L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Nana Thibault condamné à 3 ans de prison ferme

PROCES DES CASSEURS

Nana Thibault condamné à 3 ans de prison ferme

 

Le verdict du procès des casseurs est tombé le 11 dans la matinée après une nuit d'audition qui a semblé interminable. Débutée le 10 mars à 8 h la seconde journée d'audience s'est achevée à 5h du matin. Les 169 prévenus sont tous passés devant le juge. Une suspension puis les réquisitions. Ce fut l'heure alors de la délivrance pour de nombreux mineurs. Pour d'autres, il faudra payer: Parmi eux, Nana Thibault, initiateur de la ville morte qui a dégénéré en casses. Il a écopé d'une peine de prison de 36 mois. La peine maximale.

Le verdict du procès des casseurs est tombé le 11 mars 2008. Après deux journées de débats, le tribunal correctionnel de Ouagadougou siégeant en matière de flagrant délit a tranché le sort des 169 prévenus arrêtés dans le cadre des manifestations qui ont émaillé l'opération ville morte initiée le 28 février dernier par Nana Thibault.

L'intéressé qui assume avoir appelé à l'opération ville morte mais pas la casse n'a pas échappé aux rigueurs de la loi. Il a été reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés notamment l'organisation d'une manifestation interdite et qui a entraîné des mineurs dans l'accomplissement d'actes répréhensibles (casses de feux tricolores, dégradation de bitume ....) (Cf. Le Pays du Lundi 10 mars). L'homme a écopé de la peine maximale en la matière, soit 36 mois ferme. 44 autres personnes ont été condamnées à de la prison ferme. 38 personnes sont condamnées à diverses peines avec sursis. (Voir encadré 1). Le gros lot des prévenus a été relaxé soit pour excuse de minorité, pour infraction non constituée ou au bénéfice du doute.

La dernière journée d'audition a été marquée par sa longueur. Démarrée le 10 mars au matin, elle s'est poursuivie le lendemain au petit matin. Seule la présidente du tribunal , Fatoumata Lori , tout au long des débats n'a montré presqu'aucun signe de fatigue. Dans la salle dès le début de la soirée, nombreux sont les prévenus qui ont préféré se prélasser dans les bras de Morphée. Par moments, il fallait un garde pénitentiaire pour réveiller certains prévenus et les amener à la barre. Le banc des prévenus avait pris les allures d'un dortoir. Nana Thibault lui, résistait au sommeil. Un calepin vert dans la main, il prend des notes. Devant lui, un sachet noir. A l'intérieur, des sandwichs et de l'eau. Il sert systématiquement les mineurs qui lui paraissent minés par la faim et la soif. A côté de lui, la seule femme prévenue de casses. Petite de taille, Mlle Zaongo est habillée dans une chemise pagne du 8 mars. C'est la dernière personne a être auditionnée. Une longue audition au cours de laquelle, elle a tenté de démontrer quelle n'a rien fait. On lui reproche d'avoir cassé la vitre d'un véhicule de police. Elle nie les faits. Mais en enquête préliminaire, elle a signé le procès-verbal où elle le reconnaît, lui rappelle un des substituts du procureur, Kindo resté calme jusque-là qui sort de sa réserve. "On m'a dit de signer.. Ils ne m'ont pas relu mes déclarations.". Elle raconte alors les circonstances de son interpellation. De son lieu de travail fermé pour cause de ville morte, elle se rend chez son beau-frère. C'est là-bas qu'elle est appréhendée. Son beau-frère qui était dans la salle éclairera le tribunal sur les circonstances de son arrestation. En fait, elle a tenté de s'enfuir à la vue des forces de l'ordre. N'ayant pas eu d'issue, elle est revenue près de son beau-frère. C'est ainsi qu'elle a été appréhendée. Le tribunal a donc voulu savoir la raison de sa tentative de fuite si elle n'avait vraiment rien à se reprocher? Sa réponse: "je jure que je n'ai rien fait". La présidente du tribunal lui rétorque: "laisse Dieu en paix".

Ils sont nombreux les prévenus à avoir nié leur participation aux casses du 28 février dernier. Le premier à avoir formellement reconnu sa participation active aux manifestations est le jeune Simon M. Il a remis un pneu de charrette pour qu'on enflamme sur le goudron selon lui. Des murmures dans la salle. Dans le public, quelqu'un s'émeut: "il est en train de se plonger". Un autre rétorque: "tant que c'est la vérité, où est le problème ? Lui au moins reconnaît ses actes". Le procureur Kindo est du même avis "je le félicite pour son courage". Ils n'étaient vraiment pas nombreux dans ce cas.

Le tribunal a réservé les intérêts civils. C'est-à-dire que l'on attend d'évaluer la hauteur des dégâts. La mairie de Ouagadougou estime son préjudice à environ 200 millions en attendant que d'autres personnes physiques et morales se déclarent. Le tribunal a condamné les personnes reconnues coupables aux dépens. Elles assumeront les frais du procès.

 

Abdoulaye TAO

Le Pays du 12 mars 2008







ENCADRE 1



Le verdict en bref



Total : 169 prévenus



Condamnations fermes



Nana Thibault : 36 mois ferme



44 personnes : 12 mois avec sursis



Peines avec sursis



1 personne : 24 mois avec sursis

7 personnes : 12 mois avec sursis



7 personnes : 6 mois avec sursis



Les relaxes (109 personnes)



17 personnes pour excuse de minorité

9 personnes pour infraction non constituée

83 personnes au bénéfice du doute



ENCADRE 2



De Yamousssoukro à la Maco !

S. Salif est arrivé de Yamoussoukro le jour de l'opération ville morte. Le chauffeur ne prend pas de risque et va mettre son véhicule en stationnement à la gare, le temps d'y voir clair. Salif en profite pour appeler son tuteur pour annoncer son arrivée. Il trouve le télécentre fermé. C'est dans la gueule du loup qu'il va se renseigner, chez les policiers en faction sur la voie publique. C'est ainsi qu'il a déclaré devant le juge avoir été arrêté le 28 février.

Filmait -il les policiers ?

Le jeune Kaboré a passé de bien vilains moments. Soupçonné de filmer les policiers avec son portable, il a été appréhendé et conduit au commissariat où vérification faite, il n'y avait aucune image de scènes de policiers sur son téléphone portable. Il a déclaré devant le juge avoir filmé des manifestants qui voulaient s'en prendre à une boulangerie à Tampouy.



12/03/2008
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