L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Avec des « ça va aller », on n’ira pas loin

Management des services publics en Afrique

Avec des « ça va aller », on n’ira pas loin

Le lundi 3 mars 2008 dans la soirée, une ambiance particulière régnait à la librairie MERCURY sise 146, Avenue de l’UEMOA face à AGF. En effet, ce lieu a servi de cadre à la présentation de l’ouvrage de l’actuel ministre de l’Economie et des Finances de Côte d’Ivoire Charles Koffi Diby et président du Conseil des ministres de l’UEMOA, intitulé « Management des services publics en Afrique ». A présenté cette tâche avec brio l’universitaire Urbain Amoa, Recteur de l’université Charles-Louis de Montesquieu à Abidjan.

L’actuel ministre de l’Economie et des Finances de Côte d’Ivoire, Charles Koffi Diby, n’est pas membre du parti au pouvoir, le Front populaire ivoirien (FPI). Il est plutôt proche du PDCI. Bien avant cette nomination à ces hautes fonctions par le président Laurent Gbagbo, il a en 2001, après un appel à candidature, occupé le prestigieux et très sensible poste de directeur général du Trésor et de la Comptabilité publique.

C’est dire donc que les qualités intellectuelles et professionnelles de cet auteur qui a eu à diriger un grand service comme le Trésor et dont l’ouvrage est intitulé « Management des services publics en Afrique » ne font l’objet d’aucun doute. Le livre, hautement didactique de 172 pages qui est à sa 3e édition, pose le problème de la gestion des services publics en Afrique.

En interrogeant le système en général, Charles Koffi Diby aborde plusieurs questions, notamment la formation, la promotion et l’évaluation des cadres en Afrique. En mettant en relief certaines pesanteurs culturelles, il nous offre une nouvelle approche avec le management participatif, un management à visage humain.

Et cet écrivain de faire remarquer que la seule vision du premier responsable de service public ne peut harmonieusement développer une structure. Il faut une vision concertée et partagée qui permettra de créer une vraie dynamique de l’entreprise.

L’ouvrage « Mangement des services publics en Afrique » est structuré en trois parties : la première fait l’état des lieux des administrations publiques à partir de l’expérience du narrateur qui, pour étayer son argumentation, s’est appuyé sur la méthode d’observation directe qui lui a permis de décrire avec rigueur les maux qui minent l’administration.

Ce qui a fait dire ceci au docteur Aline Thia Assouan, enseignant-chercheur à l’Université de Cocody : « Nous avons eu, par moments, l’impression que cette étude était faite sur toute l’administration publique alors que l’auteur mentionne bien qu’il ne s’agit que de la régie Trésor public ».

Le second volet s’appesantit sur la situation confrontée aux réalités socioculturelles. La dernière partie, assurément la plus importante, fait des propositions de comportements professionnels que l’auteur demande d’adopter pour une administration publique africaine plus efficiente.

Avec son côté pratique, le document est donc à conseiller à toutes les écoles de formation en administration publique et privée, à tous les chefs de service et à tous ceux qui aspirent à de hautes fonctions, de même qu’à toutes les écoles d’enseignement général.

L’œuvre du ministre ivoirien Charles Koffi Diby apparaît surtout comme une satyre des services publics. Aussi, les thèmes de leçons d’éducation civique et morale y foisonnent : Corruption, copinage, délation, absentéisme, retard, tribalisme, paresse, favoritisme, gabegie, détournement, égoïsme.

L’auteur fustige une certaine tendance au fatalisme, au pessimisme et à l’immobilisme qui se reflète souvent à travers des expressions du genre : « Ça va aller » ou « C’est comme ça ».

Issa K. Barry

L'Observateur Paalga du 7 mars 2008



07/03/2008
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