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Conflit du travail : 700 femmes sans salaire depuis 6 mois

Conflit du travail

700 femmes sans salaire depuis 6 mois

La direction de l'inspection du travail a connu une animation particulière le 21 mars 2007. Plusieurs centaines de femmes travaillant pour la Société d'entretien et de nettoyage y ont convoqué leur employeur, Valérie Sanou, pour défaut de paiement de salaire. L'inspection tente une médiation qui s'annonce difficile à l'issue du premier round.

9h, ce 21 mars 2007. La cour de l'inspection du travail de Ouagadougou est pleine à craquer. Des femmes, jeunes comme vieilles. Quelques rares hommes. Renseignements pris, ce sont des membres du syndicat des gens de maison de Gabriel Sebgo. Ils ont été sollicités par les femmes afin de rentrer dans leurs droits.

Pendant que les délégués, l'employeur et les inspecteurs s'installent dans la salle de réunion, les autres s'installent à même le sol pour attendre les résultats de la médiation. Après l'audition de parties qui a duré près de 2 heures et demie, rendez-vous a été pris pour le 28 mars 2007.

A l'employeur, l'inspection a demandé de ramener un certain nombre de documents et de correspondances. Quant aux travailleurs, il leur a été demandé de fournir la liste des agents et leurs réclamations.

Les faits remontent à octobre 2006. Valérie Sanou décide de mettre en place une Structure d'entretien et de nettoyage (SEN). Sa cible, les établissements scolaires. Elle dit vouloir contribuer ainsi à la lutte contre la pauvreté en créant des emplois pour les femmes en difficultés. Une condition pour travailler avec la SEN.

Les postulants doivent payer 15 000 francs ou 7 500 F contre un reçu. Selon les explications de madame Sanou, les 15 mille francs ont servi à l'achat de leurs équipements et des intrants pour le nettoyage. Le salaire promis à chacune d'elle était de 20 000 francs. Six mois après, près de 700 femmes engagées dans cette opération attendent toujours leur premier mois de salaire.

Ne voyant pas de solution à l'horizon, les femmes ont saisi le syndicat des gens de maison.  L'employeur, Valérie Sanou, a expliqué comment elle s'est retrouvée dans une telle situation. Au départ, assure-t-elle, les fonds qui devaient permettre de payer les femmes devaient provenir des contributions des parents d'élèves.

Une fiche de contribution prévoyait 100 francs pour chaque élève du primaire, et le double pour ceux du secondaire. Le reste des fonds, lui, était attendu de partenaires à qui madame Sanou avait demandé un soutien.  

Son système n'a apparemment pas fonctionné puisque sa société n'a reçu aucun sou. Le silence de ses partenaires se complique avec le refus de l'union des parents d'élèves avec laquelle Mme Sanou a eu plusieurs rencontres.

Cette union que dirige Idrissa Traoré aurait refusé que l'argent des parents d'élèves serve à payer les travaux d'assainissement. D'où cette impasse. Elle y voit des manoeuvres contre sa personne, et déplore que les femmes soient prises en otages.

Sa structure est présente dans plusieurs provinces. Les parties se sont donné rendez-vous le 28 mars prochain pour tenter de trouver une solution.

Par Abdoulaye TAO

Le Pays du 22 mars 2007



21/03/2007
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