L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

L'Heure     du     Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

Faure et Gilchrist chez Blaise (lire Une Lettre pour Laye)

Une Lettre pour Laye

 

 

Cher Wambi,

 

C'est maintenant établi, durs seront les mois à venir pour la majorité des Burkinabè dans l'attente du prochain hivernage.

On ne le  dira jamais assez, la campagne agricole écoulée a tourné au drame.

Le ciel qui, au début, avait semblé nous bouder a fini par nous ouvrir toutes ses vannes, inondant aussi bien les concessions que les champs.

Brève illusion d'une fin de saison bénite des dieux quand on sait que les pluies ont foutu le camp dès que le maïs, le mil, le sorgho... ont commencé à porter.

Hélas, après les milliers de sans-abris enregistrés çà et là, le Faso assiste impuissant au triste spectacle de ses exploitations agricoles qui sèchent sous l'effet d'un soleil déjà torride.

En attendant que les hauts responsables du Programme saaga nous fassent le bilan d'une si catastrophique saison pluvieuse, le ministère de l'Action sociale et de la Solidarité nationale est urgemment interpellé.

Car, point de doute que les Burkinabè devront une fois encore tendre la sébile vers les âmes généreuses.

C'est maintenant, en tout cas, que toutes les mesures doivent être prises pour prévenir la disette qui s'annonce.

Déjà, cher cousin, ton cousin Pousga n'en peut plus de subir les véreux commerçants qui ont trouvé là l'occasion rêvée de s'en mettre plein les poches.

Lis donc son cri du cœur :

"Voix d'un homme intègre 

Comme on peut tous le constater, la saison des  pluies s'est difficilement installée au Pays des hommes intègres pour la campagne agricole 2007-2008. En tout état de cause, on peut retenir qu'elle n'a pas du tout été clémente ; en témoignent les différentes inondations et les pertes de vies qu'elle a occasionnées. Beaucoup de cultures, surtout celles des baffons, ont été détruites, laissant les pauvres paysans dans une détresse totale. Leur espoir étant «englouti» par l'eau, ils ne savent plus à quel Saint se vouer et déjà, ils pensent à la disette qui s'annonce. Aussi, contre toute attente et comme si les malheurs devaient se succéder, on assiste sur le marché de céréales à une flambée des prix. Le comportement de ces «grands commerçants véreux», avides d'argent, est à bannir. Un homme intègre au sens vrai du terme ne peut tolérer de tel comportement. Même si la famine se profile à l'horizon. Nous devons rester sereins et garder les vertus d'un homme intègre. Nous interpellons donc les autorités compétentes à suivre de prêt l'évolution des prix des denrées de première nécessité sur le marché qui, de plus en plus, nous inquiète beaucoup. Nous osons croire que ce message sera entendu et que des mesures idoines seront prises pour le grand bonheur de tous.

 

Pousga"

 

Comme toi, cher Wambi, j'émets le vœu que le cri du cœur de Pousga soit entendu et que plus jamais la misère des uns ne soient une source d'enrichissement pour les autres.

 

Un mois après la rentrée effective des classes, cher cousin, c'est en vain que certains parents d'élèves et enseignants attendent la concrétisation de la gratuité de l'enseignement promise par nos gouvernants.

Pire, les Associations des parents d'élèves sont appelées à la rescousse du fonctionnement de certaines inspections primaires.

Il n'en a pas fallu plus pour que la goutte d'eau fasse déborder le vase.

D'où cette lettre ouverte au ministère de l'Enseignement de base et de l'Alphabétisation, à toutes fins utiles :

"Pourquoi l'Association des parents d'élèves (APE) doit-elle prendre en charge les frais de fonctionnement des inspections ? A en croire l'Inspecteur de Orodara l, afin de pouvoir honorer les factures de téléphone (cellulaire), d'essence pour les sorties sur terrain, du tirage des différents courriers, etc., les APE doivent revoir à la hausse (soit 1000 F de plus par classe) leur  contribution pour le fonctionnement de l'inspection qui était déjà de 2 500F. Ce qui est étonnant est que l'inspection reste redevable à X d'un montant d'environ 65 000 F. Somme équivalente aux frais de réparation de sa moto de service nouvellement acquise l'année scolaire écoulée. Notons que jusqu'à la date du 10 octobre, les fournitures scolaires gratuitement remises par l'Etat sont toujours attendues dans les écoles. Pour en bénéficier, l'école doit être à jour de sa cotisation auprès de l'Inspection.

Nous avons mis en place un bureau communal des APE qui était, il y a deux ans de cela, associé au partage des manuels reçus. Cette fois-ci, l'inspecteur nous a tout simplement donné le nombre de fournitures manquant sans pour autant nous dire combien nous en avons reçues. Nous sommes en droit de douter de la gestion de ce matériel reçu.

Madame le ministre, vu tout ce qui vient d'être souligné, où se trouve alors la gratuité de ces fournitures scolaires ?.

Pourquoi créer des inspections, et les mettre à la charge de nous, les parents d'élèves ? Madame le ministre, hier c'était les enseignants qu'on accusait de mal gérer les écoles, aujourd'hui c'est ceux qui sont censés donner l'exemple de bonne gestion dans les circonscriptions qui font pire.

En tout état de cause, nous  ne sommes plus prêts à cotiser  pour le bonheur d'un seul individu.

 

Des parents d'élèves indignés

Konaté S. Sidiki

Ouattara Karim"

 

Maintenant, cher Wambi, une bonne nouvelle  ! Si tout va bien, la Caisse autonome de retraite des fonctionnaires (CARFO) va très prochainement signer avec une banque de la place  une convention qui va considérablement alléger la vie des retraités de la Fonction publique burkinabè.

En effet, aux termes de cette convention qui se mijote actuellement, les pensionnaires qui le voudraient pourront ouvrir dans cette banque leurs comptes sans le dépôt minimum qui est d’habitude exigé, et, bénéficieront de l’octroi d’un carnet de chèques.

Et comme les frais de tenue de compte (les agios) constituent parfois un fardeau très lourd à porter pour les retraités, la banque s’engage à les réduire au maximum en les fixant comme suit :

- cinq cents (500) francs CFA par trimestre hors taxes pour les retraités dont le montant de la  pension trimestrielle est inférieur ou égal à trois cent mille (300 000) francs CFA ;

- mille (1000) francs CFA par trimestre hors taxes pour les retraités dont le montant de la pension trimestrielle est supérieur ou égal à trois cent mille (300 000) francs CFA.

Tout cela avec en prime, une carte magnétique  pour tout pensionnaire détenteur d’un compte, avec possibilité d’avoir des avances sur solde.

On peut dire donc que c’est du « tout bénef », d’une part, pour la CARFO, qui pourra  de ce fait transférer une partie de ses retraités vers la banque, décongestionnant ainsi ses guichets, et, d’autre part, pour les retraités qui pourront ainsi mieux gérer leur pension.

En effet, comme on le sait, la CARFO verse trimestriellement la pension en une seule fois. Quitte maintenant au retraité de savoir  gérer son pactole pour boucler les trois mois jusqu’au prochain «cri du muezzin». Ce qui n’est pas toujours évident, surtout pour des papys et des mamys à la main souvent trop généreuse.

Or avec leur carte magnétique et leur carnet de chèques, les retraités pourront désormais, une fois leur pension virée en banque, aller la «ponctionner» parcimonieusement. Ils ne seront donc plus obligés de suivre le programme et le calendrier de la CARFO. Plus donc de retards pour eux.

Et, last but not the least, la CARFO ne fait pas des avances, or avec leurs cartes magnétiques, ils pourront désormais bénéficier de ce service, plutôt de cet avantage, auprès de leur banque.

Ce qui du coup les extirpe des serres des usuriers et autres «margouillats» toujours prompts à leur imposer des pourcentages faramineux pour des prêts qui, loin de résoudre leurs problèmes, les enferment le plus souvent dans des cercles vicieux.

 

Tu le sais mieux que quiconque, cher Wambi, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) est sorti, certes, vainqueur des dernières consultations électorales au "Pays des hommes intègres", mais un autre défi se dresse à sa porte.

Depuis quelques jours, en effet, ça bouge aussi bien en ville qu'en campagne pour préparer le renouvellement des structures du parti de Roch Marc Christian Kaboré.

Un renouvellement qui, sans nul doute, dégagera déjà les candidats potentiels à la candidature CDP aux prochaines échéances électorales.

Ne dit-on pas que qui veut aller loin ménage sa monture ?

Tu comprends donc pourquoi au sein de ce mégaparti, personne ne veut se laisser enterrer vivant, politiquement s'entend, même pas ceux qui se trouvent déjà à la table de Manitou.

En tout cas, dans nombre de provinces, telle la Sissili de Gisèle Guigma, Mahamadi Napon, Pascal Benon et Yacouba Diakité, où les anciens camarades ont déterré la hache de guerre, on navigue désormais vers des clans pour avoir le droit d'espérer.

Mais pour qui sait que chez les puissants du jour l'ordre est toujours venu d'en haut, il n'y a vraiment pas lieu de s'époumoner à pure perte.

 

De son côté, l'Union pour la renaissance sankariste (UNIR/MS) n'en est pas encore à ces querelles de clocher, qui se signale de fort belle manière en présentant ses félicitations et encouragements aux organes de presse qui l'ont accompagnée dans la commémoration du 15-Octobre.

A l'instar d'autres confrères, ton journal, l'Observateur paalga, a donc reçu cette lettre de Me Bénéwendé Stanislas Sankara, datée du 22 octobre, que je t'invite à lire :

"Monsieur le Directeur,

Votre professionnalisme ainsi que vos efforts d'impartialité et d'objectivité dans la couverture de la commémoration du 20e anniversaire de l'assassinat du Président Thomas Sankara me donnent l'agréable occasion de vous adresser mes plus vives félicitations ainsi que mes sincères encouragements.

Je saisis cette opportunité pour réafirmer à la face de toute notre Nation que loin de toute vindicte et de toute posture sectaire dans lesquelles l'on voudrait le confiner, le sankarisme s'illustre dans la prise de conscience, le rejet du pessimisme, la foi dans notre destinée commune dans le travail, la solidarité et la justice sociale. C'est là, la véritable revanche du Président Thomas Sankara sur ses tueurs et sur l'histoire dont la presse libre reste le témoin privilégié.

En vous réitérant mes plus vifs encouragements à poursuivre votre lutte, je vous  prie de croire, Monsieur le Directeur de publication, à l'assurance de ma parfaite considération.

 

Le président de l'UNIR/MS

Maître Bénéwendé S. Sankara"

 

Cher Wambi, on peut tout reprocher à Me Sankara et aux siens, sauf de ne pas être organisés et méthodiques. Car, l'UNIR/MS est l'un des rares partis qui sait toujours anticiper sur les événements, servant à la presse la moindre information qui vaille avant et après ses différentes manifestations.

La preuve, c'est cette lettre de reconnaissance que tu viens de lire donc.

 

Les législatives togolaises du 14 octobre sont terminées, les urnes ont livré leur verdict et la Cour constitutionnelle a proclamé les résultats définitifs. Ainsi, le Rassemblement du peuple togolais (RPT), le parti présidentiel, rafle la timbale avec une cinquantaine de députés et l'Union des forces du changement (UFC), principale formation de l'opposition, en obtient 27.

Des résultats contestés par ce parti justement qui trouve que n'eussent été les fraudes et le système de répartition des sièges, il aurait engrangé au moins une quarantaine d'élus.

Ce vote fini, les regards sont maintenant tournés vers la formation du nouveau gouvernement.

Et sur ce sujet, les protagonistes togolais défilent depuis quelques jours à Ouagadougou, pour écouter les conseils du facilitateur du dialogue intertogolais et maître d'œuvre de l'Accord politique global (APG) du 20 août 2007. De ce fait, il y a une dizaine de jours de cela, au moins 5 fils de feu le président Eyadéma sont venus voir Blaise Compaoré.

La semaine dernière, c'était au tour du leader de l'UFC, Gilchrist Olympio de séjourner dans la capitale burkinabè, où il a eu deux tête-à-tête avec le chef de l'Etat. Et revoilà le même Gilchrist à Ouagadougou depuis le mardi 30 octobre dernier. A ce qu'on dit, le président Faure Gnassingbé devrait arriver aujourd'hui vendredi 2 novembre sauf report de dernière minute,  et avec Gilchrist, ils devraient s'entretenir avec le président du Faso. Au cœur de ces échanges, la formation prochaine de la nouvelle équipe ministérielle. L'UFC, qui s'est dite prête à prendre des postes avec garanties, devrait en principe pouvoir négocier quelques strapontins clefs. En attendant, à qui reviendra la primature ?

 

Cher cousin, tu le sais sûrement, Ouaga vit actuellement au rythme du SITHO (Salon international du tourisme et de l'hôtellerie de Ouagadougou), un grand rendez-vous donc pour le monde de l'Art avec grand "a". Evidemment, ce ne sont pas les opportunités qui manqueront pour tous ceux qui effectueront le déplacement de la capitale burkinabè. Parmi elles, une visite qui s'impose : le Restaurant Galerie d'art "le Monomotapa", qui ouvre les portes de sa galerie ce vendredi même à 18h30. Et pourquoi ? De par son nom, ce lieu rappelle la grandeur du passé de notre continent, de même que la célébration de sa renaissance. Fidèle à cela, le Monomotapa fait un brassage des cultures tant par sa cuisine que par les objets d'art qu'offre sa galerie.

D'une capacité d'accueil de 80 couverts dont une terrasse de 46 places et des salles VIP, ce haut lieu des rendez-vous d'affaires est situé à l'entrée Sud de Ouaga 2000, face au camp militaire route de Pô. Vous voilà donc situé ! A vous de faire le reste !

 

Pour ma part, cher cousin, je t'invite maintenant à feuilleter très rapidement avec moi le carnet secret de Tipoko l'Intrigante :

 

Eugénie Somda est une élève en classe de 3e. A la différence des autres élèves qui vaquent tranquillement à leurs études, elle vit une angoisse et une douleur terribles. Et la cause : à son âge, elle souffre d’un cancer des os du bras gauche. Elle doit être évacuée en France pour suivre un traitement. Là, on devrait lui amputer le bras et lui mettre une prothèse. Seulement, voilà, cette évacuation ne pourrait pas se faire de sitôt à cause, semble-t-il, du manque de fonds pour les évacuations au titre de l’année 2007.

A notre rédaction où elle est passée hier, Sandrine Somda, la sœur de la malade, a lancé un véritable SOS pour aider Eugénie, qui vit des moments critiques et douloureux. Actuellement, la patiente ne prend que des calmants alors que, de jour en jour, le mal continue de ronger ses os. C’est pour cela, les larmes aux yeux, elle a appelé tous ceux qui peuvent faire quelque chose pour aider Eugénie à le faire.

Espérons que cet appel ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd. Que de bonnes volontés s’engagent afin de permettre à cette jeune fille de reprendre sereinement ses études.

 

Le Groupement agropastoral "Laabadi" organise sous le patronage du ministre des Ressources animales, ce samedi 3 novembre à Bobo-Dioulasso, le lancement officiel de sa première opération d'insémination artificielle de vaches. La cérémonie de lancement sera suivie au ciné Sanyon par des communications dont celle du directeur de l'Amélioration génétique sur "les possibilités qu'offre le Burkina Faso en matière d'insémination artificielle".

 

La fraude dans le segment des motos de type Rainbow est en passe de devenir la norme au Burkina. Rien que la semaine passée, dans cette même rubrique, on faisait cas de cette longue file de motos fraudées que des individus conduisaient dans la brousse de We Wayen en direction de Ouagadougou. La fraude de ces engins «made in China» alimente toujours les conversations dans les gargotes.

En la matière, la ville bruit toujours de rumeurs. Mais la dernière en date, si elle se confirmait, va occasionner un combat de titans en justice qui va opposer la maison chinoise de fabrication de motos de marque JINCHENG (JC) au groupe MEGAMONDE.

Il semble que JINCHENG a déjà notifié à MEGAMONDE une assignation en contrefaçon et en concurrence déloyale. L’audience serait même déjà programmée le 21 novembre 2007 au tribunal de grande instance de Ouagadougou.

En attendant de pouvoir approcher les deux parties pour savoir réellement le fond du problème, sachez que selon toute vraisemblance, JINCHENG reprocherait à MEGAMONDE de continuer à utiliser son nom pour faire des affaires malgré la rupture en décembre 2004 de l’accord de partenariat qui liait les deux sociétés.

Ainsi, sur la question de la contrefaçon, JINCHENG accuse MEGAMONDE d’avoir persister à contrefaire la marque JC par reproduction à l’identique et par exploitation illicite de la marque JINCHENG. La concurrence déloyale, la partie chinoise la justifie par le fait que MEGAMONDE utilise la marque JINCHENG, mondialement reconnue, pour faire ses affaires.

Aussi, pour cette maison qui ne livre plus de motos à MEGAMONDE depuis 2005 suite à la rupture de l’accord de partenariat, elle accuse son ancien partenaire burkinabè d’importer en contrebande des motocyclettes de piètre qualité sur des marchés parallèles, pour les revêtir de la marque JC pour profiter de sa notoriété  et les commercialiser sur le marché en trompant les consommateurs.

C’est donc pour toutes ces raisons que JINCHENG va ester en justice.

Voilà donc l’écheveau que doit démêler notre justice.

MEGAMONDE, qui ne va pas se laisser «bouffer» aussi facilement, doit être, on l’imagine bien, en train de constituer les éléments de sa défense.

C’est pour cela qu’on assistera à coup sûr à un combat de gladiateurs au palais de justice contre son ex-partenaire.

Espérons seulement que le droit, rien que le droit, sera dit et que le consommateur qui achète une moto JC soit certain qu’il s’agit bien de la bonne moto et non d’une contrefaçon. Affaire à suivre donc.

 

L’Observateur Paalga du 2 novembre 2007



01/11/2007
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