L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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L'anniversaire sanglant de Gaza

3 ans après la mort d'Arafat

L'anniversaire sanglant de Gaza

 

Est-il écrit quelque part que le peuple palestinien est frappé de malédiction ? On pourrait le penser au regard de sa situation, qui ne s’améliore guère. Une nation en proie aux déchirements politiques. Conséquence, on assiste à une lutte fratricide, qui décime la population surtout la jeunesse. L’imbroglio palestinien suscite des inquiétudes avec ses chefs de guerre qui ne savent que faire parler les armes. 

Il y a trois ans (11 novembre 2004 - 11 novembre 2007) que disparaissait le leader historique de la cause palestinienne, Yasser Arafat. Pour le troisième anniversaire de sa mort, ils étaient nombreux, ses partisans qui se sont mobilisés pour lui rendre hommage. Mais c’était sans compter avec le Hamas, qui n’entendait pas la chose de cette oreille. Ce gigantesque rassemblement s’est terminé dans le sang : sept morts et une centaine de blessés. Pour rapporter ce qu’on a entendu, c’est la police du Hamas qui a ouvert le feu à la fin de la manifestation. Deux jours après ces événements, qui ont encore endeuillé des familles, les deux mouvements se renvoient la responsabilité de ces affrontements. Comme pour les précédentes circonstances, l’autorité palestinienne a décrété trois jours de deuil. Mais qu’est-ce que cela apporte concrètement comme solution si rien n'est fait pour regarder dans la même direction ? Chose étonnante, ces rivalités de clocher interviennent à quelques semaines d’une réunion internationale sur le conflit israélo-palestinien, prévu à Annapolis aux Etats-Unis. Quand on sait qu’elle doit marquer le début d’une relance des négociations de paix, gelées depuis sept ans, le moment n’était-il pas venu pour les deux mouvements (quelles ques soient leurs divergences) de se concerter pour arrêter une position commune ? Au lieu de cela, on continue de se regarder en chiens de faïence en cherchant l’occasion d’affaiblir l’autre. Aujourd’hui, on semble faire faire fi de cela alors que cette réunion est une «chance historique d’ouvrir un nouveau chapitre» au Proche-Orient. De part et d’autre, on persiste dans la même erreur ; décidément, la paix n’est pas pour demain entre ces frères ennemis. 

Selon les observateurs, le Fatah voulait à travers cette commémoration montrer que malgré sa déroute en 2006, il  est toujours présent et incontournable à Gaza. Rappelons qu’il y a un an, le Hamas, contre toute attente, avait gagné haut la main les législatives au grand désespoir du Fatah. La première organisation citée, implantée en Cisjordanie et à Gaza, fait désormais partie du paysage politique. On dit que comme dans beaucoup d’autres pays arabes, il est illusoire de penser pouvoir avancer vers la démocratie en excluant les islamistes. Le Hamas dispose de trois atouts majeurs auprès de la population : sa participation à la résistance ; son réseau d’aide sociale et le dévouement incontestable de ses cadres. 

Côté Fatah, on estime que l’affluence du 11 novembre est une véritable aubaine en ce sens qu’il bénéficie encore d’un énorme soutien dans la bande de Gaza. Si ce n'est pas une provocation, ça y ressemble un peu quand on se réfère aux propos du président palestinien, Mahmoud Abbas, qui avait vilipendé le mouvement islamiste du Hamas, lequel contrôle justement la bande de Gaza depuis son coup de force armé.

Selon lui, les islamistes du Hamas ne peuvent à travers leurs appels à un dialogue sans condition qu'imprimer leurs marques  sur le terrain en accélérant la création d’une entité séparée et isolée, contrôlée par une clique qui ignore la démocratie, dont les fondements ont été jetés par Yasser Arafat. «Ils font partie de notre peuple, mais nous leur demandons  de revenir sur leur erreur»,  avait-il ajouté. 

Israël, qui dort en gendarme, se soucie de cette déchirure comme d’une guigne. Ce n’est pas du tout son affaire, puisque pour lui, les deux mouvements, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. C’est peut-être d’ailleurs pour cela qu’il bafoue les droits palestiniens. Depuis les accords d’Oslo de 1993, rien ne se dessine à l’horizon si ce n’est l’accélération de la construction du mur de l’apartheid malgré la condamnation du tribunal international de la Haye. Bien plus, les barrages et contrôles continuent à rendre impossible la vie quotidienne des Palestiniens, le nombre de prisonniers politiques s’élève à plusieurs milliers, etc. Alors, qu'en pensent les dirigeants américains, européens et français, qui nous font croire à longueur de journée que le processus de paix est possible ? Ce processus n’existait pas avant les élections, et d’ailleurs il avait cessé avec l’arrivée de Sharon aux affaires. La recomposition de la vie politique palestinienne recommande que le Fatah et le Hamas conjuguent leurs efforts pour une stratégie plus efficace contre l’occupation israélienne. Plus que jamais, la création d’un Etat palestinien est d’actualité, et c’est dommage qu’à Gaza on se trompe de combat. Faire preuve d'une intransigeance absolue, c’est faire obstacle à la paix.

 

Justin Daboné

L’Observateur Paalga du 14 novembre 2007



14/11/2007
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