L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Les Ohnpo refusent de boire le Gin de la paix

Réconciliation entre Ivoiriens et Burkinabè à Tabou

Les Ohnpo refusent de boire le Gin de la paix

 

Outre son conseiller technique, le Dr Kouassi Edouard N’Goran, le ministre de la Réconciliation nationale et des Relations avec les institutions était représenté lors du festival par la directrice de Programmes de communication interinstitutionnelle renforcée (DPCIR), Brigitte Porquet. Dans le hall de l’hôtel Mont Korhogo, dans la matinée du samedi 26 janvier dernier, elle s’est ouverte à la presse burkinabè des initiatives prises par le département en charge de la Réconciliation nationale, notamment à Tabou où la tribu des Ohnpo ne veut toujours pas fumer le calumet de la paix avec la communauté burkinabè.

 

Le ministre de la Réconciliation nationale, Sébastien Danon Djé Djé, a donc du pain sur la planche. Avec les conséquences de la crise ivoirienne, qui ont, par moments, exacerbé les tensions entre les différentes communautés, Djé Déjé et ses collaborateurs ont la lourde mission de recoller les morceaux, de briser le mur de méfiance. Il s’agit de bâtir une Côte d’Ivoire nouvelle, paisible. Sur le terrain, c’est un véritable travail de fourmi qui se mène, selon la directrice de Programmes de communication, Brigitte Porquet, car l’approche des différentes communautés a été éprouvante. «Vous pouvez vous déplacer et la population vous fait attendre une journée entière sans vous recevoir. Personne n’était prêt à se réconcilier avec l’autre», confie-t-elle. En dépit de cela, elle a assuré que la machine de la réconciliation est en marche et les résultats déjà obtenus encourageants. A cet effet, des comités locaux et départementaux de réconciliation ont été installés depuis 2005, 2006, 2007. Ils sont composés, indique-t-elle, des chefs traditionnels ivoiriens et de ceux de la CEDEAO, de jeunes, de femmes (des différentes communautés), de religieux, d’enseignants ; ces structures, présidées par les préfets, sont chargées d’assurer le relais sur le terrain pour éviter de nouveaux problèmes et d’en rendre compte au ministère. Brigitte Porquet a laissé entendre, qu’avec l’appui de la GTZ à hauteur de 3 milliards de FCFA, la première année du programme «Paix et développement» en 2007 a consisté à mettre en confiance les communautés résidentes à travers des actions de cohésion (sport, culture, etc.). Et a ajouté qu’en 2008, le programme financera des projets (plantations, etc.) des populations qui lui seront soumis. Les financements seront gérés par la coopération allemande elle-même, avec droit de regard du ministère. Sur ce point, elle a relevé que de nombreuses personnes avaient regagné leurs plantations.

 

Le Gin de la paix ne passe pas

 

Dans les échanges avec les journalistes, le problème de Tabou est revenu sur le tapis, puisqu’une communauté refuserait jusqu’à présent toute réconciliation avec celle venue du Burkina. En effet, malgré la dizaine de bœufs et la centaine de bouteilles de Gin de la communauté burkinabè offerts aux ohnpo, en guise de paix, ceux-ci ont catégoriquement dit leur opposition à toute réconciliation. Pour la DPCIR, sur 11 tribus vivant dans cette région, 10 ont accepté d’aller à la paix alors qu’une seule, à savoir les Ohnpo, reste en marge du processus. Et il a lâché : «J’ai l’impression qu’ils ont voulu au début qu’on leur fasse la cour ; quand les autres ont accepté, ils ont dit que c’est un ohnpo qui a été tué ; donc en principe ils voulaient être au devant de la scène ; on a tous essayé de les raisonner, ils ont refusé. On leur a proposé des choses, qu’ils ont rejetées ; le ministère y a envoyé une délégation, qui est revenue bredouille. Ils attendent que le ministère revienne vers eux. On le fera et, soyez rassurés, on viendra à bout des Ohnpo. Je sais de quoi je parle, on n’est pas loin d’un résultat». Outre ce problème, le département en charge de la Réconciliation a dû tenir un langage de vérité à la population ivoirienne, notamment aux jeunes. Selon Brigitte Porquet, il est inconcevable que ses compatriotes n’aillent pas dans les champs alors qu’ils empêchent les autres, notamment aux Burkinabè, d’y aller. Un message qui a choqué plus d’un et amené de nombreuses communautés à mettre de l’eau dans leur vin.

Pour elle, il est difficile de construire, mais rien n’est impossible.

 

Cyr Payim Ouédraogo

L’Observateur Paalga du 13 février 2008



13/02/2008
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