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Fraudes au BEPC : 1 requin et 54 alevins pris dans le Kadiogo

Fraudes au BEPC

1 requin et 54 alevins pris dans le Kadiogo

 

Phénomène récurrent depuis quelques années, les fraudes à l'examen du Brevet d'études du premier cycle (BEPC) ont cristallisé à la session en cours la colère des citoyens. Selon les autorités policières de la ville de Ouagadougou, cinquante-cinq (55) personnes, en majorité des élèves, dont un membre de l'équipe de tirage seront déférées au parquet. C'est ce qui est ressorti de la conférence de presse qu'elles ont animée le mardi 19 juin 2007 avec le directeur général de l'OCECOS, Didace Gampiné.

 

Pour cette rencontre, les journalistes avaient en face d'eux le directeur régional de la police du Centre, Alain Joachim Bonzi, le commissaire central, Paul Sondo, et le  directeur général de l'Office central des examens et concours du secondaire (OCECOS), Didace Gampiné.

Selon le commissaire, une enquête horizontale a été menée par ses services pour vérifier la présence des épreuves fraudées et de leurs corrigés dans les salles d'examens. Ce qui a conduit à l'arrestation d'une trentaine d'élèves. L'enquête s'est poursuivie, selon lui, de façon verticale pour identifier la source de l'hémorragie.

Ainsi un membre de l'équipe de tirage a été interpellé. Celui-ci, dont le nom n'a pas été donné à la presse, aurait soutiré les épreuves depuis le 12 juin soit 72 heures avant le début de l'examen. Ce requin pris dans la nasse serait un vieux routier de l'OCECOS.

A l'étape actuelle de l'enquête, 55 personnes, des élèves pour la plupart, des parents d'élèves et des fonctionnaires de l'Etat, ont été arrêtées. A en croire Paul Sondo, aucune  piste n'a été exclue dans l'enquête qui a concerné les responsables de l'OCECOS et les membres de l'équipe de tirage. Vu l'ampleur de la triche, ne devait-on pas reprendre les épreuves sur toute l'étendue du territoire ? A cette question, Didace Gampiné a répondu qu'on n'a pas des preuves que c'est tout le pays qui est concerné, ni que les autres matières étaient touchées.

La récurrence et le laxisme dans sa lutte scandalisent les citoyens. A ce sujet le directeur général de l'OCECOS a fait remarquer que les sanctions sont du ressort de la Justice. Pour le directeur régional de la police du Centre, l'enquête poursuit son cours, et toutes les  responsabilités seront situées pour décourager cette pratique qui  entame l'image de notre pays. Selon le candidat Mahamadi Kabré, les épreuves de mathématiques et de physique-chimie lui ont été remises par des inconnus à moto pendant qu'il révisait ses leçons sous un manguier, contre la somme de 10 000 FCFA. Du côté des parents d'élèves, qui étaient regroupés à l'entrée du commissariat central, c'est le désarroi. "Je demande aux autorités de libérer nos enfants qui sont aussi les leurs ; ils n'y sont pour rien, le problème doit être combattu à la racine", a souligné Chantal Tapsoba entre deux sanglots. "Les enfants sont innocents et victimes de la corruption qui règne dans les structures organisatrices des examens". Yoda Mariam dit s'être battue difficilement pour la scolarisation de son enfant et n'avoir pas les moyens d'acquérir le "pétrole".

Quoi qu'on dise, les responsabilités dans cette affaire de triche sont largement partagées, et les enfants (des alevins comparés à des requins dont un est pour l'instant pris) ne sont que des victimes d'un système qu'il faut impérativement assainir pour l'honneur du "Pays des hommes intègres".

En tout cas dans ce cours d'eau du Kadiogo, les requins à prendre sont nombreux.

 

Abdou Karim Sawadogo

L’Observateur Paalga du 20 juin 2007



20/06/2007
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