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Réconciliation nationale : Le 15 octobre, une occasion manquée

Réconciliation nationale

Le 15 octobre, une occasion manquée

Pour la Commission justice et paix de la conférence épiscopale du Burkina "la réconciliation nationale était à portée de main" le 15 octobre dernier, si certains actes avaient été posés. C'est le sens du communiqué de presse ci-dessous.

1. Le 15 octobre 2007, le peuple burkinabè a été amené à vivre dans la division deux évènements qu’on aurait pu commémorer séparément au nom de la recherche de la réconciliation nationale et de l’unité du Burkina Faso, conformément aux attentes de la journée nationale du pardon qui a été célébrée le 30 mars 2001.

2. Pendant que certains commémoraient le 20e anniversaire de la disparition du président Thomas Sankara, d’autres commémoraient les 20 ans de renaissance démocratique avec le président Blaise Compaoré. Pour un peuple qui a vu en Blaise et Thomas, l’image d’un couple d’amis et de frères, il est tout simplement insupportable et à la limite cruel de lui demander de s’aligner derrière l’un ou l’autre en cette date douloureuse du 15 octobre.

3. Depuis 20 ans, le peuple burkinabè a coutume de vivre le 15 octobre dans le recueillement, la méditation et la prière, pour qu’à jamais ce qui s’est passé ce jour-là ne se répète plus jamais. Cette année, plus d’un Burkinabè a été surpris d’apprendre que le parti au pouvoir et ceux de la mouvance présidentielle ont décidé de commémorer en ce 15 0ctobre 2007, la renaissance démocratique. S’il est vrai que chacun, en fonction de ses intérêts particuliers et politiques, peut interpréter la date historique du 15 octobre à sa façon, au stade actuel de la marche du Burkina Faso, c’est l’intérêt général, la recherche de la réconciliation et de l’unité nationales qui devraient guider le parti au pouvoir et plus particulièrement le président Blaise Compaoré. En effet, après tous les événements douloureux (les crimes de sang) dont le peuple burkinabè a souffert pendant la période d’exception et même sous le régime démocratique, il serait trop facile en ces moments où toutes les parties ne sont pas présentes, de culpabiliser certains responsables et de disculper d’autres.

4. Lorsque l’on sait qu’après le 15 octobre 1987, c’est par la volonté et sous la conduite du président Blaise Compaoré que le Burkina Faso a renoué avec la démocratie par l’organisation du référendum le 2 juin 1991, il était tout à fait indiqué de commémorer à cette date ou à celle du 11 juin, les 20 ans de renaissance démocratique avec le Président Blaise Compaoré. Car, cette date a l’avantage de capitaliser en elle :

- la volonté politique et démocratique d’un homme : Blaise Compaoré ;

- la volonté du peuple burkinabè tout entier pour avoir voté "oui" à la Constitution

- la valeur historique de la date qui est celle du référendum constitutionnel après une longue période de régimes d’exception ;

- la valeur juridique et constitutionnelle et enfin ;

- la valeur d’un homme avec ses forces et ses faiblesses : Blaise Compaoré.

Cette date du 2 juin aurait été retenue pour la commémoration de la renaissance démocratique ; c’est à l’unisson que le peuple Burkinabé tout entier, comme un seul homme, se serait mobilisé derrière Blaise Compaoré pour célébrer le retour à la démocratie comme une fête nationale qui réunit et réconcilie tous les Burkinabè quel que soit leur bord politique.

5. Commémorer la renaissance démocratique le 15 octobre pourrait s’analyser comme une légitimation des coups d’états comme des moyens acceptables pour accéder au pouvoir. En outre, dans le cas particulier du Burkina et au regard des pertes en vies humaines qui ont été enregistrées ce jour, il est sage et souhaitable qu’à l’avenir on respecte la mémoire des victimes et la douleur de leurs familles. Par ailleurs, cela pourrait s’analyser également comme une banalisation de la vie humaine, un comportement qui commence à devenir très inquiétant au Burkina Faso.

6. Indescriptible et immense aurait été la joie du peuple burkinabè, si le président Blaise Compaoré et son gouvernement avaient été accueillir Mariam Sankara, la veuve du Président Thomas Sankara son ami et frère, à l’aéroport international de Ouagadougou, le jour de son arrivée. Dans le silence de leur cœur, la majorité du peuple burkinabè espère et attend ce jour. Il viendra. Tôt ou tard, il viendra. Il viendra ce jour où la réconciliation entre les familles Compaoré et Sankara scellera la réconciliation et l’unité du peuple burkinabè. Toutefois, cela nécessite de part et d’autre un temps de préparation, de dialogue et la réunion de plusieurs conditions dont : l’humilité et la vérité. Dans cette perspective on attend beaucoup du président du Faso, le président de tous les Burkinabè, le garant de l’intérêt général et du bien commun.

7. La paix au Burkina a besoin d’être traduite à travers les actes quotidiens de chaque Burkinabè et non à travers des discours et des forums. Beaucoup de gens au Burkina Faso parlent tout le temps de paix alors que les actes qu’ils posent quotidiennement sont contraires à la paix. La paix n’est rien d’autre que le fruit de la justice et du respect des droits humains. Il est donc important et urgent que tous les Burkinabè, à quelques postes de responsabilités où ils se trouvent, développent en eux les vertus de la vérité, de la justice et de l’honnêteté en vue de bâtir notre paix sur du roc et non sur du sable. Car la paix collective et sociale est la somme des paix individuelles. Le Burkina Faso a besoin de tous ses fils et filles pour son développement harmonieux. Et personne ne saurait en être exclu.

Dieu sauve le Burkina.

Le Secrétaire national

De la Commission justice et paix de la conférence épiscopale du Burkina

Le Pays du 23 octobre 2007



23/10/2007
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