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Forum sur la bonne gouvernance : Rien que du réchauffé !

Forum sur la bonne gouvernance

Rien que du réchauffé !

 

Ouagadougou a abrité, du 24 au 26 octobre, une rencontre internationale de haut niveau consacrée à la bonne gouvernance. Il s’agissait du 7e Forum africain sur la question. Organisée sous l’égide du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), cette session avait pour thème «Renforcer la capacité de l’Etat en Afrique». A cette occasion, pas moins de 11 recommandations ont été faites, notamment en ce qui concerne la gouvernance politique et économique, la décentralisation et, bien sûr, le renforcement de l’intégrité morale et des capacités.

Il y a exactement 11 ans, le sujet était déjà d’actualité, cette fois dans le cadre du 19e sommet France-Afrique tenu dans notre capitale sur le thème «Bonne gouvernance et développement».

Depuis, ce nouveau vocable est sur toutes les lèvres sans que personne sache exactement ce qu’il renferme.

Cette année encore, chefs d’Etat, premiers ministres, membres de gouvernements, fonctionnaires internationaux et «développeurs professionnels» ont disserté à volonté sur le sujet. Mais une chose est de partager avec ses pairs son expérience de gouvernant ou d’expert, à travers discours, rapports et communications réactualisés au fur et à mesure des rencontres, une autre est de s’inscrire véritablement dans une démarche constructive.

Or là est le véritable nœud du problème. D’abord, les organisateurs se soucient parfois plus de leurs per diems que d’autre chose. Ensuite, les promesses et les bonnes résolutions sont, aussitôt les lampions éteints, rangées dans les placards, dans l’attente du prochain forum ou colloque. Car force est de reconnaître que d’un meeting à l’autre, les choses ne changent pas véritablement…en tout cas, pas dans le bon sens.

Dans nos Etats en effet, la vertu de la transparence n’est pas la mieux partagée. Il faut plutôt compter avec une race de prédateurs qui luttent davantage contre leur propre pauvreté que contre celle de leurs concitoyens. A cet ingrédient s’ajoute celui de la corruption endémique qui gangrène le tissu économique ainsi que toutes les classes sociales et dont on ne semble pas se préoccuper outre mesure, si ce n’est que par la tenue de séminaires ou la création de «machins» de lutte contre la fraude, histoire de se donner bonne conscience. Et pour couronner le tout, on ne manquera pas de faire mention du train de vie dispendieux de nos Etats dont les premiers responsables ne se privent de rien et surtout pas du meilleur, se complaisant dans des dépenses somptuaires quand le gros de la troupe a du mal à joindre les deux bouts.

Le sombre tableau des réalités africaines ainsi dépeint, on ne peut que désespérer de ce continent où les gouvernants semblent davantage occupés à assurer leurs arrières qu’à développer leurs pays.

Alors qu’est-ce donc que la bonne gouvernance ? Des mots, rien que des mots censés guérir nos maux. Et de ces maux ils se fichent comme de l’an 40 avec hélas, la complicité de partenaires au développement bien conscients, pour leur part, des intérêts qu’ils défendent. Qui ne se souvient de l’affaire Elf qui avait révélé un vaste enchevêtrement politico-financier dont les ramifications allaient jusqu’en Afrique. Pour protéger les intérêts de la multinationale, les autorités françaises d’alors n’avaient pas hésité à soutenir certains régimes parmi les moins attachés aux vertus de la démocratie.

Quelques années plus tard, à Ouagadougou, Jacques Chirac affirmera, comme pour gommer les vestiges de cette françafrique, que «la bonne gouvernance est devenue la condition même du développement. Un impératif absolu qui s’impose tant aux bailleurs de fonds qu’aux pays aidés» Depuis, les forums et leurs déclarations de bonne intention n’ont cessé de se succéder, sans que sur le terrain des réalisations, les choses aient véritablement évolué. Les années passent et les Africains, qui avaient placé leurs espoirs dans ce concept novateur, doivent se contenter d’un plat devenu insipide à force d’être réchauffé.

 

La rédaction

L’Observateur Paalga du 29 octobre 2007



29/10/2007
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