L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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CAN 2008 : L’ambiance à Bobo

CAN 2008

L’ambiance à Bobo

 

Débutée le 20 janvier dernier à Accra, la Coupe d’Afrique des nations de football (CAN) 2008 poursuit son cours normal avec des équipes qui ne manquent pas de séduire les spectateurs par la qualité de leur football et surtout par la présence en leur sein de joueurs vedettes ; des stars du ballon rond évoluant dans les grands clubs européens et dont la seule évocation du nom suffit à déplacer des foules. C'est un moment d’intenses émotions pour les amoureux du ballon rond présents au Ghana, qui abrite cette 26e édition, mais aussi ailleurs en Afrique et dans le monde où cette biennale du football continental  continue de passionner les débats et de mobiliser le public. C’est bien le cas à Bobo-Dioulasso, où depuis le coup d’envoi de la compétition, les habitudes ont été bousculées chez nombre de supporters, qui suivent avec un intérêt particulier le déroulement de cette CAN.

 

L'événement était attendu avec beaucoup d’impatience à Bobo-Dioulasso, où le sport-roi est presque devenu une religion pour certains. La grosse déception vécue ces derniers temps au Burkina Faso avec les Etalons semble désormais reléguée dans les oubliettes par ces passionnés du ballon rond, qui vivent intensément cette coupe. Des supporters  plus que jamais heureux de  retrouver toutes les agréables sensations que procure le football. Surtout quand il est managé par des dirigeants intègres et responsables et des joueurs disciplinés et ambitieux   Dans certains secteurs de Sya, on se croirait à Accra, à Kumassi, à Tamalé ou à Sekondi à l’issue d’un match quand des téléspectateurs se ruent en ville pour manifester leur joie. Depuis le début de cette compétition, des équipes comme celles du Ghana, de la Guinée, du Mali, de l’Egypte, du Cameroun, du Sénégal, du Nigeria et surtout de la Côte d’Ivoire ont  conquis le cœur des Bobolais, qui ne cachent pas leur sympathie pour tel ou tel pays. Il suffit de faire un tour en ville pour s’en convaincre : des drapeaux accrochés devant les bureaux, les boutiques, les étals, dans les marchés ou devant les concessions témoignent de la folle ambiance qui y prévaut en cette CAN. En certains endroits, on pourrait penser à une rencontre sous-régionale des chefs d’Etat avec cette diversité des fanions aux couleurs nationales, hissés au sommet des arbres, et qui vous rappelle à chaque instant les souvenirs inoubliables de la CAN 1998, que le Burkina a abritée. Que dire aussi de ces taximen, de ces transporteurs en commun ou même de ces véhicules privés qui laissent flotter fièrement  l’étendard des pays de leur choix ou qui, tout simplement, saisissent l'occasion pour manifester leur patriotisme. Ville cosmopolite,  Bobo-Dioulasso regorge de colonies étrangères venues notamment des pays frontaliers comme le Mali, la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Ghana. Des immigrés résidant depuis bien des années à Sya et qui n’ont rien perdu de leur amour pour leur patrie. Ce ne sont pas les Maliens qui nous dirons le contraire, eux qui s’étaient organisés la veille du coup d’envoi de cette CAN pour réserver un accueil des plus chaleureux à la forte délégation de supporters de leur pays en route pour le Ghana et qui a transité par Bobo-Dioulasso à bord d’une vingtaine de cars. Depuis le début de la compétition, c’est toujours de grandes retrouvailles entre des membres des différentes communautés étrangères pour suivre ensemble les prestations de leurs sélections nationales. Les rencontres du premier tour, qui s'achèvent demain vendredi, permettront aux uns et aux autres de connaître les forces et les faiblesses de leur sélection nationale et surtout d'être situés sur leur sort. Au nombre des équipes qui continuent de faire rêver les Bobolais, figurent en bonne place celle de la Côte d’Ivoire, dont les couleurs, orange, blanc, vert, inondent les rues de la capitale économique. Ces Eléphants, avec leur pléiade de vedettes, ont trouvé des inconditionnels au sein de la population. Ce qui fait le bonheur de Rabo Yssouf, vendeur de casquettes sur l’avenue de la Liberté. Pour la circonstance, il dit avoir confectionné des drapeaux aux couleurs des différents pays participant à cette CAN pour les mettre à la disposition des supporters. Des fanions qui sont vendus entre 750 F et 2000 F et qui s’achètent comme de petits pains. A la question de savoir quelles sont les couleurs les plus sollicitées, Rabo Yssouf répond sans détour : la Côte d’Ivoire ; «j’ai même épuisé mon premier stock de drapeaux ivoiriens, et ce soir je dois avoir une autre livraison avant le match contre le Mali (ndlr : l’interview a été réalisée mardi dans la matinée) parce qu’il y a des commandes fermes», nous dit-il avec un sourire qui laisse croire qu'il fait de bonnes affaires au cours de cette Coupe d’Afrique des nations. Des maquis, qui ont installé des postes téléviseurs pour la circonstance, ne désemplissent pas. L’ambiance y est toujours électrique à l’heure des matchs avec ces téléspectateurs qui s’érigent souvent en fins connaisseurs pour juger de l’option tactique des entraîneurs ou du choix porté sur tel ou tel joueur. Ce soir encore, la ville de Sya vibrera au rythme de la CAN. Et il en sera ainsi jusqu’au 10 février prochain, date de la finale.

 

Jonas Apollinaire Kaboré

L’Observateur Paalga du 31 janvier 2008



30/01/2008
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