L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

L'Heure     du     Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

Le député Victorien T. Somé braqué

Le député Victorien T. Somé braqué

Qui l'eût cru dans cette commune rurale

 

Le député Victorien T. Somé, après avoir réglé des problèmes sociaux au chef-lieu de la commune de Legmoin, a été braqué au km4, sur la piste Legmoin-Dankana dans le Noumbiel.

 

Le banditisme a vraiment la peau dure et n'épargnant aucune localité, sa pratique n'est plus le seul apanage des grands axes routiers du Pays des hommes intègres.

En effet, le grand banditisme fait encore parler de lui ces derniers temps. Pendant que les autorités installaient la police de proximité pour la contrer (cf. notre édition n°7047 du vendredi 11 janvier 2008), les malfrats continuaient leurs basses besognes sur les axes Ouaga-Dori, tronçon entre Fada et Diapaga, sur une piste Legmoin-Dankana, dans la province du Noumbiel.

 

Manque de logistique conséquente

 

Sur cette dernière piste, le 11 janvier 2008 à 18h 40, deux malfrats (un Ghanéen et un Burkinabè tendent une corde, à l'entrée d'un ravin à 4 km du chef-lieu de la commune rurale de Legmoin, au député  Victorien T. Somé qui, sur sa moto, rejoignait paisiblement son village, situé à 11 km du chef-lieu où il venait de résoudre des problèmes familiaux.

 

Le braquage

 

A ce point précis, deux malfrats, armés l'un d'un pistolet de fabrication artisanale et l'autre d'une kalach scamotable, le braquent et, dans un français approximatif, l'un d'eux, en l'occurrence le chef, lui intime : "Descendez ! calez moto sinon tirer, tirer".

Le député s'exécute sans résistance. Le chef du gang le fouille, prend l'argent qui était sur lui sans avoir trouvé son portable et crie : "partez !" "Où ?", lui demande le député. Vers là-bas en indiquant la direction de Legmoin. Il s'exécute.

Ils démarrent la moto et filent en direction de Dankana.

Le député appelle aussitôt le commissaire  Akodoum Kini du district de Legmoin. Malheureusement, le commissariat de ce dernier, bien que frontalier à deux pays, n'a en tout et pour tout qu'une moto. Il se trouve qu'à ce moment, leurs mobylettes personnelles étaient en panne.

Le temps de trouver une deuxième mobylette, les policiers arrivent sur les lieux et trouvent que les malfrats s'étaient déjà volatilisés.

Akodoum Kini met en exergue cette déclaration du ministre Djibril Bassolet : "La sécurité ne peut reposer exclusivement sur les épaules des forces de sécurité. Elle exige que le corps social s'engage dans la réduction des causes de la délinquance en favorisant le respect des lois, des institutions, des individus et de la société en général".

En effet, avec ses hommes, il informe tous les villages frontaliers au Ghana, qui se mobilisent.

 

Action collective des populations

 

Comme un seul homme, tous les hommes des villages se sont mobilisés dans la même nuit et, au petit matin, une femme renseigne les habitants de Dankana, village natal de l'élu, sur le passage suspect de deux individus qui poussaient une moto à l'entrée du village et qui, subitement, ont changé de direction.

Sur ces renseignements, les gens, armés d'arcs et de fusils de chasse, ont pris la même direction  que les suspects le matin du 12 janvier et c'est ainsi que les bandits ont été localisés dans une maison du village de Koulé, où ils ont passé la nuit. La sécurité qui était en patrouille est saisie par le conseiller Ouaro dudit village. Le temps que cette dernière trouve la logistique pour arriver, les malfrats qui voulaient continuer leur route, se sont rendu compte qu'ils étaient traqués. C'est alors qu'ils ont essayé de s'enfuir en tirant sur les gens.

Dans la riposte, le chef du gang a trouvé la mort pendant que son compagnon, qui s'était engouffré avec des femmes paniquées dans une maison, a pu profiter de la confusion pour sauter par le mur des toilettes et s'évanouir dans la nature. La police est toujours à sa recherche. Ce cas malheureux interpelle les autorités pour qu'elles équipent conséquemment ce district de Legmoin, frontalier au Ghana et à la Côte d'Ivoire.

 

Correspondance particulière de

Dapla Somé

L’Observateur Paalga du 17 janvier 2007



16/01/2008
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 998 autres membres