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Mali : La fin d'une démocratie sans opposition

Présidentielle malienne

La fin d'une démocratie sans opposition

 

Comme bien d'autres l'ont fait avant lui, Amadou Toumani Touré (ATT), le président malien, est candidat à sa propre succession, à l'élection présidentielle qui se tiendra le mois prochain. Il l'a lui-même annoncé mardi dernier à Nioro, localité située à 500 km au nord-ouest de Bamako. "Je suis résolu à me présenter à l'élection présidentielle d'avril 2007". C'est la substance du discours qu'ATT a tenu à ses compatriotes, à l'occasion de l'inauguration de la route Nioro-Diéma, longue d'environ 100 km. Le premier tour de la présidentielle au Mali est prévu pour le 29 avril 2007 et ATT promet à ses concitoyens, très prochainement, une lettre sur le sens de sa candidature.

 

Amadou Toumani Touré qui entend briguer un second mandat dirige l'Etat malien depuis 2002, après son élection au second tour de l'élection présidentielle. Avant cela, ATT avait exercé le pouvoir transitoire après la chute du régime dictatorial de Moussa Traoré, ce, de mars 1991 à mai 1992.

 

Celui que les Maliens surnomme le "soldat de la démocratie" a le soutien de l'Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA), l'ancien parti au pouvoir.

Près de 6 884 524 maliens, répartis dans 20 278 bureaux de vote disséminés à travers les 703 communes que compte le Mali, pourraient donc lui renouveler leur confiance pour un second et dernier mandat à la tête du pays pour cinq ans.

 

ATT dès son arrivée aux affaires a travaillé à créer une politique de consensus national dont se gaussaient certains observateurs et qui malheureusement est aujourd'hui tombée en désuétude. Actuellement au Mali, on constate deux blocs antagonistes dont un en faveur du président sortant.

 

Le premier bloc qui compose l'échiquier politique est l'Alliance pour la démocratie et le progrès ; elle comprend le Mouvement citoyen, regroupant plusieurs associations acquises à la cause d'ATT, une trentaine de partis dont l'ADEMA, la Convention de la nouvelle initiative démocratique (CNID de Me Mountaga Tall, premier vice-président de l'Assemblée nationale) et le Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR de Choguel Maïga, ministre de l'Industrie et du Commerce).

 

Le second bloc politique est le Front pour la démocratie et la république (FDR) regroupant, lui, seize partis dont le RPM d'Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK) ; ex-premier ministre d'Alpha Oumar Konaré et actuel président de l'Assemblée nationale, le parti de la renaissance nationale (PARENA de Tiébilé Dramé, ancien ministre des Affaires étrangères d'ATT durant la transition), la Convention de la démocratie sociale (CDS de Blaise Sangaré).

 

Avec au total 103 partis et la constitution de ces deux blocs, il faut dire que la présidentielle malienne d'avril prochain sonne la fin de la démocratie consensuelle d'ATT, avec l'entrée en scène de grands ténors politiques comme IBK, principal challenger du président sortant.

 

Avec donc la fin de la politique de consensus national, dont l'objectif était la suppression des clivages idéologiques au profit du développement, le jeu politique est relancé au Mali et le futur locataire du palais de Koulouba devrait forcément en tenir compte.

 

D. Evariste Ouédraogo

L'Observateur Paalga du 29 mars 2007



29/03/2007
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