L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Les généraux Mangou et Bakayoko font l’état des lieux

 Regroupement des ex-combattants en RCI

Les généraux Mangou et Bakayoko font  l’état des lieux

 

Le représentant spécial du facilitateur en Côte d’Ivoire, monsieur Boureima Badini, a présidé le vendredi 18 janvier, au Centre de Commandement Intégré de Yamoussokro, la réunion d’évaluation  du processus de regroupement des ex-combattants des forces armées des forces nouvelles (FAFN) et des forces de défense et de sécurité (FDS).

Cette rencontre, qui a regroupé la haute hiérarchie militaire des deux armées, a permis aux généraux Philippe Mangou, chef d’état-major général des Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire (FANCI), et Soumaïla Bakayoko des Forces armées des Forces nouvelles (FAFN) de faire le point sur l’opération de regroupement de leurs hommes dans leurs zones respectives, trois semaines après le lancement officiel de la cérémonie de démantèlement de la ligne de front, précisément le 22 décembre 2007 à Tiébissou et à Djébonoua.

 

C’est après un long huis clos de près de deux heures d’horloge entre monsieur Boureima Badini, le RSF, les généraux des forces impartiales, El hadj Mouhamadou, commandant adjoint des forces de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), Clément Bolee, commandant des forces françaises Licorne,  et les deux chefs d’état-major ivoiriens,  Mangou et Bakayoko, que les hommes de médias ont eu droit à leur habituelle conférence de presse, présidée par le représentant spécial du facilitateur.

Le général Philippe Mangou a indiqué qu’au niveau des Forces de défense et de sécurité, le processus de regroupement est bien avancé en dépit de quelques petites difficultés. Selon lui, les ex-combattants des forces loyalistes  ont déjà été regroupés sur leurs sites d’accueil à Abengourou pour la  région Est, à Yamoussokro et Daokro pour le Centre, à Daloa pour le Centre-Ouest et sur les trois sites du gouvernorat militaire. La dernière étape de l’opération de regroupement dans sa zone aura lieu au Sud-Ouest, où ses hommes rejoindront les sites de San Pédro le 24 janvier 2008. Officiellement, le Général Mangou aura fini de regrouper ses combattants au plus tard à cette date.

Au total, ce sont 12 000 éléments des Forces de sécurité et de défense qui sont concernés par cette opération de regroupement. Ces ex-combattants, après une opération de profilage, seront, soit reversés au service civique, soit remis au Programme national de réinsertion et de réhabilitation communautaire (PNRRC) pour être réintégrés dans la vie socio-professionnelle selon leur choix ou tout simplement, pour ceux qui remplissent les conditions, retenus par le Centre de commandement intégré (CCI) dans la nouvelle armée unifiée. Solidarité de corps faisant, le Général Mangou a reconnu : «Le problème au niveau de mon frère d’armes le Général Soumaïla Bakayoko est beaucoup plus complexe», avant d’ajouter que dans leur détermination et leur volonté commune d'asseoir les bases de la nouvelle armée ivoirienne, deux commissions mixtes ont été créées : la première, dite «de planification», se penche sur les question liées aux grandes étapes du plan national de regroupement, et la seconde «de sélection», travaille, en collaboration avec des médecins, aux choix des quelque 5 000 combattants des forces nouvelles qui intégreront cette nouvelle armée nationale.

Du côté des Forces armées des Forces nouvelles, les choses ne semblent pas bien aller comme dans la zone sud comme le stipule l’article 1 de l’accord complémentaire à l’Accord politique de Ouagadougou. Or, selon le Général commandant des FAFN, Soumaïla Bakayoko, ce sont au total 37 000 ex-combattants qui sont concernés par l’opération. Le général Bakayoko précise qu’il lui faut au moins trois mois pour  regrouper ses hommes. A propos du retard constaté de regroupement des ex-combattants de ses zones «Centre- Nord et Ouest», il a évoqué le manque de moyens matériels et financiers (insuffisance et inadaptation des sites d’accueil, allocation forfaitaire, prime alimentaire, capacité de réinsertion qui doit être réelle, avérée et rapide, soutien des partenaires, mesures pour crédibiliser et sécuriser le processus, par une vaste campagne de sensibilisation et d’information accrue des ex-combattants sur le bien-fondé du regroupement et, enfin, large adhésion des populations).

Evoquant la répartition des 37 000 éléments, le Général Bakayoko a affirmé que 5 000 d'entre eux seraient reversés dans la nouvelle armée, 4 000 iraient à la police et à la gendarmerie où 6 000 ont déjà eu une formation, 8 150 ex-combattants rejoindraient le Programme national de réinsertion et de réhabilitation communautaire (PNRRC) pour une réinsertion dans la vie socio-professionnelle, en fonction de leur choix ; (la GTZ se propose déjà de prendre en compte 600 personnes).

Quant au 20 000 autres restants, ils seront proposés au service civique. Le général Bakayoko s’inquiète toutefois du fait que le service civique, tel que conçu, ne peut être opérationnel que dans six mois. Il a, en dépit de toutes les difficultés,  réaffirmé la détermination et la ferme volonté des FAFN d'aller jusqu’au bout du processus, conformément au troisième accord complémentaire de Ouagadougou, avec l’espoir de l’appui et du soutien du gouvernement et de Philippe Mangou ; appui sans lequel il sera difficile, selon lui, de réaliser cette opération décisive et déterminante du processus du DDR (Démobilisation, Désarmement et Réinsertion).

A la fin de la conférence de presse, le représentant spécial du facilitateur, Boureima Badini, a donné l’assurance que le retard dans l’opération de regroupement n’entraverait en rien le déroulement harmonieux du regroupement et de l’élection présidentielle, prévue pour juin prochain.

«L’essentiel, pour la Côte d’Ivoire, c’est de résoudre une bonne fois pour toutes le problème identitaire, à l’origine de la crise. Il ne sert à rien de précipiter les choses…», a-t-il rappelé, avant de demander la collaboration de tous les Ivoiriens et surtout de la presse pour travailler dans le sens de l’aboutissement heureux du processus de sortie de crise en Côte d’Ivoire.

 

Le service presse et communication

du Représentant spécial du facilitateur

            du dialogue interivoirien à Abidjan

L’Observateur Paalga du 22 janvier 2008



22/01/2008
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