L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

L'Heure     du     Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

Ils enfument même le Christ

Cher Wambi,

 

Quelque deux mois nous séparent des législatives du 6 mai, et déjà, le Burkina profond grouille d'acteurs de la scène politique nationale.

 

D'ailleurs, toujours à l'affût, je suis le ballet incessant de tous ces prétendants à l'Assemblée nationale qui, subitement, ont découvert le goût de la campagne.

En tout cas, ceux d'entre eux qui ont su labourer leur champ politique en son temps peuvent dormir sur leurs lauriers, sûrs qu'ils feront de bonnes récoltes.

 

Mais quant à ceux-là qui n'empruntent le chemin du village qu'une fois tous les dix ans, pour ne pas dire jamais, sans l'achat des consciences et l'apport des marabouts, leur élection relèverait du miracle.

Nous n'y sommes pas encore certes, mais je vois sur écran géant le théâtre qui se joue autour des leaders d'opinion à Laye.

 

Toutefois, je ne doute pas un seul instant qu'en son temps, vous saurez faire preuve de lucidité, en offrant vos voix à ceux-là qui se soucient de votre épanouissement.

Sinon, que de promesses n'ont-elles pas été emportées par le vent vers le Sahara ?

 

En attendant, cher cousin, à cinq jours de la date limite du dépôt des candidatures à la Commission électorale nationale indépendante (CENI), les états-majors des différents partis en lice brillent par leur mutisme.

 

Stratégie de combat ou manque de consensus dans les rangs ?  Je ne saurais y répondre.

Néanmoins, il me revient que du côté du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti au pouvoir, les prétendants à l'investiture se compteraient par centaines, si ce n'est par milliers. Et après les appréciations faites par la base, le dernier mot revient aux bonzes, qui décideront de l'avenir politique de l'un ou de l'autre militant.

 

Tâche pas des plus aisées, car des choix inappropriés pourraient s'avérer mortels au soir du 6 mai.

Tirant leçon de ce qu'au sein du parti on évolue par clan, par affinité ou par parrainage, ils sont nombreux, les candidats qui se préparent à toute éventualité.

 

Le jeu du chat et de la souris est, en tout cas, engagé là où les gourous attendent le 6 mai pour déposer les listes, de peur que les candidats malheureux migrent avec armes et bagages vers d'autres prairies, et où les prétendants les plus rusés ont déjà deux ou trois dossiers prêts à atterrir ailleurs si jamais au CDP ils étaient indésirables. Ainsi que le soutient l'un d'eux, mieux vaut avoir plusieurs fers au feu pour ne pas être désagréablement surpris.

 

Rendez-vous donc au siège de la CENI le 6 mars autour de minuit pour suivre le spectacle ahurissant dont nous gratifieront les politiciens du 21e siècle, pour qui tous les coups sont permis.

 

Cher cousin, c'est un secret de polichinelle, Simonville est de nos jours le théâtre de deals de tous genres : trafics et vols de voitures ou de cartes grises, infiltrations de drogues, même les plus osées, et j'en oublie.

 

Mais que peuvent les forces de l'ordre et de sécurité si les populations semblent complices de telles pratiques ? Beaucoup d'efforts sont déjà faits pour éradiquer à jamais ces maux de la société, mais les dealers ne s'avouent jamais vaincus. On me dira que de tels maux sont propres aux villes qui s'affirment, mais tout de même !

 

Sais-tu, cher cousin, que des vendeurs de drogue ont poussé l'outrecuidance jusqu'à s'installer aux portes de l'église Christ-Roi de Pissy au secteur 17 de la capitale ?

Ils exercent donc impunément au su et au vu de tous, au risque même d'enfumer les fidèles chrétiens.

Les voisins, en tout cas, en ont quotidiennement pour leur dose de chanvre.

 

Mais, Bon Dieu, quand est-ce que l'enfant Jésus reviendra-t-il chasser les marchands du temple ?

 

Deal pour deal, cher cousin, un infirmier exerçant à Kiembara, dans la province du Sourou, n'a aujourd'hui ses yeux que pour pleurer.

 

Que lui est-il donc arrivé ?

En fin d'année 2006, le malheureux avait commissionné un de ses collègues de récupérer ses bulletins de paie à Ouagadougou. A son retour, celui-ci lui tendit un seul bulletin, sous le prétexte que le second n'a pas été retrouvé.

 

Quelque temps après, l'infirmier sera surpris de constater qu'une institution financière de la place opérait une retenue de 36 900 FCFA sur son salaire.

 

N'y comprenant rien, il s'adressa à ladite institution, qui lui fit savoir qu'il a contracté un prêt de plus d'un million de nos francs, et doit, par conséquent, subir des retenues mensuelles sur son salaire.

 

Les dieux venaient de lui tomber sur la tête, et pour cause : un faussaire a réussi l'exploit de chiper le bulletin original de l'infirmier, avec quoi il a complété des faux documents non légalisés (cartes d'identité et attestation du Service national de développement) pour contracter le prêt d'un million, avant de disparaître dans la nature.

 

Hélas, cher cousin, de faussaires, la cité en est aujourd'hui pleine.

Et c'est le lieu de t'inviter à la vigilance permanente, car l'on ne peut savoir où et quand ces prédateurs donneront l'assaut.

 

Cher Wambi, je suis depuis quelques années certaines choses qui se passent à l'Assemblée nationale, surtout en matière de communication et de relations publiques. Je n'en aurais rien dit si les règles de l'art étaient un tantinet respectées.

 

Figure-toi que c'est seulement en ce mois de mars que notre auguste institution procède à la ventilation de ses calendriers. A-t-on été surpris ? Je me pose cette question, d'autant que j'ai l'impression qu'il y a du gâchis quelque part. Des gens ne jouent pas leur rôle, et mieux, des gens s'occupent de ce qui ne les regarde point.

 

Car il m'est revenu que c'est la hiérarchie des services financiers qui s'occupent de faire lesdits calendriers, sur toute la chaîne, au mépris de l'organigramme de la maison, qui attribue de telles compétences à une direction précise. Pas besoin d'être devin pour imaginer que certains enjeux inconsidérés (suis mon regard) occultent la bonne gouvernance administrative.

 

Résultats : d'un type de calendrier à l'autre, ne figurent pas les mêmes numéros de téléphone ; les calendriers semestriels ne mentionnent pas les courriers électroniques de l'institution, attribuent quatre W à l'adresse du site internet et pire, en plus de l'inflation des majuscules, comportent une intolérable faute d'orthographe :  "Les leaders pour la paix reçu par le chef du Parlement Burkinabè". C'est pas sérieux !

Mais comme chacun tient à trouver un marché à son ami imprimeur !

 

Et à nous maintenant, cher cousin, le carnet secret de Tipoko l'Intrigante, qui s'ouvre sur la fête coutumière de Wogodogo Naaba Kango.

 

Car il y a Ouagadougou, la capitale, et Wogodogo, ce vieux quartier situé au nord de la capitale (secteur 19) et habité par les autochtones. L'histoire nous enseigne que le Wogodogo Naaba, gardien des terres, Grand Prêtre, est de la descendance des Nindsi, les Samos de notre ère, qui s'installèrent en ces lieux avant même l'arrivée des conquérants.

 

Eh bien, c'est ce samedi 03 mars que le Wogodogo Naaba Kango célèbre sa fête coutumière (Nabasga). J'espère que tu seras des nombreux invités à son palais à 13h00.

 

Autre fête coutumière de ce week-end, c'est l'intronisation ce même samedi 3 mars du professeur Ouédraogo Patoin Albert en qualité  de chef traditionnel de Bango à Kongoussi ville.

La cérémonie est prévue pour débuter à 14h00, et le nouveau chef aura pour nom de règne Naaba Kougri.

 

A trois semaines du match des Etalons du Burkina contre les Mambas du Mozambique à Ouagadougou, comptant pour la troisième journée des éliminatoires de la CAN 2008, on apprend que le torchon brûle entre la Fédération burkinabè de football (FBF) et le sélectionneur national Drissa Traoré Malo dit Saboteur.

 

La mésentente entre eux, dit-on, ne date pas d’hier et depuis lors, on se regarde en chiens de faïence. Qu’est-ce qui s’est donc passé pour qu’on en arrive là  alors qu’au départ, chacun avait promis de travailler de son côté sans nuire à l’autre ? On ne le sait  encore trop de façon formelle, même si Ouaga bruit depuis quelque temps des causes, supposées ou réelles, de ce désamour. Mais pour qui connaît le tempérament des uns et des autres, cela devait peut-être arriver un jour.

 

Selon des milieux bien informés, le ministre des Sports et des Loisirs, Jean-Pierre Palm, aurait rencontré récemment des membres de la FBF et Saboteur. Chacun se serait expliqué, mais l’employeur tient à ce qu’on modifie fondamentalement les choses. L’employé, lui, pense qu’il a une mission à accomplir et doit assumer jusqu’au bout.

 

Le ministre a-t-il réussi à raisonner les deux parties ? Le rendez-vous du 25 mars au stade du 4-Août commande en tout cas à tout un chacun de travailler pour la victoire. Les querelles de clocher, on le sait, ne mènent nulle part…

 

Les arbitres burkinabè sont encore à l’honneur, et l'un deux sera présent dans une semaine au Togo, à la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations des cadets. A l’issue du tournoi final du championnat junior à Brazzaville, la commission des arbitres de la CAF, au cours d’une réunion, a désigné notre compatriote Adolphe Adama Paré pour être arbitre assistant lors de la phase finale, qui aura lieu du 10 au 25 mars 2007.

 

Adolphe recevra son billet d’avion de la Fédération togolaise de football dans quelques jours, puisqu’il doit être à Lomé le 7 mars au plus tard.  Notons qu’il y a eu un léger changement dans les dates du tournoi de ce 7e championnat d’Afrique. Les matches des éliminatoires de la CAN 2008 coïncidant avec ceux du tournoi, il a été décidé que le match de classement aura lieu le 22 mars, et la finale, le 25 mars.

 

Le journalisme mène à tout, ainsi que nous le démontre Pierre Dabiré Kyéllé. Mettant sa retraite à profit, il nous sort aujourd'hui "Yingaonan et le roi", un recueil de contes d'Afrique de l'Ouest, édité par l'Harmattan.

 

Yingaonan et le roi ; c'est cinq contes pleins d'humour, issus de la tradition, mêlant le fantastique au réel, qui nous parlent, au-delà du temps, de la tyrannie du pouvoir, de la sagesse des anciens et de l'intelligence humaine.

D'où Yingaonan : plus rusé que le roi en dagara.

 

Afin de marquer d'une pierre blanche le 8-Mars, l'Association Nan Basnéré des femmes de Koulouba, secteur 5 de la capitale, promettent des réjouissances populaires : un grand concert le 8 mars à partir de 15 h00 et un grand bal le 9 mars à partir de 20 h00 au Boulougou bar.

A l'affiche : Youl Doumbia et E.G. Pepito.

Ensemble, célébrons la  femme !

 

Tipoko l’Intrigante n’apprend rien d’elle-même, elle n’invente jamais rien. Tipoko l’Intrigante est un non-être. Elle n’est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l’intuition c’est la faculté qu’a une femme d’être sûre d’une chose sans en avoir la certitude..."

Ainsi va la vie.

Au revoir.

Ton cousin

Passek Taalé.

 

Source, L’Observateur Paalga du 2 mars 2007



02/03/2007
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