L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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"Me Sankara avait vu juste" sur la Crise ivoirienne

Crise ivoirienne

"Me Sankara avait vu juste"


La Fédération UNIR/MS du Sanmatenga rappelle, dans la déclaration ci-dessous, les propositions de Me Bénéwendé Sankara, sur la crise ivoirienne. Pour elle, il avait vu juste, puisque l'Accord de Ouaga le confirme.


Me Bénéwendé Sankara, le premier à orienter les différents acteurs de la crise ivoirienne en leur proposant la route du palais de Kossyam, a-t-il été incompris, ou les acteurs avaient-ils oublié qu’il incarnait une valeur révolutionnaire, une force de proposition qui résiste au temps ? "Ceux qui aiment leur peuple aiment les autres peuples".

Aujourd’hui, Me Bénéwendé Sankara doit se réjouir d’avoir su, contre vents et marées, avec des contraintes de tous genres, sans crainte et peur pour sa vie, orienter le président Blaise Compaoré dans la crise présumée « ivoiro-ivoirienne ». Loin de nous l’idée de jeter de l’huile sur du feu, ou de vouloir rallumer le feu ; le peuple burkinabé ne doit pas avoir la mémoire courte. Cela pourrait constituer un danger pour l’histoire de notre pays. En rappel, Son Excellence M. Blaise Compaoré, président des Burkinabè, magistrat suprême, président du conseil des ministres, lors d’une interview sur la crise ivoirienne déclarait ceci : "Laurent Gbagbo doit être traduit au TPI…" Un pays comme le nôtre, qui a plus de 4 000 000 de ressortissants, ne devrait pas tenir de tels propos. Après cette déclaration médiatique et médiatisée, la colère a augmenté entre Ivoiriens et Burkinabè. Des tueries par-ci, des souffrances par-là, et notre peuple en a souffert et en porte toujours les cicatrices. Par manque de courage, les autorités de notre pays se sont créé une opération dénommée "Opération Bayiri" qui s’est ajoutée à "l’Opération bol de riz", "Opération saaga" …

Avec courage et patriotisme assorti d’un amour incommensurable pour son peuple d’ici et d’ailleurs, où que ce soit dans ce monde, Me Bénéwendé répliquait à M. Blaise Compaoré, en ces termes : "De tels propos en période de crise sont nuisibles pour ceux qui y résident. D’ailleurs, Blaise et Gbagbo doivent tous répondre devant le TPI …"

 

Silence radio des marcheurs

 

Les moins avertis pensaient que Me Bénéwendé ne savait pas ce qui l’attendait et pire, trouvaient en lui un apatride, quelqu’un qui abandonnait la famille en pleine crise pour cajoler l’ennemi. La suite, nous l’avons connue. A l’image du régime dont son socle démocratique repose sur le sang de Thomas Sankara, Me Sankara est attaqué, avec au programme de saccager sa maison, brûler sa voiture, et enfin lui faire subir le sort de Thomas Sankara.

A Ouagadougou comme dans les provinces, les "ABC, Tanties, Tontons, Homos, association" sont sortis, pour crier à travers les artères des villes qu’ils soutiennent Blaise Compaoré. Rien d’étonnant pour nous qui sommes sous la lumière. Nous savons que chaque jour qui passe constitue une victoire pour le peuple. Aujourd’hui, quel constat pouvons-nous faire ? Après avoir fait marcher les gens, crier à hue et dia sur M. Bénéwendé, les autorités de cette quatrième république reviennent sur la proposition de Me Bénéwendé Sankara. "Les rebelles sont partis de Ouaga, et c’est de Ouaga qu’ils déposeront leurs armes". Quelle prophétie ? Le mensonge a beau courir, la vérité le rattrape en un seul jour. Burkinabè et Ivoiriens sont aujourd’hui unanimes qu’il faut l’Accord de Ouaga.

 

On aurait gagné du temps en écoutant Me Sankara

 

Si on avait écouté Me Bénéwendé Sankara, analysé ses opinions et non sa personne, on n'aurait pas perdu trop de temps dans cette crise. Notre question est de savoir aujourd’hui ce que pense ce comité de marcheurs ? Me Bénéwendé est-il mauvais pour avoir su tôt qu’il faut l’Accord de Ouaga pour ramener la paix en Côte d’Ivoire ? Est-il toujours apatride ? Nous avons honte de constater un silence radio sur ces questions ; pire, les marcheurs pour l’impunité veulent encore nous faire croire que Blaise, c’est la paix. Nous ne sommes pas contre ses marcheurs s’ils s’étaient limités à leur simple programme : "Le ventre de la terre s’est éclaté ; il faut en profiter". Non, mais c’est de vouloir penser que ceux qui ne suivent pas le bourdonnement de leur ventre, qui ne connaissent que seulement les besoins de l’estomac et du canal du tube digestif sont apatrides. Non, en son temps, des députés ont été à l’aéroport pour acclamer le chef de l’Etat à son retour ; aujourd’hui nous connaissons leur plan : "être ministre". Vu les stratagèmes adoptés par les marcheurs et leurs initiateurs pour parvenir à leurs postes de ministre, préfet, haut-commissaire, député, gouverneur, directeur, le peuple doit être sûr d’une chose et pour de bon : "servir Blaise et non le peuple".

Sinon, comment comprendre qu’après une saison pluvieuse médiocre, des inondations, les autorités décident de fêter l’indépendance à sa 47e année, à coût de 500 millions de F CFA. Devant cette décision de fêter, des étudiants sont sans amphi où prendre leurs cours, des enfants meurent dans des campagnes et dans nos hôpitaux de paludisme. Mais, le credo c’est de servir un individu et non le peuple, renonçant au slogan d’antan :"Vivre avec les masses, vaincre avec les masses". Nous n’avions pas pour ambition de tout dire, mais juste rappeler aux uns et aux autres une histoire présente, souhaiter qu’il y ait toujours la paix dans nos coeurs et dans nos esprits, que la voie proposée par Me Bénéwendé Sankara, et empruntée par Blaise Compaoré, puisse faire sortir les Ivoiriens de leur crise dont nous Burkinabè continuons de souffrir dans nos familles. Au camarade Bénéwendé de comprendre, que même dans les moments difficiles, il doit toujours faire référence au programme alternatif sankariste :"Pas un pas sans le peuple" ; d’avoir toujours le courage de proposer. Si votre proposition avait été acceptée dès les premiers instants, les différents chefs d’Etat africains n’utiliseraient pas l’argent du contribuable pour se retrouver à Marcoussis, Kléber, Afrique du Sud, Ghana…

A l’image de Thomas qui a versé son sang pour son pays, continuez toujours à défendre les veuves et les orphelins, les pauvres, car ils sont plus nombreux et sont du peuple réel, même s’il faut votre goutte de sang pour parfaire la démocratie au Burkina Faso, donnez-la. Nous en ferons autant car Norbert Zongo disait :"Un homme doit toujours savoir affronter son destin. Ce qu’il porte dans son caleçon n’est que le symbole de ce devoir."

 

Pour la Fédération du Sanmatenga

Samdpawendé OUEDRAOGO

Le Pays du 7 janvier 2008



07/01/2008
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