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Maraîchage dans la cour de l'ENSP : Les occupants refusent le déguerpissement

MARAICHAGE DANS LA COUR DE L'ENSP

Les occupants refusent le déguerpissement

La zone de maraîchage située dans la cour de l'ENSP est, aujourd'hui, devenue un espace litigieux. Une cinquantaine de personnes atteintes de la lèpre qui occupent les lieux, pour des travaux maraîchers, doivent abandonner le site au profit de la construction d'un bâtiment de l'ENSP. Les deux parties ne parlent pas visiblement le même langage.

La coordination des maraîchers lépreux est confrontée à un problème de déguerpissement. Ils sont venus nous exposer leurs préoccupations sur le sujet. Depuis les années 50, ils occupent un espace cultural où ils pratiquent le jardinage, dans la cour de l'Ecole nationale de santé publique, située à Paspanga. Le Projet de jardinage de six hectares a vu le jour grâce à Raoul Follereau. Ledit projet visait à rendre les lépreux indépendants sur le plan économique. Mieux, le jardinage était une sorte de réponse à la question de mendicité. C'est ainsi que les lépreux se sont installés et ont travaillé en tout temps pour surmonter un tant soit peu les contradictions primaires. Avec les produits maraîchers, ils parviennent à vivre dignement. Aujourd'hui, il est question de récupération du site de jardinage par l'Ecole nationale de santé publique du ministère de la Santé: d'où un abandon des lieux. La raison de ce déguerpissement est liée au fait que l'ENSP doit ouvrir de nouvelles filières de formation dès la rentrée 2007-2008. De ce fait, la construction d'un bâtiment sur l'espace occupé par les lépreux s'impose, selon la correspondance du directeur général de l'ENSP, le Pr. Adama Traoré, adressée aux occupants du site. Informés de la situation, les occupants de l'espace ont suggéré aux responsables de l'ENSP, des mesures d'accompagnement. Les lépreux ont proposé un site d'accueil bien aménagé, des logements, un dispensaire, des forages, des puits, etc. Par contre, les responsables de l'ENSP ne l'entendent pas de cette oreille, selon la coordination des jardiniers lépreux, particulièrement leurs porte-parole Adama Samaké et Rasmané Compaoré. Selon eux, le délai du déguerpissement est prévu ce 1er août. Et, la partie ENSP a balayé du revers de la main toutes leurs propositions. Les futures victimes se demandent quel sera leur sort après le déguerpissement. "Rien sauf la rue", répondent-ils. Par contre, ils ne veulent pas mendier. Tout sauf cette triste réalité. De plus, ils ont attesté que "le pire, c'est que nous ne sommes pas consultés, directement. Il n'existe pas un cadre de négociation entre nous. Tout se limite à l'information". Les lépreux, selon leurs porte-parole disent qu'ils sont prêts à laisser leur peau dans ce litige. Sans un autre site d'accueil, ils sont déterminés à la résistance quelle que soit la forme de coercition. Face à cette problématique, ils lancent un appel au président du Faso afin qu'il puisse être à l'écoute. Mieux, qu'il les soutienne dans l'obtention d'un nouveau site d'accueil. Parce qu'ils ont des charges sociales et familiales. Pire, ils refusent la mendicité.

Par Issiaka KABORE (stagiaire)

Le Pays du 2 août 2007



02/08/2007
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