L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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«On a trop attendu»

Indemnités des classes multigrades  au Yatenga

 «On  a trop attendu»

 

Les enseignants des classes multigrades de la province du Yatenga se sont rencontrés le jeudi 14 février 2008 à la Direction régionale de  l’enseignement de base et de l’alphabétisation du Nord (DREBA), pour manifester leur mécontentement quant à la lenteur du paiement de leurs indemnités.

 

«Cela fait exactement 8 mois que nous attendons nos perdiems qui tardent à venir ; nous voulons comprendre ce qui se passe». C’est en ces mots que Badini Alassane, un des membres du Comité de suivi du dossier des classes multigrades (CMG), a expliqué le pourquoi de leur présence à la DREBA.

Les indemnités sont une rétribution faite à l’enseignant qui tient une classe multigrade. Elles s’élèvent à quinze mille francs le mois. Cette somme lui est reversée trimestriellement. Les bénéficiaires ont perçu leur dû de l’année scolaire passée, depuis le 20 septembre 2007, c'est-à-dire pour le premier trimestre (octobre à décembre 2006). En ce qui concerne la période de janvier à juin 2007, aucune nouvelle. «Trop, c’est trop. On a trop attendu», entendait-on clamer  dans la foule ce jeudi matin.

Chaque année en effet, les instituteurs des classes concernées se rendent à la DREBA après une longue période d’attente. Pour cette année, un Comité de suivi composé de cinq personnes a été mis en place pour servir de porte-parole auprès de leur Directeur régional. «Ainsi, cela évite que les classes restent vacantes pendant les temps de manifestation. Aujourd’hui, les enseignants ont estimé qu’ils ont trop attendu. A notre niveau, le comité est essoufflé. Voilà pourquoi vous voyez les gens dans la cour de la Direction», a confié un des porte-parole du groupe.

Réunis depuis 8h du matin, le groupe des manifestants grandissait au fil des minutes.

La mobilisation était grande au regard des nombreux participants venus des circonscriptions de Thiou, de Ouahigouya 1, 2 , 3,  de Zogoré,  de Namissiguima etc. Pendant plus d’une heure, le groupe s’est consulté. L’indignation se lisait sur tous les visages.

Pendant ce temps, quelques-uns se sont introduits chez le gestionnaire de la Direction, le Directeur lui-même n’étant pas là. «Il n’y a rien», ont-ils laissé entendre à leur sortie.

Pour Salif Kaboré, le gestionnaire de la DREBA avec qui nous nous sommes entretenus un moment, il s’avère qu’effectivement, le service fait de son mieux pour la satisfaction des instituteurs. «Les enseignants ont droit de venir prendre des renseignements. Les listes sont envoyées au ministère. Techniquement tout est fait à notre niveau. Le problème est que nous n’avons pas encore de mandat pour qu’on puisse tirer le chèque. Mais, je reste optimiste que ça va s’arranger», a expliqué Salif Kaboré.

Au dehors, les explications semblent avoir fait ricochet. «C’est un vieux problème. Combien de temps allons-nous attendre ? Lundi, le 18 février prochain, nous serons encore là», a tranché net Adama Ouédraogo, le président du Comité de suivi, à ses pairs.

Avant de se séparer, ils ont décidé de passer des communiqués à la radio pour inviter tous les maîtres concernés dans la région du Nord, à se présenter à la DREBA, lundi prochain.

 

Emery Albert Ouédraogo

L’Observateur Paalga du 18 février 2008

 

 



18/02/2008
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