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Médicaments de la rue : Les enfants, premières victimes

Médicaments de la rue

Les enfants, premières victimes

 

«Les médicaments de la rue, ça tue», ne cesse-t-on de répéter. Depuis cinq ans, l’ordre national des pharmaciens du Burkina, le syndicat national des pharmaciens du Burkina, la centrale d’achat des médicaments génériques s’activent pour combattre la vente des médicaments illicites. Le 05 juillet 2007, ils étaient à Ouahigouya dans le cadre d’une journée de sensibilisation à ce fléau, auquel sont sutout exposés les enfants.

 

‘’Gros bébé’’, ‘’la vieille mère joue ballon’’, ‘’super appétit’’, ‘’4 coups sur place’’ ; les qualificatifs ne manquent pas pour qualifier ces médicaments illicitement vendus, véritables menaces pour la santé publique. Les conséquences de la consommation des médicaments de la rue sur la santé des populations sont indénombrables : résistances aux antibiotiques et aux antipaludiques, intoxications, destruction du foie, du cœur et des reins. La circulation de ces produits et celle des amphétamines et autres drogues vont de pair.

Plus grave,  les enfants utilisés le plus souvent pour la vente de ces médicaments obscurs en sont les premières victimes. C’est pourquoi à Ouahigouya, la journée de sensibilisation a été placée sous le thème «Médicaments de la rue et protection des enfants». Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le marché des médicaments illicites dans certains pays représente 60% des volumes des produits pharmaceutiques vendus. «Pour être commercialisé au Burkina, le médicament doit obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM) délivrée par l’autorité compétente, qui est le ministère de la Santé», a déclaré le ministre d’Etat, ministre de la Santé, Alain Yoda.

Le code de la santé publique, en son article 183, fait «interdiction à toute personne, même munie du diplôme de pharmacien, d’entretenir tout débit, étalage ou distribution de médicaments sur la voie publique, dans les foires ou marchés». Malgré la prise de ces dispositions, le fléau a toujours la peau dure. Au moment où on attirait l'attention du public à la place de la nation de Ouahigouya sur les maux que suscitent ces produits hors normes, certains marchands les vendaient à quelques pas du lieu de sensibilisation en plein cœur du grand marché de la ville sans se soucier de rien.

«Je voudrais rappeler que la répression n’est pas une prérogative du pharmacien, mais de la puissance publique qui est l’Etat», a relevé la présidente de l’Ordre national des pharmaciens du Burkina, Victoire Bénao. Le choix du ministre comme parrain  de la cérémonie  est loin d’être un fait du hasard. «C’est l’occasion pour nous d’attirer l’attention des autorités sur l’exploitation des enfants, et de souhaiter des prises de mesures énergiques de répression de ce trafic qui, à terme, décimera la jeunesse, avenir de la nation ; vous comprendrez alors, monsieur le ministre de la Justice, pourquoi nous vous avons demandé d’être le parrain de cette journée», a relevé la patronne de l’Ordre national des pharmaciens.

Le ministre de la Justice a effectivement invité sur- le- champ l’ensemble des procureurs  du Faso à veiller à la stricte application de la circulaire n°05-134/MJ/SG/DACPS du 25 mai 2005, relative aux  conditions d’exercice de la profession de pharmaciens au Burkina. "Il nous faut renforcer la répression policière et judiciaire contre les trafiquants tout en renforçant les capacités des autorités de réglementation pharmaceutique", a -t-il proposé.

Pour Alain Yoda, l’engagement de son ministère s’est traduit par la création du plan national de développement sanitaire (PNDS), où il est défini un axe stratégique qui est vise à améliorer la disponibilité des médicaments essentiels de qualité et leur accessibilité.

C’est ce qui explique la mise en place de dépôts MEG dans  la plupart des formations sanitaires. «La lutte contre le marché illicite de médicaments exige une prise de conscience de tous les acteurs et un engagement politique affirmé», a conclu le patron de la santé.

Notons que cette offensive contre les médicaments de la rue à Ouahigouya a été marquée par l'incinération d’une importante quantité de produits nocifs au sortir de la ville.

 

Emery Albert Ouédraogo

L’Observateur Paalga du 12 juillet 2007



11/07/2007
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