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Protection de l’environnement : Pour l’Afrique, l’urgence est ailleurs

Protection de l’environnement

Pour l’Afrique, l’urgence est ailleurs

 

Grenelle de l’environnement. C’est la formule qui désigne en France les états généraux ou plutôt la conférence nationale sur l’écologie. Débuté mercredi, ce round inédit de négociations est venu clore quatre mois de débat, avec pour objectif de définir ce que sera la «révolution verte» à la française.

Cette table ronde finale a réuni, deux jours durant, experts, écologistes, représentants du patronat, des syndicats, de l’Etat et des collectivités locales, qui ont planché sur les mesures à prendre pour réorienter l’économie française en tenant compte de l’environnement. Changements climatiques, économies d’énergie, OGM… autant de sujets objets parfois d’âpres débats, mais qui auront permis l’émergence d’idées novatrices concernant notamment les transports et le bâtiment. Ces propositions ont été soumises hier en fin de journée à l’arbitrage du président Sarkozy, qui y donnera suite.

Ces questions, bien au-delà des frontières hexagonales et même européennes, sont en fait des préoccupations planétaires, non seulement pour ce qui concerne l’écologie et la protection de la planète, mais surtout d’un point de vue purement économique. Et, mondialisation oblige, l’Afrique est, qu’elle le veuille ou non, fortement concernée par ces énormes enjeux. On aura pourtant remarqué son silence dans les grands forums où se discute l’avenir de la planète bleue, notre patrimoine commun. Une telle discrétion, nous l’aurons tous compris, ne reflète certainement pas un manque d’intérêt des africains pour les problèmes environnementaux.

Mais il se trouve que ces questions, pourtant vitales, font partie de ce qui est considéré aujourd’hui comme des droits de dernière génération, dont l’importance ici-bas demeure, somme toute, relative.

On pourrait donc se demander quelle place doit bien prendre le droit de l’environnement dans un continent qui cherche encore ses repères en matière de démocratie et de libertés individuelles, avec ici et là des foyers de tension au sein desquels les principes les plus élémentaires du droit humanitaire restent bafoués.

Nos Etats, dans leur grande majorité, indépendants depuis moins d’un demi- siècle, doivent également faire face à d’insurmontables problèmes socio- économiques. L’éducation, la santé, le chômage endémique, l’auto- suffisance alimentaire et l’accès à l’eau potable sont aujourd’hui autant d’obstacles au développement durable dans nos contrées. Les surmonter nécessite en urgence une mobilisation considérable des ressources et des énergies, ce qui, par conséquent, laisse peu de place pour d’autres causes.

Certes, ce n’est pas une excuse absolutoire pour négliger l’énorme défi que représente la lutte pour la sauvegarde d’un environnement sain. Nous en avons eu la preuve lorsqu’en septembre 2006, les déchets déversés par le Probo Koala à Abidjan provoquaient la mort de 10 personnes et en intoxiquaient plus de 6000 autres.

Alors  si pour bien des Africains le droit de l’environnement est loin de figurer parmi les nombreuses  priorités d'un développement durable, il n’en est pas moins vital et donc digne de mobiliser l’humanité tout entière.

L’Afrique a donc une partition à jouer dans le gigantesque concert des nations pour réaliser à son rythme sa propre «révolution verte».

 

H. Marie Ouédraogo

L’Observateur Paalga du 26 octobre 2007



25/10/2007
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