L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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MACO : Le ras-le-bol des gardes de sécurité pénitentiaire

Grève à la MACO

Le ras-le-bol des gardes de sécurité pénitentiaire

Les Gardes de sécurité pénitentiaire (GSP) de la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) sont en grève depuis lundi 16 avril 2007. Ils entendent ainsi protester contre leurs conditions de travail.

En vue de manifester leur mécontentement face aux mauvaises conditions dans lesquelles ils travaillent et ce qu’ils considèrent comme «la mauvaise foi» de leur hiérarchie, les Gardes de sécurité pénitentiaire (GSP) ont entamé, lundi 16 avril à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) une grève de protestation.

«Nous vivons des conditions d’extrême misère, nous ne pouvons nous nourrir car nous n’avons aucune prime alimentaire, aucune indemnité de suggestion, c’est l’enfer total ici...», pouvait-on entendre des grévistes rencontrés ce lundi matin à la MACO. Ce qui exaspère le plus, selon eux, c’est l’immobilisme de leurs autorités face aux problèmes qu’ils vivent au quotidien. Lors d’un précédent mouvement de grève, leur ministre de tutelle se serait déplacé pour les rencontrer et leur promettre une solution immédiate à leurs préoccupations.

Depuis lors, plus rien, leurs conditions ne font que se dégrader. Un rappel de 16 mois de leurs indemnités d’alimentation leur a été promis depuis 2006. Le remboursement des frais de réparation des moyens de déplacement de certains de leurs camarades endommagés lors du passage des militaires en décembre dernier n’aurait jamais eu lieu malgré la promesse faite par leur hiérarchie. Aucune de leur mission n’est rémunérée, de l’avis des grévistes. De même l’insalubrité exacerbée de leur lieu de travail serait source de nombreuses maladies, telle la gale, qui les attaque en permanence sans qu’aucune prise en charge médicale ne soit prévue.

Pendant la durée de cette grève, il n’y aura pas, selon les grévistes, de visite à la MACO, pas de défèrement, pas d’escorte, bref plus d’activités chez les GSP, jusqu’à ce qu’une réponse adéquate soit trouvée à leur revendication. Toutefois, les grévistes ont tenu à rassurer que leur mouvement ne va pas à l’encontre des prisonniers dont les droits seront préservés. La surpopulation carcérale est aussi décriée par les GSP qui en appellent à un meilleur traitement des prisonniers. La réfection du bâtiment central, au bord de l’effondrement, selon eux, est une urgence.


Après avoir refusé tout contact avec le ministère malgré les diverses tentatives de celui-ci de renouer le dialogue, les grévistes ont finalement accepté la médiation du Colonel Gilbert Diendéré, chef d’Etat-major particulier de la Présidence du Faso. Une rencontre a eu lieu entre le médiateur, les grévistes et le secrétaire général du ministère de la Justice dans l’après-midi du lundi. Au cours de celle-ci, le colonel a pris connaissance des revendications et promis de tout mettre en œuvre pour une satisfaction diligente.

Il a par ailleurs exhorté les grévistes à reprendre le travail dans l’ordre et la discipline. Il les a aussi remerciés pour leur confiance à son égard. Au sortir de la rencontre, il s’est aussi dit confiant quant à l’évolution positive des événements. Quant aux grévistes, ils ont prévu se concerter et tenir informer leurs collègues sur toute l’étendue du territoire avant de donner la suite de leur mouvement. Toutefois ils exigent qu’aucune poursuite judiciaire ne soit engagé contre aucun d’eux. Concernant la rumeur selon laquelle ils prévoyaient ouvrir les portes de la MACO, ils ont tenu à rassurer qu’il n’en est pas question.

Ladji BAMA (stagiaire)

Sidwaya du 17 avril 2007



16/04/2007
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