L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Les impressions de représentants de partis politiques

Législatives 2007

Les impressions de représentants de partis politiques

 

Des représentants de partis politiques apprécient, dans les lignes qui suivent, les résultats proclamés par la CENI. Il s’agit de ceux de l’ADF/RDA, de l’UNIR/MS,  de la CFD/B, de l’Union des partis sankariste (UPS), du CDP et de l’ODT, un des nombreux partis sortis bredouilles de ces législatives, mais qui ne s’est pas gêné à faire le déplacement à la salle des Banquets de Ouaga 2000.

 

• Belem Sidiki, responsable à l’organisation de l’ADF/RDA, élu : “Oui, j’ai brandi une arme dans un bureau de vote; et si c'était à refaire, je le referais”

 

Nous assumons les résultats, mais nous disons qu’ils sont loin de la réalité du terrain. Parce que si les électeurs avaient eu la possibilité de s’exprimer, si les règles du jeu sur le terrain étaient suivies, notre parti aurait eu un résultat meilleur que celui-là. On nous a accusé d’avoir voulu semer des troubles dans le Yatenga. Un vieux me disait qu’il n’aime pas les communistes, mais les admire. Et nos adversaires sont de véritables communistes. Ils ont de ces montages que vous pouvez prendre pour argent comptant si vous n’y faites pas attention alors qu’ils sont à la base de tout. Entre nous, on sait qui est trouble-fête et qui est capable de faire ce qu’ils disent.

Je suis allé dans un bureau de vote pour voir le déroulement des opérations. Lorsque j’ai voulu avoir un certain nombre d’informations, le président dudit bureau, non content de refuser de me renseigner en me disant qu’il fait ce qu’il veut,  a appelé des gens du CDP pour leur dire qu’il y a quelqu’un qui est venu l’emmerder. En ma qualité de candidat, j’ai le droit de faire des observations. C’est de là que sont partis les troubles. Le matin même des élections, ils ont frappé deux de mes militants. Et certains criaient déjà qu’il faut m’abattre. Non ! Ce n’est pas à moi qu’on dira qu’on va abattre le député. Avant qu’on m’abatte, moi j’abattrai quelqu’un. Je suis armé pour ça et si c'était à refaire je le referais.

 

• Ousmane Ouédraogo, chargé de communication de l’UNIR/MS

«Quatre poussins !  Nous nous attendions à plus… »

 

En ce qui nous concerne, pour le moment, ces résultats sont en deçà de nos attentes. Nous pensons qu’au regard des multiples bulletins nuls et des recours en vue, les décisions du Conseil constitutionnel peuvent changer la donne actuelle. Nous avions prévu avoir au moins un nombre suffisant de députés pouvant nous permettre de former un groupe parlementaire propre pour parler d’une même voix à l’Assemblée nationale. Ce n’est pas le cas pour l’instant, mais nous pensons qu’avec une révision du règlement de l’Assemblée nationale, le nombre requis pourrait être revu à la baisse pour que nous puissions former un groupe politique. Par ailleurs, nous n’excluons pas la possibilité de nous retrouver avec nos frères sankaristes de l’UPS.

Pour ce qui est du score réalisé, nous ne nous décourageons pas et nous pensons que si les règles du jeu avaient été respectées, nous aurions pu engranger plus que ce que nous avons actuellement. Des recours sont en vue et vous les connaîtrez lorsque le Conseil constitutionnel fera son appréciation. Ses membres qui sont des éminents juristes, pensons-nous, diront le droit et si le droit est effectivement dit, la configuration actuelle des droits peut changer en notre faveur.

 

• Adam Régis Zougmoré, vice-président de la CFD/B

« Notre adversité avec le CDP est éphémère…»

 

Nous saluons d’abord les hommes de média et toutes les structures qui ont permis un bon déroulement de ce scrutin. Pour notre part, nous ne contestons pas les résultats que la CENI vient de publier. Nous n’avons relevé de cas de fraudes qui puissent nous amener à formuler un recours au niveau du Conseil constitutionnel. A la CFD/B, nous n’avons déposé que 17 listes sur les 45 provinces. Pour s’en être tiré avec trois élus dont un sur la liste nationale, cela veut dire qu’il y a un grand travail qui a été abattu, et nous pouvons estimer être la deuxième force nationale.

Nous avons eu des incompréhensions avec le CDP dans certaines contrées et nous avons très vite travaillé à régler ces différends. Vous savez bien qu’entre nous et le CDP, c’est pratiquement la même famille. Nous sommes des mouvanciers et le CDP est notre chef de file. A ne pas confondre avec le zèle de certains responsables au niveau local et les instructions qui viennent du sommet. Ce n’est donc pas une adversité prolongée entre deux structures qui soutiennent toutes le programme du président Blaise Compaoré.

 

• Nestor Bassière, élu de l’Union des partis sankaristes (UPS) sur la liste du Houet et président du Front des forces sociales«C’est l’Union qui a gagné»

 

Je suis très heureux qu’enfin nous ayons obtenu ce résultat. Nous le mettons au compte de l’Union. Cela est encourageant quand on sait que c’est en moins de quatre mois que les partis membres de l’Union ont travaillé ensemble pour s’en tirer avec deux députés. C’est le moment pour nous de ne pas baisser les bras, de poursuivre l’élan engagé pour que nous puissions gagner plus d’élus aux élections à venir.

 

Jean-Léonard Compaoré, directeur national de la campagne du CDP

«Des partis bavardent à Ouaga ici, mais ils ne remplissent pas un télécentre»

 

On nous accuse d’utiliser les moyens de l’Etat, mais cela n’est pas justifié. De toutes les façons, notre force est aussi fonction de nos responsabilités. Nous n’avons utilisé aucun moyen de l’Etat. Toutefois les responsabilités que les uns et les autres assument au sein de l’Etat sont connues des populations. On ne peut rien à cela. C’est peut-être un avantage certain qu’on ne peut pas ignorer. Mais ce n’est pas suffisant. Nous avons vu des partis qui ont eu des sièges dans certaines provinces alors qu’ils n’assument pas des responsabilités d’Etat. Ils le doivent à leur propre charisme. Il y a aussi des endroits où des camarades du CDP, responsables au sein de l’Etat, des ministres et autres, sont battus dans leur propre circonscription, soit en nombre de voix ou en nombre de sièges. Cela ne peut pas vraiment jouer, même s’il y a des avantages souvent liés à la fonction.

73 députés sur 111, notre score n’est pas stalinien. Il y a d’ailleurs longtemps que Staline est mort et il n’est pas Burkinabè. Nous sommes au Burkina et ce sont nos réalités. Si vous allez dans tous les hameaux du pays, le CDP est présent. Vous avez des partis qui bavardent à Ouaga ici alors qu’ils ne remplissent même pas un télécentre, mais ils font beaucoup de bruit. Ils écrivent dans les journaux, ils parlent à la radio et à la télé. Mais le CDP est effectivement implanté partout. 73 députés sur 111, cela traduit réellement notre force sur le terrain. Il n’y a qu’à considérer les résultats des scrutins depuis 2005 à maintenant ; notre parti est resté constant dans les suffrages.

 

Moïse Sawadogo, président de l’ODT

 

Nous n’avons eu aucun élu et c’est un peu décevant. C’est la première fois que l’ODT (parti se réclamant de la mouvance) va à des élections législatives. Nous étions au Bam, les Balé et le Kadiogo. Nous avons eu 4000 voix et c’est encourageant. Pour nous, les résultats sont clairs et nous disons merci à la CENI.

 

Propos recueillis par

Hamidou Ouédraogo

&

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana

L’Observateur Paalga du 14 mai 2007



14/05/2007
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