L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Côte d'Ivoire : La confiance retrouvée

Côte d'Ivoire

La confiance retrouvée

 

Ce lundi 16 avril à 12  h GMT, si l'horloge de la paix ivoirienne est ponctuelle au rendez-vous de l'histoire, l'on devrait avoir entamé la suppression de la zone de confiance, entretenue par les forces onusiennes et françaises, et qui sépare le Nord du Sud depuis la fin 2002.

Ainsi en ont, en effet, décidé les chefs  d'état-major des Forces nouvelles et   des Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire, les généraux Soumaïla Bakayoko et Philippe Mangou, au terme d'une réunion quadripartite tenue mercredi dernier à Abidjan.

"Allez partout dans le monde et annoncez aux nations la bonne nouvelle que la paix en Côte d'Ivoire est en marche".

A l'exemple de saint Jean, le général Fernand Amouzou, commandant des Forces onusiennes sur les bords de la Lagune Ebrié, s'est  voulu propagateur du miracle ivoirien.

Son exclamation ne vaut-elle pas son pesant d'or quand on sait  qu'elle salue l'accomplissement de l'accord de Ouagadougou, signé entre les protagonistes de la crise, avec Blaise Compaoré dans le rôle du pompier de luxe?

Un accord que plus d'un observateur de la scène politique ivoirienne disait trop beau pour être vrai, tant les précédents, signés aussi bien à Marcoussis, Accra, Lomé, Abuja, Pretoria, qu'à Addis Abeba, depuis le début de la crise, sont restés lettre morte.

Aussi, cette nouvelle page tournée dans la capitale burkinabè entre le président Laurent Gbagbo et le chef de la rébellion, Guillaume Soro, était d'autant suspecte qu'elle l'aura été en terrain hostile, à tort ou à raison, pour le pouvoir ivoirien.

Mais les jours qui ont suivi cet    acte de foi des protagonistes de la crise ne  cessent de nous convaincre que c'est la meilleure thérapie qui a été découverte sur les bords du Kadiogo.

Guillaume Soro, Premier ministre de Laurent Gbagbo, qui aurait, en effet, cru à l'excellente performance d'un     tel attelage ?

Il nous souvient, en tout cas, qu'en bon visionnaire, Gbagbo, "le messie de Mama", avait prévenu que la solution à la crise ivoirienne serait trouvée par les Ivoiriens eux-mêmes.

C'est donc chose faite, et c'est maintenant que se dessine l'avenir du pays d'Houphouët.

Si la suppression progressive de la zone de confiance pour compter de ce lundi pose d'ores et déjà  la question du retrait   des quelque 8 000 casques bleus  et 3 500 soldats français, elle devrait non seulement doper les échanges commerciaux entre les deux pôles et accélérer le redéploiement de l'administration dans le Nord, fui par les fonctionnaires, mais aussi faciliter enfin l'organisation d'élections libres et transparentes, propices à la réunification.

Il n'est pas  jusqu'au citoyen lambda du Burkina Faso, "Pays des hommes intègres", étouffé économiquement par la crise ivoirienne, qui ne salue   cette avancée historique et notable.

Tout le mérite revient d'abord aux différents protagonistes, qui ont été bien inspirés de mettre un peu d'eau dans leur vin; à la communauté internationale ensuite, à travers ses forces d'intervention, qui a permis d'éviter en Eburnie les affres des guerres ethniques et tribales qui rythment au quotidien la vie du  continent africain depuis la fin des années 90.

Mieux que quiconque, les Ivoiriens savent désormais que dans ce monde ici-bas, rien n'est jamais définitivement acquis.

 

La confiance retrouvée, la réconciliation espérée et la paix promise doivent, plus que jamais, être entretenues, promues et sauvegardées.

C'est pourquoi il nous plaît d'exalter ici-même  cette initiative patriotique de recevoir Madagascar, la Grande Ile, à Bouaké, la capitale de l'ex-rébellion, le 03 juin en match retour des éliminatoires de la Coupe d'Afrique des Nations de football 2008.

Si les héritiers d'Houphouët venaient à réussir cette prouesse, ce serait la preuve que l'Eléphant de l'UEMOA a reconquis sa place dans le concert des nations.

Mais attention !

L'histoire récente du continent nous a enseigné qu'en politique, plus qu'ailleurs, la vengeance  est un plat qui se mange froid.

 

Ce n'est pas Jonas Savimbi de l'Angola ou   John Garang du Soudan qui, du fond de leur tombe, nous diront le contraire.

En tout cas, les exemples sont légion en Afrique où la confiance retrouvée, l'on ouvre la chasse aux sorcières.

Bien que ç'a n'arrive pas qu'aux autres, nous osons    espérer que notre crainte ne  tient que du cauchemar.

 

Bernard Zangré

L’Observateur Paalga du 16 avril 2007



15/04/2007
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