L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Ils veulent chausser les bottes du géant

Succession de Konaré à la Commission de l’UA

Ils veulent chausser les bottes du géant

 

Il y a enfin des gens pour la succession d’Alpha Omar Konaré à la tête de la présidence de la Commission de l’Union africaine (UA). En effet, depuis hier 4 novembre, la Radio France internationale (RFI) a communiqué la liste des prétendants officiels à ce prestigieux poste de l’organe exécutif de l’organisation panafricaine. Six candidatures sont donc annoncées. Deux sont francophones, à savoir Antoinette Batumubwira et Jean Ping, respectivement ministre des Affaires étrangères du Burundi et du Gabon ; trois anglophones que sont Inonge Mbikusita Lewanika, ambassadeur de la Zambie aux Etats-Unis, Barnabas Sibusiso Dlamini du Conseil du roi de Swaziland et Adulai Osman Conteh, à la tête de la Cour suprême de Bélize en Amérique centrale. Enfin, la sixième candidature provient de l’ancien président de Maurice, en l’occurrence Cassam Uteem. Deux candidatures féminines ont donc été enregistrées. Il s’agit des poulains du Burundi et de la Zambie.

L’occupant actuel du fauteuil de la présidence de la Commission, faut-il le rappeler, n’est pas candidat à sa propre succession. Il l’avait d’ailleurs exprimé depuis longtemps. Maintenant que l’identité des poulains des pays postulants est connue, l’interrogation qui taraude plus d’un observateur de la scène politique africaine, c’est de savoir qui suppléera valablement Alpha Omar Konaré à la présidence de l’organe exécutif de l’Union africaine. Surtout quand on sait qui est l’ancien président malien. En effet, professeur d’histoire et d’archéologie, il s’est forgé une notoriété de démocrate et de panafricaniste pendant son passage à la tête de l’Etat malien, de 1992 à 2002 ; soit deux quinquennats à l’issue desquels le fauteuil présidentiel, conformément à la Constitution de son pays. C’est donc presque fraîchement débarqué de la présidence du Mali qu’Alpha Omar Konaré a été porté à la tête de l’organe exécutif de l’UA. Dans cette nouvelle mission, on l’aura vu sur tous les fronts de conflits, entendu sur les tribunes internationales donner, au nom du continent, sa position sur tous les dossiers brûlants. A cela, il faut ajouter la mise en marche de la plupart des organes de l’UA. On se souviendra également ses farouches prises de position dans certains dossiers. Ce qui lui a valu des démêlés avec quelques chefs d’Etat comme le Nigérian Olesegun Obasanjo et le Soudanais Omar El Bechir dont la candidature à la présidence de l’UA n’a pas reçu sa caution. On estimait qu’il se comportait comme s’il avait toujours le statut de chef d’Etat. Malgré tout, cela n'enlève en rien, pour une majorité de l’opinion internationale, aux qualités de l’enfant terrible des berges du Djoliba.

Qui donc des candidats ci-dessus cités aura la trame d’Alpha Omar Konaré ? Aura-t-il la trempe de son prédécesseur ? Pourra-t-il changer quelque chose dans la vie de l’Union ? Ce sont là entre autres interrogations que l’on est en droit de se poser aujourd’hui, à quelques mois du prochain sommet de l’UA, du 31 janvier au 2 février 2008, au cours duquel sera désigné le successeur de Konaré. Le moins qu’on puisse dire, le plus grand défi est cette succession même. Et sans sous-estimer les six aspirants au fauteuil de l’UA, il faut reconnaître que, quel que soit le candidat qui sera élu, il est difficile de trouver un héritier de la trempe d’Alpha Konaré de la tête de la Commission. Et, il ne faut pas se leurrer, les éternels problèmes, notamment la lourdeur dans le fonctionnement de l’organisation et les cotisations, demeureront.

Par ailleurs, nombre de gens regrettent qu’à la date du 30 octobre 2007, dernier délai de dépôt des candidatures, on n’ait pas enregistré celles provenant de personnalités d’envergure continentale, à l’image de l’ex-dirigeant ghanéen, John Jerry Rwalings ou encore de l’ancien président mozambicain Joachim Chissano. Ces deux-là au moins, à l’instar de l’historien malien, présentent des atouts importants, pour avoir été chefs d’Etat. Et fort de ce capital, en termes d’expériences, ils auraient pu rallier beaucoup de pays à leur ambition. En attendant de connaître celui qui accédera à la présidence de la Commission de l’Union africaine, on peut dire que les six postulants viennent pour chausser les bottes du géant Alpha Omar Konaré.

 

Hamidou Ouédraogo

L’Observateur Paalga du 6 novembre 2007



06/11/2007
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