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Hôpital Yalgado : "Personne n'entre, personne ne sort"

Hôpital Yalgado

"Personne n'entre, personne ne sort"

 

L’accès à l’hôpital Yalgado Ouédraogo était quasi impossible le 26 avril 2007. Le Syndicat national des travailleurs de la santé animale et humaine (SYNTSHA) a bloqué les portes d’entrée. C’est le résultat d’un mouvement de protestation contre le silence que la direction de l’hôpital oppose à sa plateforme revendicative. Un préavis de grève a été déposé pour les 2, 3 et 4 mai 2007.

 

Ce 26 avril, difficile de se frayer un passage dans le barrage humain formé par les syndicalistes regroupés derrière leur secrétaire général, Pissyamba Ouédraogo. Derrière la barrière de sécurité, sont systématiquement refoulés visiteurs, malades, certains collègues surpris par le mot d’ordre et même les ambulances des sapeurs-pompiers. Dans leur blouse blanche, bleue ou verte, les grévistes expliquent qu’ils en sont arrivés à cette extrémité pour se faire entendre.

La dernière revendication en date est la désignation d’un représentant des travailleurs au conseil d’administration de l’hôpital. Il exige l’annulation pure et simple du décret nommant le représentant des travailleurs pour non- respect des textes pour l’élection dudit représentant. Au-delà de cette manifestation, le SYNTSHA dénonce le silence des autorités face à ses revendications. « On ne nous écoute pas, on est à la recherche d’interlocuteur.» Depuis février 2007, le syndicat dit avoir adressé une correspondance restée sans réponse à la direction de l’hôpital. Un sit-in avait alors été organisé du 10 au 13 avril 2007 pour demander l’examen de cette plateforme revendicative. Un autre préavis a ensuite été déposé pour le sit-in en cours (du 25 au 27 avril 2007). C’est au deuxième jour de ce sit-in que le blocage des entrées de l’hôpital a eu lieu. Le mouvement d'humeur a été suspendu autour de 10 h. Mais la tension demeure vive.

Pissyamba Ouédraogo ne comprend : «Devons- nous contraindre le gouvernement à appliquer la loi, notamment en ce qui concerne les avancements et les reversements des agents de la santé ?"

Les revendications portent également sur les conditions de travail à l’hôpital. Malgré le désagrément causé dans la matinée, le syndicat a tenu à rassurer les malades que c’était pour eux qu’il luttait afin d’assurer une meilleure prise en charge.

Du côté de la direction de l’hôpital, et en l’absence de la directrice, en mission, le directeur des Ressources humaines (DRH), Sévérin Kéré, a déploré que les services aient été perturbés et qu’on ait refusé l’accès de l’hôpital aux usagers et à des ambulances. L'heure du blocage, une heure de pointe (dans la matinée) a forcément créé des désagréments, qui n'ont pas encore été évalués, selon le DRH.

La suspension intervenue vers 10h, selon M. Kéré, a été suivie d'une rencontre avec le secrétaire général du ministère de la Santé. Les discussions devraient reprendre cet après-midi, à condition que le syndicat suspende le sit-in.

Sur les points de revendication, M Kéré estime que la plupart a été déjà discutée. La plateforme daterait de 3 ans. Concernant les avancements et avec incidence financière, la direction dit être impuissante puisque la trésorerie de l'hôpital ne peut les prendre en charge. C'est une question qui relèverait plus du ministère des Finances et du Budget. Le Budget 2007 devrait, en principe, y faire face.

Sur la question des reversements, une commission (dans laquelle le syndicat serait représenté) a travaillé sur les dossiers et certains sont en cours de traitement.

La suite des événements dépend maintenant de l'attitude du syndicat ce matin. S'il suspend son mouvement, la rencontre avec le secrétaire général aura lieu cet après-midi.

 

Abdoulaye TAO

Le Pays du 27 avril 2007



27/04/2007
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