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Ferme semencière de pomme de terre à Dori : 50 producteurs de Titao réclament leur dû

Ferme semencière de pomme de terre à Dori

50 producteurs de Titao réclament leur dû

 

Partis à Oulo, campement situé à 25 km de Dori, pour initier les habitants de la localité à la culture de la pomme de terre ou du moins pour l’installation d’une ferme semencière sous l’initiative du ministère de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques, les 50 missionnaires de Titao en sont revenus meurtris. Après avoir souffert pour rentrer en possession de la moitié du produit de la vente de leur production, ils ont décidé d'élever la voix pour réclamer la somme restante, qui tarde à venir.

 

Rencontrés au siège du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples, section de Titao le vendredi 13 juillet 2007, certains membres du groupe des producteurs  partis partager l’expérience de la culture de la pomme de terre à Oulo en avaient gros sur le cœur. Ils en veulent aux responsables des Directions régionales de l’agriculture du Nord et du Sahel et surtout à la SOBFEL (Société burkinabè des fruits et légumes).

«Arrivés à Oulo le 23 décembre 2006, nous y avons travaillé jusqu’en avril. Nous  avons repris la route de Titao le 08 avril 2007 après que la SOBFEL soit partie avec nos productions,  sans pourtant honorer son engagement de nous payer la moitié de la somme au moment de l’enlèvement», raconte Moustapha Niampa, ressortissant de la commune rurale de Ouindigui et porte-parole du groupe des mécontents. A l’en croire, la somme restante devait être versée un mois après l’enlèvement des produits.

Se sentant abandonnés sans rien à manger, les missionnaires de Titao sont revenus chez eux le 08 avril 2007.

Ils disent avoir couru après le directeur provincial de l’Agriculture du Lorum durant deux mois. Fatigués, ils sont partis se confier à la section MBDHP de Titao, qui à son tour a pris contact avec les autorités de l’agriculture dans la province.

Suite à l’intervention des défenseurs des droits de l’homme, le directeur régional de l’Agriculture du Nord et celui du Sahel sont  allés rencontrer les producteurs le 03 juin 2007. La rencontre  se serait terminée par des menaces et des mises en garde que les producteurs ne sont pas près d’oublier. C’est finalement le 07 juin dernier qu’un comptable serait venu remettre à chacun 50% de son dû avec la promesse que la deuxième tranche arriverait en fin juin.

«Nous sommes le 13 juillet (jour de notre rencontre), et nous ne voyons rien», déclare nerveusement un du groupe. Repartis aux nouvelles chez le directeur provincial de l’agriculture du Lorum, les plaignants disent n’avoir pas rencontré une oreille attentive. «C’est pourquoi nous demandons au ministère de l’Agriculture, de l'Hydraulique et des Ressources halieutiques de nous aider pour que nous puissions rentrer en possession de l'argent restant», ont-ils déclaré.

 

Une expérience amère

 

Cette expérience d'Oulo, les producteurs du Lorum ne sont pas près de la rééditer. A leur arrivée à Dori, ils ont été accueillis et installés par les hautes autorités de la région. Ils recevaient une dotation de mil avec 20 000 F CFA par semaine pour l’achat des condiments. Le président du Faso est passé visiter le site et les a encouragés. Le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, de l'Hydraulique et des Ressources halieutiques, Salif Diallo, y est passé trois fois. C’est après son dernier passage, le 10 février 2007, que les problèmes ont commencé sur le site. Les encadreurs s'y faisaient rares. Le directeur régional de l’Agriculture du Sahel a déclaré n’avoir plus rien pour leur nourriture.

Révoltés, les producteurs de Titao  décidèrent d’aller chez le gouverneur du Sahel pour demander à retourner chez eux. En cours de route, un cortège d’agents de sécurité, qui les auraient rencontrés, les auraient obligés à repartir à leur lieu de travail. C’est au moment des récoltes que le climat s’est détérioré davantage.

Dans un dossier de presse réalisé par le journal "la Colombe" sur les travaux du site, il a été dit que le kilogramme de pomme de terre d'Oulo serait acheté à 300 F CFA. A la fin, au cours d’une rencontre regroupant le directeur régional de l’Agriculture du Sahel, 02 représentants des producteurs et des responsables de la SOBFEL à Ouaga, on leur aurait proposé 150 F CFA. Les producteurs auraient refusé, et le directeur régional serait revenu négocier avec tous les producteurs sur le site, mais en vain. Il serait revenu avec une mission, partie de Ouagadougou, avec une autre proposition de prix : 175 F CFA le kg. Les autochtones acceptèrent cela, les missionnaires de Titao déclinent l'offre, puis finissent par revenir sur leur décision afin de pouvoir retourner chez eux. «Nous sommes revenus à Titao les mains vides. En ce moment, certains de nos camarades restés sur place à Titao ont vendu leur production et ont pu s’acheter des motos ou construire des maisons d’habitation», regrette, amer, Amadé Konfé. «En ville, on nous indexe d’un air moqueur, en disant : voilà les richards d'Oulo», marmonne Wermi Souleymane, complètement découragé. Le directeur régional de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques du Nord, avec qui nous avons échangé sur la question, a fortement regretté la lenteur dans les versements des sommes dues aux producteurs. Sa structure n’est pas liée à l’achat des produits et au déblocage des fonds. Selon lui, c’est la Société  burkinabé des fruits et légumes qui devait prendre les dispositions nécessaires pour éviter ces longues attentes.

Il dit comprendre l’impatience des plaignants. «C’est dommage qu’une belle expérience se termine de la sorte, on aurait dû trouver des palliatifs au cas d’Oulo pour ne pas en arriver là», a reconnu Seydou Sana. L’espoir n’est pas totalement perdu. A en croire le patron de l’agriculture du Nord, des concertations sont engagées depuis le début de ce mois de juillet avec le secrétaire du ministère de l’Agriculture autour des problèmes des producteurs.

Le directeur régional de l’agriculture du Nord a dit être en partance pour Ouagadougou ce mercredi 18 juillet 2007 pour une rencontre prévue avec la SOBFEL et les autorités du ministère.

Emery Albert Ouédraogo

L’Observateur Paalga du 19 juillet 2007



19/07/2007
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