L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Le FFS est mort…Vive le FFS !

Union des partis sankaristes

Le FFS est mort…Vive le FFS !

Pour le député Nestor Bassière, le Front des forces sociales (FFS), parti dont il assurait jusque-là la présidence, n’existe plus. Ainsi en a décidé les participants à ce congrès extraordinaire du FFS qui s’est tenu hier dimanche à la Maison des retraités Antoine-Nanga. Pour la dissolution de ce regroupement politique et sa fusion dans l’Union des partis sankaristes (UPS), ils se sont fondés sur un vote dont les résultats suivants sont des plus éloquents à leurs yeux : 0 contre, 1 abstention et 81 voix qui étaient pour.

Mais le fondateur du FFS, Norbert Tiendrébéogo, ne l’entend pas de cette oreille. Il dénie aux organisateurs de la rencontre la qualité pour convoquer un congrès extraordinaire et persiste et signe : le FFS demeure.

« Ce jour 4 mai est un jour ambivalent pour nous. Ambivalent en ce sens que d’une part, nous devons, si vous congressistes l’accordiez, voir la fin d’un parti, le FFS. Cela nous chagrine un peu au regard du travail que nous avons abattu ensemble, chacun autant que nous sommes, à quelque niveau que ce soit, afin que le FFS se maintienne dans l’échiquier politique national…La réponse adéquate est et restera l’unité, n’en déplaise à quelques anticonformistes qui, justement, ont profité des premiers fruits de cette unité pour se hisser à des niveaux qu’ils n’avaient et n’auraient sans doute jamais atteints…Eh bien ! Aujourd’hui le congrès est là, vous êtes là pour vous prononcer sur l’opportunité de cette fusion, qui verrait du coup la dissolution du FFS si tel est l’assentiment, parce que le FFS, le parti, vous appartient. Il ne saurait appartenir à un individu qui y assoirait les prémisses ou les bases d’une royauté mal à propos ». C’étaient là des extraits de la déclaration préliminaire prononcée par Nestor Bassière, président du Front des forces sociales (FFS) et député sous la bannière UPS. Bien sûr des propos qui ne faisaient pas dans l’ambiguïté, ni dans l’objectif de la rencontre, encore moins sur la personne à qui s’adressaient ces piques.

Cette déclaration aussitôt lue, les invités au congrès extraordinaire du FFS organisé par le Secrétariat exécutif national (dixit Bassière et Cie), dont la majorité était composée des membres du bureau de l’Union des partis sankaristes (UPS) ont quitté la salle pour permettre aux participants de décider de la fusion ou non du parti qui avait battu la campagne sous leur bannière pendant les législatives. Cette union a permis d’engranger deux députés que sont Norbert Tiendrébéogo et Nestor Bassière. Cependant, depuis le renouvellement du bureau de cette union qui a porté à la présidence Joseph Ouédraogo, la tendance Norbert Tiendrébéogo a coupé les ponts et leurs relations ne sont plus au beau fixe. Elles sont même orageuses et le divorce a été consommé depuis longtemps.

Néanmoins, à écouter les organisateurs de la rencontre, une convocation par voie d’huissier lui a été envoyée pour participer à ce congrès extraordinaire. Et dans la même logique, étaient présents aux travaux, des représentants d’un cabinet d’huissier qui ont assisté aux votes. De temps en temps, des fuites émanant de la salle, il ressortait que les participants, dans une très large majorité, étaient en train de signer le certificat de décès de leur parti, le FFS. Conséquence, il n’y avait pas grand suspense lorsqu’à la fin des travaux à huis clos, les invités et les participants ont été priés d’entrer en salle pour la cérémonie de clôture. Et c’est un Bassière visiblement soulagé qui a fait dans l’improvisation, après avoir prévenu qu’il n’a pas préparé de discours. Raison invoquée : « En venant, je ne savais pas ce qui allait se passer ». La fusion du FFS dans l’UPS, et du même coup sa dissolution, ont été votées à 81 voix pour, 1 abstention et 0 contre. Et le député Nestor Bassière de conclure : « Ceux qui pensent qu’un parti se résume à un individu savent aujourd’hui qu’ils ont tort. Dès demain matin, nous déposons les conclusions de nos travaux au ministère concerné. A partir de maintenant, plus personne ne peut parler au nom du FFS ».

Issa K. Barry

L’Observateur Paalga du 5 mai 2008



05/05/2008
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