L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Espionnage dans les cercles du pouvoir

Une Lettre pour Laye

 

Espionnage dans les cercles du pouvoir

 

Cher Wambi,

 

Ça y est ! Depuis mercredi dernier, l'évasion des pluies de la région du Centre n'est plus qu'un mauvais souvenir.

Pour la première fois, et depuis l'installation de la campagne agricole, il y est en effet tombé des cordes, deux jours successivement.

Les Ouagalais avaient donc les pieds dans l'eau ces jours-ci, mais pas autant que les populations de Bama et de Pama qui étaient confrontées aux premières inondations de la saison.

Pourvu seulement que les grains d'espoir semés dans nos cœurs ne fassent pas l'effet d'un feu de paille.

En attendant, cher cousin, je m'en vais donc te livrer les relevés pluviométriques de la semaine du jeudi 26 juillet au mercredi 1er août 2007 : Dori = 40,4 mm ; Ouahigouya = 64,6 mm ; Ouagadougou-aéro = 38,3 mm ; Dédougou = 145 mm ; Fada N'Gourma = 63,3 mm ; Bobo-Dioulasso = 75,1 mm ; Boromo = 104,3 mm ; Pô = 101,1 mm ; Gaoua = 3,5 mm ; Bogandé = 50,4 mm.

 

Eh bien, cher Wambi, ils sont nombreux aujourd'hui qui se demandent ce que peut être l'apport du Programme saaga dans la présente campagne agricole.

L'absence des pluies durant les premiers mois de la saison a, en effet, suffi à semer le doute chez bien de Burkinabè.

Après tant de propagande, de fonds alloués et d'avions acquis par l'Etat, pourquoi les magiciens des pluies artificielles se font-ils prier pour arroser le Faso asséché et assoiffé ?

Sans être dans le secret des dieux, je me suis laissé dire que là-bas, à la base 511, les techniciens se livreraient  une guerre des écoles, ce qui compromet dangereusement l'opérationnalité du Programme saaga.

Tu n'es pas sans savoir, en effet, que les tout premiers techniciens en la matière ont été instruits par l'Armée marocaine.

Il me revient que la seconde vague, qui aurait fait ses armes en Ukraine, serait la privilégiée, sinon la préférée du jour.

Mais pourra-t-elle, à elle seule, faire pleuvoir des hallebardes sur le Faso ?

Ça grogne, en tout cas, dans les rangs, car, au-delà de la pluie made in Burkina, se pose une question d'intérêts.

Décidément, après la guerre des ministères qui avait opposé le département de l'Agriculture, de l'Hydraulique et des Ressources halieutiques à celui de la Défense aux premières heures du Programme Saaga, ce sont hélas les techniciens en treillis qui se jettent maintenant des peaux de banane.

Ne voilà-t-il pas que la campagne agricole est prise en otage ?

Nous, en tout cas, nous n'en avons que foutre de cette chasse au "gombo" qui pollue l'atmosphère à la base 511. Dommage !

 

Cher cousin, à peine formé, le gouvernement Tertius Zongo va déjà en vacances en ce mois d'août comme le veut une certaine tradition.

Toi qui piaffais d'impatience d'entendre le discours de politique générale de "l"Américain", rendez-vous donc en septembre.

Car, pendant que ses disciples seront qui dans leurs  vergers, qui en villégiature en Hexagone peut-être, Tertius Zongo, à ce qu'on dit, lui, regagnerait Washington pour un  au revoir à ses compatriotes, et surtout pour libérer l'ambassade au profit de son successeur.

 

Alors, cher cousin, bien de dossiers auront le temps de pourrir autour de nos ministères. Comme tu l'auras constaté bien que résidant à Laye, 2007 a été une année perdue, et pour cause.

Il y a d'abord eu cette campagne pour les législatives du 6 mai qui a dispersé les ministres et paralysé l'Administration pendant cinq bons mois.

Ensuite, l'attente de la proclamation des résultats définitifs qui a précédé la démission le 3 juin du Premier ministre, Paramanga Ernest Yonli, et de son équipe ; et la formation du nouveau gouvernement qui a duré presque une éternité, puisqu'il ne devait être rendu public que le 10 juin.

Le temps de procéder aux passations de service et de s'installer véritablement, voici donc les vacances, auxquelles personne ne semble vouloir se dérober.

Sans le moindre risque de me tromper, cher Wambi, j'ose dire que dure sera la reprise.

En tout cas, je n'aimerais pas être dans la peau d'un Filippe Sawadogo, à la tête du département de la Culture, du Tourisme et de la Communication,  porte-parole du gouvernement, qui gère en réalité deux ministères.

Donc inévitablement deux immeubles, deux secrétaires généraux, deux directeurs des affaires administratives et financières (DAAF), deux directeurs des ressources humaines (DRH), et j'en oublie.

Est-il besoin d'être un devin pour savoir que des conflits seront au rendez-vous dans ce ministère ? Visiblement, le temps mis pour former ce gouvernement semble seulement avoir servi à repêcher des alliés, mais pas à bien construire le navire.

 

Cher Wambi, ces derniers temps, des personnalités qui gravitent autour de la galaxie Compaoré sont dans la ligne de mire d'écrits qui leur prêtent toutes sortes d'intentions et d'ambitions. Principal visé, Salif Diallo, ministre d'Etat chargé de l'Agriculture, de l'Hydraulique et des Ressources halieutiques, qu'on dit avoir l'oreille du chef dont il est le fidèle parmi les fidèles.

N'étant pas dans le secret des dieux, je ne saurais te dire, cher cousin, si ces rumeurs qu'on distille à intervalles réguliers sont fondées ou pas ; mais comme dans le milieu politique la phobie de la persécution et la complotite aiguë sont les maladies les plus répandues, certains y voient la manifestation des cruelles luttes d'influence sur fond de crocs-en-jambe et de coups bas dont les palais sont coutumiers.

Une lutte impitoyable donc, quoique toujours feutrée, se déroulerait présentement ; un combat de gladiateurs avec, dans l'arène, outre Salif, François Compaoré et sa belle famille, Simon Compaoré, Djibril Bassolet, Gilbert Diendéré, Ernest Paramanga Yonli, Roch Marc Christian Kaboré... Une histoire de clans et de groupes où on en serait même arrivés à s'espionner mutuellement, à s'épier (qui fait quoi ? qui voit qui ?...) sans qu'on ne sache trop, si tout cela était vérifié, jusqu'où cela peut aller. Une chose est sûre, quand on en arrive là, ce n'est pas bon signe, et Blaise, qui semble indifférent à tout cela, à moins qu'il ne soit gêné aux entournures, ferait mieux d'assainir les relations entre ses collaborateurs s'il ne veut pas lui-même pâtir un jour de ce climat délétère.

 

Tu l'as certainement appris, cher cousin, dimanche dernier se sont déroulées, à travers nos treize régions, des élections consulaires organisées par la Chambre de commerce et d'industrie du Burkina Faso (CCI-BF).

Les urnes ont livré leurs résultats, et ce sont 85 bien heureux qui auront à leur tour la charge d'élire les membres du bureau consulaire, dont l'actuel président n'est autre que le richissime entrepreneur Oumarou Kanazoé.

En attendant l'élection du nouveau bureau, et selon certaines indiscrétions, El Hadj Oumarou Kanazoé serait en passe de se succéder.

Que de charges donc pour le patron du béton vu que "le vieux" porte une multitude de couronnes ?

Président de la Chambre de commerce et d'industrie du Burkina Faso (CCI-BF) ; président du Syndicat national des entrepreneurs ; président de la Communauté musulmane du Burkina Faso (CMBF) ; Consul honoraire du Maroc au Burkina Faso... et encore président du bureau consulaire.

Heureusement qu'il a les reins solides !

Car j'en connais qui ne supporteraient même pas le poids d'une seule couronne.

 

En tout cas, Tipoko l'Intrigante, qui t'ouvre à présent son carnet secret, ne te dira pas le contraire.

 

"L'UNDD, ce symbole de résistance que l'on veut liquider".

Tel est en effet le titre d'un film documentaire que le chantre du "Tékré", Me Hermann Yaméogo, a réalisé au sortir des élections législatives du 6 mai 2007.

Pour l'Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD), cette production sur DVD répond au souci de briser "le silence devant les graves atteintes régulièrement portées contre le droit de suffrage et le droit des partis, et dont les dernières consultations législatives nous ont encore porté témoignage".

Foi du président de ce parti de l'opposition, Me Hermann Yaméogo, c'est une des façons de contribuer à la refondation de notre processus démocratique.

 

Ce samedi 4 août 2007, à partir de 10h00, et en direct de Tenkodogo, le ministre d'Etat en charge de la Santé, Alain Bédouma Yoda, sera l'illustre invité de la radiodiffusion du Burkina. Au menu de cette émission qui ne manquera certainement pas d'intérêt :

- les véritables raisons de son entrée au CDP ;

- son itinéraire politique de 1980 à nos jours ;

- son implication dans la politique du CNR, et le bilan de sa gestion de la CGP et de la société de transport aérien Naganagani.

- ses relations avec la mouvance présidentielle dans le Boulgou ;

- la question des évacuations et des équipements sanitaires ;

- la lutte contre le Sida et la gratuité des ARV ;

- la prise en charge gratuite des indigents.

 

Nommé par le Conseil des ministres en sa session du mercredi 18 juillet 2007, le tout nouveau chef d'état-major de la gendarmerie nationale, le colonel Zambo Martin Zongo, prendra officiellement le commandement le mardi 7 août 2007 à partir de 10h00 au Camp Paspanga.

Il succède au colonel Mamadou Traoré, parti parfaire ses armes à l'école de guerre.

 

Le Tribunal administratif de Ouagadougou vient de prononcer son jugement concernant le litige depuis bientôt deux (02) ans entre l'entreprise Faso Djigui et le Conseil constitutionnel au sujet des travaux de construction de l'immeuble R + 3 au profit de ce dernier.

Ainsi, de même que la Commission de règlement amiable des litiges (CRAL), présidée et composée, entre autres, d'agents judiciaires ainsi que d'experts et de techniciens en bâtiment de l'Etat que sont la Direction des affaires contentieuses et du recouvrement (DACR), la Direction centrale des marchés publics (DCMP) et le ministère des Infrastructures et de l'Habitat, avait relevé des dysfonctionnements et de nombreuses positions et décisions irrégulières du Conseil constitutionnel et de son Maître d'œuvre dans l'exécution du marché N° 004/516/CC relatif aux travaux de construction de son immeuble R+3, le Tribunal administratif, à son tour, ce 26 juillet 2007, a conclu à la culpabilité du Conseil constitutionnel dans l'exécution dudit marché, comme cela a été clairement démontré dans le rapport du Commissaire du gouvernement.

L'entrepreneur, visiblement soulagé aujourd'hui, souhaite maintenant ardemment l'exécution rapide du jugement du Tribunal administratif. Et pour cause :

• depuis deux (02) ans (le mois d'août 2005), aucun décompte relatif au marché ne lui a été payé par le Conseil constitutionnel ;

• depuis deux (02) ans, du fait de ses arriérés d'impôts et de cotisations sociales, de la situation débitrice de son compte en banque, des créances de ses fournisseurs et autres partenaires... par la faute du Conseil constitutionnel, il n'a pu fournir aucune prestation à aucun autre client ou partenaire ;

• depuis deux (02) ans donc, par la faute du Conseil constitutionnel, toutes ses activités sont interrompues.

Malheureusement rien n'est moins sûr !

 En effet, la Commission de règlement amiable des litiges (CRAL) avait aussi, en son temps, notifié une décision (du 11 juillet 2006) au président du Conseil constitutionnel, recommandant le désintéressement de l'entreprise par les voies procédurières réglementaires appropriées.

Mais le président du Conseil constitutionnel, Maître d'ouvrage, n'a pas respecté la décision et les recommandations de la CRAL, malgré de multiples lettres de rappel de l'entrepreneur. Et c'est le défaut d'exécution de la décision de la CRAL du 11 juillet par le Conseil constitutionnel qui a conduit à la saisine du Tribunal.

Cependant, l'entrepreneur reste optimiste, au regard des dispositions récentes des plus hautes autorités du pays, notamment :

• le souci légitime du Médiateur du Faso face à l'inexécution, par l'Etat, des décisions de justice en faveur des citoyens ;

• les instructions du Conseil des ministres du 25 juillet 2007 aux institutions et organismes publics pour la mise en application des pertinentes recommandations contenues dans les rapports annuels de différentes institutions dont celui du Médiateur du Faso, autant que : la décision de création d'une structure de veille du Premier ministère pour le suivi de l'exécution de ces conclusions.

L'encouragement de tous les Burkinabè à la construction nationale et la promotion de la bonne gouvernance sont à ce prix.

 

Le secteur bancaire a connu un dynamisme remarquable ces dernières années. En effet, plusieurs banques se sont installées au Burkina, rendant plus rude la concurrence. Cependant, selon les chiffres au 30 avril 2007 de l'Association professionnelle des banques et établissements financiers du Burkina (APBEF-B), la Banque internationale du Burkina (BIB) détient le 1/4 du marché soit 25,38%, confirmant sa place de leader dans le domaine bancaire.

Les 3/4 restants étant répartis entre la dizaine d'autres banques existantes.

Cette première place est, dit-on, le fruit du dynamisme et de la vision moderne de la BIB, qui est résolument tournée vers l'avenir. Seule ombre au tableau, la tourmente médiatique dans laquelle elle se trouve depuis quelques semaines et qui porte forcément atteinte à l'image de la société.

 

Le colonel Assane Sawadogo a hérité du strapontin de la Sécurité avec, certainement, tous les avantages et naturellement les dossiers brûlants y afférents.

A preuve, cette lettre ouverte, d'un groupe de policiers, qui a valeur de piqûre de rappel :

"A la suite de notre marche, les autorités s'étaient rendues compte que nous ne demandions qu'une amélioration de nos conditions de travail et de vie. Beaucoup de nos préoccupations ont été résolues, et dans le même élan un décret avait été pris en août 2006. Il s'agit du décret n° 2006-376/PRES/PM/MFPRE/SECU/MFB portant organisation des emplois spécifiques de la police nationale.

Ce décret précise en son article 29 que : "A titre exceptionnel et dans un délai de cinq (5) ans à compter de la date d'entrée en vigueur du présent décret, il sera ouvert par arrêté du ministre chargé de la Fonction publique des examens ou concours professionnels à l'intention des agents de police de catégorie D, échelle 1, justifiant de trois (3) ans dans l'Administration.

Les candidats déclarés admis seront reclassés dans l'emploi d'assistant de police pour compter du lendemain de la délibération". La raison principale qui nous amène à écrire cette lettre que nous adressons au président du Faso, au Premier ministre et au ministre de la Sécurité est que nos autorités directes tentent de détourner l'application de l'article 29 du décret n° 2006/376/PRES/PM/MEPRE/SECU/MFP.

Nous savons que le président du Faso n'est pas au courant de ce qui se passe à la police et, nous, nous voulons lui dire qu'il y a une plaie que tout le monde refuse de soigner. Cette plaie ne fait que s'aggraver et un jour il sera trop tard.

Certaines personnes se demandent si nous avons les preuves de ce que nous avançons. Bien sûr que si ; en effet, lors du dernier concours professionnel, les agents de police qui n'avaient pas le BEPC devaient justifier de cinq (5) ans de service dans le corps pour pouvoir passer le concours de recrutement de 200 élèves assistants de police. Aussi, pour quelqu'un qui a fait l'école, lorsqu'on dit recrutement d'élèves assistants, on sait que c'est pour aller à l'Ecole nationale de police.

Cette tentative de blocage est due à une jalousie développée par certains collègues, mais nous demandons au ministre de la Sécurité qui est le premier responsable de la Sécurité de faire fi de ces comportements ignobles, afin que notre institution puisse avancer et que tout le monde reste dans ses droits et devoirs.

Nous n'avions pas l'intention de passer par la presse pour exposer nos doléances, mais ce n'est que par ce canal que nous pouvons nous exprimer, car la parole ne nous est jamais donnée.

Pour l'amélioration des conditions de vie et de travail de la police, nous serons toujours dans la lutte".

 

L’Observateur Paalga du 3 août 2007



03/08/2007
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