L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Manifestation contre la cherté de la vie à Banfora

Banfora 

Manifestation contre la cherté de la vie

 

Après la ville de Sya le 20 février 2008, la cité du paysan noir, Banfora, a connu le lendemain des mouvements sociaux à l'occasion des manifestations contre la vie chère. Ce 21 février, alors que les autorités étaient dans la capitale, les forces de sécurité et les manifestants se sont heurtés jusqu'à la mi-journée avec échanges de jets de pierres et de gaz  lacrymogène.

 

Aux environs de 8h, les commerçants ont dû refermer boutiques, à commencer par ceux du nouveau marché. Ils étaient là, visiblement sans trop savoir quelle option envisager. La rumeur disait que les services de contrôle des impôts étaient sur le terrain. La panique, au regard des événements de Bobo-Dioulasso, se lisait sur les visages. L’Administration, quant à elle, a commencé à fermer ses portes, dont la Préfecture et le Haut-Commissariat. Les forces de l’ordre, elles, sont restées discrètes tout en observant la situation.

Les biens de l’Etat, qui sont généralement la principale cible dans ces genres de situation, ont été mis en lieu sûr, notamment les véhicules. Des services comme les Impôts, les Domaines et le Trésor ont aussi pris les devants en fermant simplement leurs portes. Après la fermeture, les commerçants sont restés indécis avec un long attroupement au niveau de la station Shell de la ville. Les responsables appelaient leurs "éléments" au calme. Et cela a duré plus de 2h.

C’est à 10h51mn que les choses ont pris la tournure redoutée, avec l’entrée en scène d’un groupe de petits enfants armés de gourdins. Ceux-ci, aperçus du côté de la gare de transport Rakiéta, rallieront la station Shell où attendaient commerçants, mécaniciens, charretiers et autres contribuables très remontés contre la flambée des taxes. Le désordre s’installe et, coïncidant avec la sortie des classes à 11h, le mouvement dégénère. Les forces de l’ordre sont obligées de sortir de leurs casernes. La première cible des émeutiers a été le gouvernorat. Mais là, ils trouveront en face les forces de l’ordre et c’était parti pour les provocations.

En effet, les forces de sécurité ont essuyé les jets de pierres. Acculées,  ces dernières feront usage de gaz lacrymogène à partir de 11h13mn afin de tenir à distance les manifestants. Sans démordre, ceux-ci ont tenu le coup jusqu’à midi, où nous avons quitté les lieux. La gendarmerie, qui était visible au niveau du marché central, attendait du renfort de la police, laquelle était, dit-on, sur un autre front.

Si le mouvement n’avait pas encore gagné la ville, circonscrit à la zone commerciale, il était difficile de tirer un bilan. Les dégâts n’étaient pas perceptibles et les commerçants visiblement n’ont pas pris activement part aux manifestations. Les plus visibles étaient des badauds et des élèves. Selon des sources proches des responsables des commerçants, ils n’ont pas donné de mot d’ordre. C’est une manifestation spontanée par solidarité avec leurs homologues de Sya.

Selon les mêmes sources, même s’ils ont reçu le mot d’ordre de grève de Sya pour le 20 février dernier, ils n’ont pas voulu le suivre. Car, disent–elles, des concertations étaient en cours avec le service des Impôts. Les commerçants ont vu leur imposition doublées voire triplées pour certains, à travers leurs responsables, ils auraient fermement exigé la reconduction  des anciennes taxes. Une position qui était en cour d’analyse au niveau des services habilités de la cité du paysan noir, ont soutenu nos sources.

 

Luc Ouattara

L’Observateur Paalga du 22 février 2008



22/02/2008
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