L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Pont de Koupèla : Des dégâts interpellateurs

Pont de Koupèla

Des dégâts interpellateurs

 

A la faveur d’une mission à Tenkodogo, le 13 juin 2007, nous avons eu l’occasion d’apprécier les dégâts sur le pont de Koupéla suite à l’orage qui s’est abattu sur cette zone. Les causes probables avancées devraient susciter la prise de mesures préventives pour éviter de pareils accidents sur d’autres ouvrages.

 

Le mercredi 13 juin 2007, sur la route pour Tenkodogo à quelques kilomètres après la ville de Koupéla, le car qui nous transportait avec d’autres personnes s’immobilise. “Une panne ?”, s’enquirent en chœur des passagers à bord, paniqués. Non ! les rassura un membre de la cabine. Ceux d’entre nous qui sont réguliers sur cet axe ne se sont pas posé de questions, car c’est à cet endroit que le pont a été endommagé suite à la forte pluie du 6 juin 2007. Nous descendons en même temps que le convoyeur. Deux files de véhicules, tous poids confondus, étaient en stationnement. A leur milieu, l’ouvrage en question sur lequel une équipe d’ouvriers effectuaient des travaux. Le chef de chantier n’était autre que le directeur régional des Infrastructures et du Désenclavement du Centre-Est, Ousmane Zèba. Sous l’emprise du pont, une profonde excavation, béante, témoignait encore de l’ampleur des dégâts causés par l’orage.

Nous profitons de cette escale forcée pour échanger avec les responsables du chantier. Le premier, au moment où nous nous adressions à lui, reçoit un coup de fil. “Oui, monsieur le ministre ! ”, réagit-il à un appel de son téléphone portable. “Tout se passe bien. Nous sommes en train de bourrer le trou causé par les eaux dans le remblai …".  Après avoir hésité de se référer d’abord au directeur général des routes avant de délier la langue, ce dernier nous recommande le directeur régional des Infrastructures. Il commence par nous rappeler ce que l’on savait déjà, c'est-à-dire la pluie du 6 juin dans les zones de Koupèla et de Pouytenga où 145 et 140 mm d’eau ont été respectivement enregistrés. Conséquence, le trafic a été momentanément arrêté sur ce corridor Burkina-Togo. Car le fort débit d’eau a emporté le remblai d’accès (la terre s’appuyant contre le pont) en y faisant une brèche de 10 mètres de profondeur, nous dira M. Zéba. Les eaux de la zone de Koupèla et de Pouytenga, renchérira-t-il, sont évacuées par cet ouvrage. Pour permettre le trafic de continuer, le gouffre a été rapidement comblé par de gros blocs de cailloux.

S’agissant des travaux que nous les avons trouvés en train d'effectuer ce 13 juin 2007, ils consistaient, selon toujours notre interlocuteur, à rouvrir la brèche et à la bourrer définitivement. A l'en croire, les dégâts pourraient également se justifier par l’âge du pont qui, comme les autres sur ce tronçon, date des années 70, si fait que les remblais sont fatigués. Il y avait certainement une faille dans les perrés maçonnés (un enrochement constitué de cailloux imprégnés de béton) qui n'ont pas résisté à la force exceptionnelle de l’eau. Ousmane Zèba se réjouit toutefois qu'il n'y ait pas eu de victime consécutive à cet incident. 

 

Un chantier sous la pression des usagers

 

L’exécution de ces travaux sur le pont a suscité des grincements de dents du côté des usagers de la route. Désabusé était le directeur régional des Infrastructures, qui explique : "Si nous avons choisi cette période de la journée (il était 10 h passées à notre arrivée), c'est en raison de la faible intensité du trafic". Il s’étonne donc que ces usagers ne puissent pas patienter pour le temps de l'opération, environ une heure, afin de leur permettre de  renforcer la voie. En effet, les voyageurs exerçaient une pression sur l’équipe du chantier. Presque à l'unanimité, ils décident de dévier par le bas-côté de la route avec leurs véhicules qui faisaient soulever une épaisse poussière à vous faire suffoquer, sous le regard impuissant de M. Zèba qui était assisté d'un léger dispositif de sécurité, juste pour empêcher le passage sur le pont. De toutes les façons, dit-il tout indigné, "ils le font à leurs risques et périls, car ce n'est pas son service qui a aménagé cette déviation". Les usagers, estime-t-il, doivent quand même les comprendre dans ce genre de situations obligées.

Si tel qu'on le dit, l'âge de ce pont justifie en partie l'effondrement de son remblai d'accès, cela doit interpeller le département en charge des Infrastructures à songer à la réhabilitation de tous les vieux ouvrages routiers. Par ailleurs, il est important qu'on tienne compte des intempéries naturelles dans la construction de futures routes. Car, que ce soit sur le pont de l'axe Kaya - Dori ou sur celui de Koupéla, on a expliqué les dommages par des hauteurs d'eau inhabituelles.

 

Hamidou Ouédraogo

L’Observateur Paalga du 28 juin 2007



27/06/2007
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