L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Les enseignantes sont-elles interdites de grossesses ?

DPEBA du Centre-Est

Les enseignantes sont-elles interdites de grossesses ?

 

Le titre assez évocateur de cet écrit pose, entre autres, le problème des enseignantes qui, même mariées légalement, ont des difficultés de rejoindre leur mari dans la capitale. L'auteur s'élève contre cette "séparation de corps" qui peut avoir des conséquences sur le plan social, moral, psychologique et même professionnel.

 

Le MEBA, pour ceux qui ne le savent pas, c'est le ministère, de l'Enseignement de base et de l'Alphabétisation.

Dans ce ministère, le potentiel humain est très considérable, mais depuis un certain nombre d'années la gestion de cette ressource fait beaucoup de remous dans le milieu enseignant. Nous voudrions, par cet article, inviter les autorités dudit ministère à ouvrir l'œil et surtout le bon, pour une meilleure gestion. Pour être plus précis, nous vous évoquerons quelques difficultés vécues par les enseignants dans l'exercice de leur fonction. C'est le cas des affectations arbritaires et des échecs à répétition dans les convenances personnelles. Pour le premier cas (les affectations arbitraires) nous vous citons le cas de la DPEBA du Kourittenga qui, profitant des congés de maternité de certaines enseignantes titulaires de classes, nous disons bien titulaires de classes, fait un redéploiement sans consultation et cela dans les tréfonds de certains départements comme Andemtenga. Ce redéploiement, semble-t-il, servirait à occuper des classes supposées vacantes. Cette mesure, nous la déplorons parce qu'arbitraire et de plus négligeante de certains aspects sociaux, moraux, et psychologiques de ces braves femmes qui, du reste, viennent de traverser joyeusement des risques de mort en donnant naissance. Déracinées de leurs milieux, comment ces enseignantes pourront-elles s'en sortir dans leurs nouveaux milieux, ayant surtout de  nouveau-nés entre les bras et le moral au talon ?

Bien vrai, nous sommes dans un monde où l'émancipation de la femme fait d'elle, un égal de l'homme, mais de grâce, ayons plus de bon sens dans certaines décisions, si vraiment nous voulons escompter de meilleurs résultats. Aussi, comment se fait-il, ou s'est-il fait que ce soit à la fin de tout un trimestre, qu'il faille recourir  à de telles opportunités ? N'est-ce pas là l'un des réels problèmes de la gestion des ressources humaines du MEBA ? En tout cas, nous souhaitons et attendons des solutions au profit des élèves, des parents d'élèves et des enseignants eux-mêmes. Revenant au deuxième cas (les échecs à répétition des convenances personnelles). Il s'agit là des mutations dites nationales où "les enseignants non régionaux" ont la possibilité de se faire affecter d'une région à une autre. Là encore, résident de réelles difficultés. En effet, nombreux sont ceux ou celles qui, chaque année, postulent pour ces affectations, mais ne sont jamais satisfaits. La situation est plus dramatique pour le cas des enseignantes qui ont leur mari dans la région du Centre. Même étant légalement mariées et ayant en charge l'éducation de leurs propres enfants, nombreuses sont celles qui peuvent facilement faire 4 ans, 5 ans, voire même dix ans sans rejoindre leur mari  au Centre. Au regard de cette séparation de corps aux lourdes conséquences sur le plan social, moral, psychologique, et professionnel, nous fustigeons de telles insuffisances et souhaitons que la question soit traitée avec beaucoup de diligence auprès des autorités du MEBA. Puissent les mêmes autorités nous résoudre la question des convenances personnelles pour que beaucoup ne se retrouvent plus insatisfaites pour l'accès au Kadiogo, alors que des dizaines de classes vaquent sans maîtres dans les départements comme (Komki-Ipala, Tanghin-Dassouri, Komsilga, Pabré, Saaba etc...)

Pour le cas actuel du Kourittenga, nous profitons de l'occasion pour interpeller l'ensemble des syndicats, en particulier le SNEA/B, car beaucoup de leurs membres sont victimes.

 

K.H.A.

L’Observateur Paalga du 9 janvier 2008



09/01/2008
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