chacun, suivi de ses supporters, avance vers le lieu de la cérémonie.  Parmi eux, Amidou Anatole Béouindé, l’un des deux aspirants au trône de Zamnogho, à son arrivée, a forcé l’admiration du public par l’imposante foule qui l’escortait.

Sous un soleil de plomb, tous s’installent devant le vestibule de la cour royale. Le chef suprême des Armées du Moogho Naaba sort et s’assied en face du public.  Ses proches, dont deux chefs de son conseil, notamment le Gogh-Naaba et le Poe-Naaba, viennent lui faire la révérence. Il rentre et ressort pour recevoir cette fois-ci les hommages d’une délégation du Goungha-Naaba. Le Mouss-Tansoaba retourne de nouveau dans sa propriété. Son émissaire, après de multiples va-et-vient entre lui et le  collège électoral, échange avec les groupes de prétendants. Alors qu’il venait d’avoir un conciliable avec le Gogh-Naaba, le messager fait un mouvement vers les candidats. Quelques hésitations suivies d’un regard éclair à leur endroit, il mit fin à l’impatience qui avait commencé à ronger le public, en ôtant aux heureux candidats l’écharpe dont chacun d’eux s’était drapé. Des hourras de la foule brisèrent le silence qu’avait imposé le suspense. Amidou Anatole Béouindé, né le 17 février 1929 à Ouagadougou, 1er chef de Zamnogho, est soulevé et acclamé par les centaines de supporters qui l’ont accompagné. Il procède par la suite à la divulgation de ses noms de guerre ou zaab-youya. Comme l’exige la coutume, il en a donné trois desquels on peut retenir celui dont il tire son nom de règne. Il s’agit de     “Sanem goele, sen paama pûuss yôka ” ou «Que celui qui a reçu  un siège en or soit reconnaissant au bijoutier». L’auteur de cette devise exprime sa gratitude au grand connétable du Moogho Naaba Baongho pour l’avoir fait chef, et le premier, de Zamnogho. Avec les trois autres, il est allé recevoir les félicitations et les conseils du Mouss-Tansoaba Guiguemdé et de sa cour. Par la voix de son 1er conseiller, le Gogh-Naaba, il leur a été demandé de diriger chacun son village avec sagesse. Se départir de toute discrimination sur son territoire, savoir écouter et veiller à ce que les habitants vivent en harmonie, ce sont là, entre autres, les sages recommandations qui ont été faites aux élus. A écouter le Tansoab-Naaba Sanem, ces instructions semblent être reçues cinq sur cinq ; car ce dernier, tout en s’engageant à assumer pleinement ses responsabilités, a supplié ses administrés de l’assister dans ses tâches. «En tant qu'homme, je ne suis pas infaillible», a lancé à sa population le 1er chef de la nouvelle garnison de Zamnogho. Aussi lui a-t-il demandé de ne ménager aucun effort pour l’aider à porter le fardeau «lourd pour sa seule tête».

 

Hamidou Ouédraogo

L’Observateur Paalga du 3 avril 2008



02/04/2008
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