L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Déguerpissements répétés à Ouaga, Lettre ouverte au MATD

Déguerpissements répétés à Ouaga

 

Lettre  ouverte  au ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation

 

Le déguerpissement annoncé du quartier Tudub Weogo dans l'arrondissement de Nongr-massom à Ouagadougou n'est pas du goût de l'auteur des lignes qui suivent. A travers cette lettre ouverte au ministre de l'Administration, il dénonce la procédure appliquée qu'il juge injuste et inexplicable.

 

C'est ma toute première fois de prendre  la plume, et je le fais dans le but d'attirer l'attention des autorités burkinabé, et en l'occurrence le MATD, sur un problème on ne peut plus crucial à Ouagadougou: c'est celui des déguerpissements. En effet, depuis quelques années, les populations de Ouaga vivent de vrais cauchemars dus à ces déguerpissements le plus souvent brusques, illogiques et injustifiés. Ainsi, en dehors de cas comme la ZACA, c'est nos braves habitants des zones dites  non loties qui en sont victimes. C'est pourquoi, au fond de mon âme et tout comme le quotidien "Le Pays" dans son numéro 3909 du 11- 07- 07, je  cherche la réponse à cette question ."Déguerpissement à TUDUB WEOGO : où iront les victimes ?". Pour ce cas précis de TUDUB WEOGO dans l'arrondissement de Nongr-massom, il faut noter que c'est un déguerpissement des plus injustes, tant sa procédure est inexplicable.  Cela m'amène aux interrogations suivantes: la mairie ne savait-elle pas que des gens habitaient ce quartier et ce depuis longtemps ? Pourquoi ne pas prévenir les intéressés d'un éventuel déguerpissement? Ce qui est choquant dans cette histoire, c'est que la justification du maire (toujours selon Le Pays) est loin d'être convaincante. L'on se souvient de cette phrase prononcée par un homme politique, il ya quelques années : "La morale agonise au Faso aujourd'hui", je suis tenté de dire qu'il reste à l'enterrer puisqu'elle est morte. Sinon, on aurait vraiment du mal à expliquer pourquoi en cette période d'hivernage, on chasse arbitrairement des populations de leurs logis en démolissant sans la moindre pitié leurs maisons qu'elles ont construites sans doute avec beaucoup de peine. Le vrai problème réside dans le fait que ces pauvres victimes ne savent pas à qui s'adresser, surtout pas au maire, qui d'ailleurs, affirme que les problèmes qu'elles vivent sont créés par les citoyens eux-mêmes. Mais, dites- moi dans quel pays on se trouve maintenant. Une chose est au moins sûre, à Ouaga, on a tendance à négliger ceux qui habitent dignement dans les quartiers non lotis. Une personnalité bien connue n'a-t-elle pas dit un jour que celui qui n'a pas les moyens de vivre à Ouaga pouvait repartir au village ? A moins que je ne me trompe, je pense que nous sommes tous fils et filles de cette terre jusque-là paisible qu'est le B.F., et à ce  titre, nous avons tous le droit de vivre là où nous souhaitons. Tout en espérant que mon cri du cœur ne tombera pas dans l'oreille d'un sourd, je vous exhorte, M. le Ministre, à examiner la situation de détresse, de désespoir et de misère dans laquelle vivent ces populations, et à intervenir afin d'amener les uns et les autres à la raison, car au cas où certains l'auraient oublié, Ouagadougou n'est le champ de personne. Si des jeunes gens sontinsensibles aux larmes de vieilles personnes devant l'écroulement de leurs maisons, qu'on sache que c'est des milliers d'autres si ces derniers sont   impuissants, qui pleurent avec les victimes

 

Kounkorgo Inoussa Gilbert

étudiant en 3e année d'anglais. U.O.

L’Observateur Paalga du 16 juillet 2007



16/07/2007
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