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Carnet de santé : Cancer du col de l’utérus

Carnet de santé

 

Cancer du col de l’utérus

Consultation médiatique avec un gynéco

 

Après le cancer des seins, place maintenant à celui du col de l'utérus. Une autre maladie grave pour la femme, causée par un virus, le papillomavirus humain (HPV) identifié comme l'agent responsable. Le Dr Charlemagne Ouédraogo, gynécologue obstétricien qui n'est plus à présenter, donne des détails sur cette pathologie.

 

Qu’est ce que le cancer  du col de l’utérus ?

 

• Le col de l’utérus est l’extrémité inférieure de l’utérus qui relie le corps de l’utérus au vagin. A la jonction de la partie externe du col (exocol) et de la partie interne (endocol), se trouve une zone très fragile. C’est dans cette zone que la plupart des cancers du col de l’utérus se déclenchent.

 

Ce cancer est-il fréquent ?

 

• Le cancer du col semble être le premier cancer  de femme en Afrique. En Europe, notamment en France, il n’occupe pas le premier rang. En 2000, on estimait en France près de 3400 nouveaux cas de cancer du col pour environ 1000 décès,  soit environ 3 décès par jour. Le dépistage a permis de réduire de façon importante le nombre des cas du cancer, mais il représente encore aujourd’hui la deuxième cause de décès chez les femmes de 15 à 44 ans, après le cancer du sein. En Afrique de l’ouest, c’est l’inverse !

 

Qu'est-ce qui est à l'origine du cancer du col de l’utérus ?

 

• Un virus, le papillomavirus humain (HPV), est dans 99,7% des cas à l’origine de ce cancer. Certains types de ce virus, en infectant les cellules de la muqueuse du col de l’utérus, peuvent transformer les cellules saines en cellules anormales, qui pourront évoluer dans un petit nombre de cas, et après une dizaine d’années, en cellules cancéreuses.

 

Y a-t-il des femmes prédisposées à cette maladie ?

 

• Chaque femme peut l’être. En effet, environ 70% de la population sexuellement active sera en contact avec le Papillomavirus Humain pendant sa vie, avec un risque de contamination maximale compris entre 15 et 24 ans. Fort heureusement, la majorité des personnes infectées par ce virus ne développera pas de cancer et seuls certains types de papillomavirus humains sont à l’origine de ce cancer.

 

Comment le papillomavirus humain se transmet-il ?

 

• Le papillomavirus humain est très contagieux et extrêmement répandu, chez les femmes comme chez les hommes. En effet, il peut se transmettre facilement, d’une personne à une autre, par contact intime génital.. En général, une infection à papillomavirus humain ne provoque aucun symptôme apparent et disparaît naturellement, sans traitement en moins d’un an dans 90% des cas.

Cela n’arrive pas qu’aux autres ! il est important que vous vous informiez sur les papillomavirus humains.

 

Y a-t-il d'autres pathologies dues à ce virus ?

 

• Il existe différents types de Papillomavirus humains. Certains types peuvent causer des cancers du col de l’utérus, mais aussi des lésions précancéreuses du col de l’utérus. Dans de plus rares cas, le papillomavirus humain peut être à l’origine de lésions, voire de cancers de la vulve et du vagin. Le papillomavirus humain est également à l’origine de verrues génitales. Bien que ces verrues soient bénignes, leur traitement peut être douloureux et difficile, et les récidives sont fréquentes.

 

Y a t-il un traitement contre l'agent responsable de la maladie ?

 

• Il existe un vaccin récemment élaboré et mis en circulation. Ce vaccin a une efficacité prouvée et dirigée contre les sérotypes les plus associés au cancer du col de l’utérus (16 et 18 du HPV). Il est commercialisé sous le nom de GARDASIL. Il doit être administré aux adolescentes (12 –13 ans) pour plus d’efficacité. Il n’est pas encore commercialisé au Burkina Faso.

 

Faut-il vacciner les hommes ?

 

• Ils sont certainement les contaminateurs et les infections à HPV pour eux aussi ne sont pas anodines. Aux Etats Unis, on estime que le HPV est responsable de 10000 cancers génitaux et ORL, 500.000 condylomes chez l'homme, et 3300 papifiomatoses des voies aériennes chez l'enfant. Des études pharmacoéconomiques sont en cours pour évaluer l'intérêt d'une vaccination généralisée.

 

Comment diagnostiquer le cancer du col de l’utérus ?

 

• Le cancer du col de l’utérus peut toucher toutes les femmes. C’est pour cela qu’il est nécessaire de réaliser régulièrement un dépistage par frottis, colposcopie ou par IVA / IVL. Ces examens gynécologiques servent à détecter la présence de cellules anormales ou de cancer au niveau du col de l’utérus. Il est important d’effectuer ce dépistage suffisamment tôt et régulièrement : plus les anomalies ou le cancer sont diagnostiqués tôt, plus les chances de les traiter avec succès sont grandes.

 

 Aux femmes, vous ne devez pas avoir peur de réaliser un dépistage : il s’agit d’un examen rapide et indolore !

 

Où se rendre pour réaliser le dépistage ?

 

• Dans la plupart des hôpitaux et dans certaines cliniques privées. Le ministère de la santé a déjà organisé des campagnes foraines de dépistage gratuit, de même que la CRESAR (cellule de recherche en santé de la reproduction). La dernière campagne a été réalisée avec le soutien de l’Association KIMI présidée par Mme KABORE Bela, épouse du président de l’Assemblée nationale, en décembre dernier au district sanitaire du secteur 30 de Ouagadougou. A l’occasion environ 600 femmes avaient bénéficié d’un dépistage gratuit par la technique de l’IVA / IVL. Au CMA du secteur 30 de Ouagadougou, le dépistage est organisé deux fois par semaine. Dans tous les cas, nous demandons aux femmes de poser la question à leur gynécologue ou au médecin  traitant qui les orientera s’il ne fait pas lui même le dépistage.

 

Quelles femmes doivent faire le dépistage ?

 

• A partir de 25 ans et jusqu’à 65 ans, toute femme ayant eu un rapport sexuel doit faire un frottis. Le dépistage n’est pas utile chez les femmes vierges.

A partir de 25 ans ou dès les premiers rapports, il faut réaliser 2 premiers frottis distants de un an. Si le résultat est normal, la surveillance passe à un rythme de 2 à 3 ans pour toutes les femmes.

 

Que faire si le frottis révèle des cellules anormales ?

 

• Votre médecin pourra décider de réaliser des examens complémentaires afin de confirmer le diagnostic. Le choix du suivi et/ou du traitement dépendra du stade d’évolution des lésions. Les cellules anormales pourront :

- soit disparaître par elles mêmes au bout d’un certain temps

-  soit être retirées par un traitement approprié.

Malheureusement, au stade de cancer du col de l’utérus les traitements sont souvent longs et difficiles, comme pour la plupart des traitements de cancer.

 

 Entretien réalisé par

Adama Ouédraogo Damiss

L’Observateur Paalga du 17 juillet 2007



17/07/2007
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