L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Le fantôme du Joola a plané sur le Wilis

Liaison Dakar Ziguinchor

Le fantôme du Joola a plané sur le Wilis

 

Prudence est mère de sûreté. C’est sans doute pour se conformer à cette sagesse populaire que les responsables sénégalais de la Somat, Société maritime de l’Atlantique, ont décidé de mettre leur fleuron en cale sèche. Le Wilis, bateau qui assurait depuis quelque temps la rotation entre Dakar et Ziguinchor, a ainsi été retiré du service suite à un incident intervenu dans la nuit du mardi 14 au mercredi 15 août en haute mer. Les responsables de la société maritime se sont voulus rassurants. Pour eux, il s’agissait d’une «panne banale à assimiler à une crevaison de pneu ou à une panne de ce genre pour un automobiliste».

Banalité pour banalité, les passagers du Wilis, cette nuit là, ont eu une peur bleue quand leur bateau s’immobilisait en pleine mer. Une frayeur qu’ils n’ont certainement pas assimilée aux sentiments que l’on peut éprouver sur nos pistes poussiéreuses en cas de crevaison ou d’avarie de ce genre. Ils ont sûrement repensé à la nuit tragique du 26 septembre 2002, durant laquelle le précédent ferry, avec plus de mille malheureux à son bord, avait sombré corps et âmes au large des côtes gambiennes.

Un drame dont le souvenir encore vivace a fait planer, sur les passagers du Wilis et sur l’ensemble du pays, le spectre du Joola.

Dans un tel climat, la plus grande prudence s’imposait donc aux responsables de la société maritime. Et c’est par la force des choses que ces derniers, en accord avec les autorités sénégalaises, ont dû retirer du service le seul bateau assurant la desserte de la Casamance. Ce retrait devrait durer 4 à 5 mois, le temps de faire venir une pièce neuve du bateau, commandée en Allemagne pour remedier à la panne.

La croix et la bannière donc pour tous ceux qui devront désormais faire le trajet sur les pistes, rendues plus impraticables par la saison des pluies. Ils n’auront d’autre alternative que la voie des airs qu’empruntent déjà les plus nantis d’entre eux.

 

«Billets craquants» in L’Observateur Paalga du 20 août 2007



20/08/2007
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