L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

L'Heure     du     Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

Saboteur réclame 50 millions à la FBF

Une lettre pour Laye du 8/06/2007

 

Cher Wambi,

 

La saison pluvieuse ne s'est pas encore totalement installée, mais il n'est pas tôt pour tirer la sonnette d'alarme. Car, il est des signes qui ne trompent point.

Te rappelles-tu encore cette pluie diluvienne qui, le 6 mai dernier, avait endommagé le pont de Bourèye, au PK 20 sur l'axe Dori-Kaya, et fait même un mort ?

A en croire les archives vivantes, cela fait bien des lustres qu'autant d'eau n'était pas tombée sur cette contrée du Burkina.

Mais voilà qu'à peine le débat sur le feuilleton de Bourèye clos, la pluie s'invite cette fois-ci dans la province du Kourittenga.

Plus de trente ans, en effet, que pareille tornade ne s'était pas abattue sur la capitale des "cailloux blancs", drainant aux portes du Boulgou les légendaires "gouyak chauds" en cette matinée du mercredi 6 juin.

Pire, que d'habitations et de greniers détruits, que d'animaux domestiques emportés !

Hélas, le sinistre ne s'arrêtera pas là, il s'étendra jusqu'à Ligddimaneguen sur l'axe Koupèla-Tenkodogo, où un pont, oui encore un pont en fera les frais.

Ce qui eut pour conséquence de retenir dans la capitale du Kourittenga tous les camions en partance vers le Togo, via Tenko, Bitou, Sankinsé.

Les techniciens de la météo ne sont pas encore formels, mais, à en croire le Koob naaba de la région, il serait tombé 180 mm d'eau entre mardi et mercredi dans le Kourittenga.

Tu comprends aisément pourquoi, cher cousin, je me fais fort d'interpeller l'autorité afin que déjà des mesures idoines soient prises pour porter secours aux éventuels sinistrés au cas où de tels phénomènes se reproduiraient.

 

Ces angoisses partagées, revenons maintenant, cher Wambi, à l'événement de la semaine, que constitue la nomination depuis le lundi 4 juin de Tertius Zongo au poste de Premier ministre.

Une fois encore, l'enfant terrible de Ziniaré a déjoué les pronostics, allant pêcher son chef du gouvernement dans la mare où l'on ne l'attendait point.

Le successeur de Paramanga Ernest Yonli n'est pas pour autant un inconnu de l'opinion publique ni de la scène politique nationale, puisque, à 50 ans révolus, Tertius Zongo atterrit à la primature avec un parchemin des plus enviables : on se souviendra encore de ses passages successifs à la tête de l'OFNACER, de  la Chambre de commerce, de la Direction générale de la Coopération, du ministère du Budget, des Finances ; avant d'être rappelé de Washington où il était le chef de la mission diplomatique burkinabè.

Jusqu'à son rappel à Ouagadougou ce 4 juin, aucun pronostiqueur n'avait misé sur lui, dont tout le monde reconnaît néanmoins l'ardeur au travail.

Même pas ton oncle Samuel Kiendrébéogo, journaliste à la Voix de l'Amérique, qui est pourtant rentré par le même vol que lui ce lundi 4 juin.

Depuis, cher cousin, le nouveau Premier ministre se fait des plus discrets pour s'atteler certainement à la formation du gouvernement, dont la composition tarde d'ailleurs à tomber du fait, dit-on, de l'agenda présidentiel, trop chargé ces jours-ci.

Mais, m'assure-t-on, qu'il pleuve ou qu'il neige, les Burkinabè auront leur gouvernement en cette fin de semaine.

A moins que... Quant à la question de savoir qui en fera partie, ou lequel des anciens sera remis à ses parents pour emploi, aussi bien les rêves que les cauchemars sont permis.

 

Cher Wambi, tu te rappelles, sans doute, le limogeage le 20 avril 2007, en pleines éliminatoires de la CAN 2008, de l'entraîneur de l'équipe nationale de football. Depuis, Drissa Malo Traoré dit Saboteur et son employeur d'alors, la Fédération burkinabè de football (FBF), sont à couteaux tirés, et il n'est pas exclu que le différend se termine au tribunal.

Se fondant en effet sur l'article 67 du Code du travail en vigueur au Burkina, le coach et ses avocats parlent de licenciement abusif dans la mesure où, notamment, il ne lui est reproché aucun grief dans la notification de la rupture de son contrat.

Après quelques correspondances restées sans suite, le plaignant a finalement convoqué son ex-employeur à l'inspection du travail, dont la directrice régionale a reçu les deux parties le mardi 5 juin dernier en fin de matinée.

J'apprends, cher cousin, que la plainte de Saboteur aurait été déclarée recevable, mais que l'avocat de la FBF ne pouvait prendre des engagements sur les questions financières.

Saboteur réclame en effet, cher Wambi, une cinquantaine de millions pour le préjudice subi, et à titre de dommages et intérêts. Les deux parties doivent en principe se revoir à ladite inspection le mardi 12 juin, et cette fois-ci l'un des responsables de la FBF devrait être là. S'ils ne parviennent pas à s'entendre, l'affaire risque donc de monter en justice.

Signalons au passage, cher Wambi, que Saboteur n'avait même pas touché son salaire du mois d'avril pas plus d'ailleurs que son adjoint "Zagalo" ; eux qui, au moment de leur débarquement, avaient des arriérés de salaire de quatre mois ainsi qu'une prime (800 000 F CFA) non perçue au titre du match aller contre le Mozambique.

Dommage, cher cousin, qu'on en soit arrivé là et qu'en plus des contre-performances des Etalons, battus comme tu le sais 3 buts à 1 à Maputo dimanche dernier, on doive suivre ce match Saboteur/ FBF qui est loin d'être terminé.

 

Cher Wambi, je ne te dis pas le tollé que ma dernière lettre a provoqué au sein de l'ambassade des Etats-Unis à Ouagadougou.

Il me revient, en effet, que depuis, c'est le remue-ménage dans cette enclave  diplomatique de l'avenue John F. Kennedy :

aux va-et-vient se succèdent les appels téléphoniques ;

mieux, une réunion de crise aurait été convoquée pour plancher sur cette affaire de licenciements abusifs.

Les déflatés, pour leur part, ne demandent que justice.

Et dans l'attente de s'en ouvrir à la presse nationale et internationale, ils ont décidé d'adresser la lettre ouverte suivante au ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso.

Prends-en connaissance donc, cher cousin :

 

A Son Excellence monsieur le ministre des Affaires étrangères

 

"Liberty and justice for all" ; telle est la devise des Etats-Unis. Rien qu'en se fiant à ce bout de phrase, tous les employés de l'ambassade des Etats-Unis à Ouagadougou doivent légitimement pouvoir servir dans une saine atmosphère de travail physique et psychologique.

Toutefois, si cela semble être le cas dans la majeure partie des sections de l'ambassade, la réalité qui prévaut dans la section sécurité est toute autre ; pourtant, il est connu de tous que les Etats-Unis représentent l'une des figures de proue  des Etats qui ont souscrit à la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948. Du reste, dans le cadre de la promotion des droits humains, la mission diplomatique américaine est constamment aux côtés des autorités burkinabè pour une mise en œuvre effective de ces droits.

Partant de ce constat, il semble assez paradoxal, voire inconcevable, que des employés de cette institution soient en permanence l'objet d'actes violant leurs droits fondamentaux et soient victimes d'une injustice qui, fort malheureusement, est désormais devenue la règle.

Monsieur le Ministre, c'est le lieu de vous informer que les agents de sécurité de l'ambassade des Etats-Unis sont malheureux et

 

orphelins dans leur propre pays. Depuis longtemps, une psychose règne dans la section de la sécurité de l'ambassade, car l'emploi n'est plus garanti. Cela, pour la simple raison que les textes qui régissent le droit du travail sont quotidiennement violés par l'ambassade, et sans souci aucun.

Pour preuve, l'ambassade vient d'enregistrer deux licenciements abusifs en date du 25 mai 2007, ceux de Korgho Jonas W. et de Kiemdé Thomas. Bien avant eux, certains avaient connu le même sort en décembre 2005 (Nako Laurent, Zigani Thomas, Bazié Crépin, Bélem Ibrahim, Kiemtoré Michel et Sawadogo Abdoul Kader) ; en février et avril 2006 ont suivi Sankara Louis, Koïta Sogohoun et Ilboudo P. Ismaèl.

Par ailleurs, nous rappelons que 12 autres avaient perdu leur emploi en octobre 2004 pour motif économique sans que la procédure applicable en la matière fût respectée.

Excellence, Monsieur le ministre, l'heure est grave, et nous sommes vraiment inquiets. Notre inquiétude se justifie d'autant plus qu'un diplomate américain s'est permis de dire : "Je te fous à la porte, va te plaindre où tu veux, et fais ce que tu veux".

Alors, au regard de ces propos, beaucoup d'interrogations peuvent être soulevées :

• Le diplomate en question ignore-t-il nos textes ?

• Tient-il ces propos au mépris de nos textes ?

• Met-il au défi nos institutions étatiques ?

• Ou bien, ce monsieur n'a-t-il aucun respect pour le citoyen burkinabè ?

Tout porterait à croire que c'est un défi adressé à nos autorités et à nos institutions au regard de la pléthore de dossiers se trouvant dans votre institution et qui mettent en cause l'ambassade des Etats-Unis, qui n'est nullement inquiétée jusque-là. Ce qui la conforte davantage dans cette attitude vis-à-vis de nos textes et de nos institutions. Ainsi, l'ambassade se complaît dans cette attitude vis-à-vis de l'autorité étatique burkinabè.

Monsieur le Ministre, si nous avons choisi de nous adresser à vous, c'est parce que vous êtes l'autorité la mieux indiquée pour nous défendre et répondre à nos attentes en tant que citoyens burkinabè et que vous êtes la personnalité à même de nous offrir des perspectives de solutions.

Veuillez agréer, Excellence monsieur le Ministre, l'expression de notre considération distinguée.

 

Un groupe d'ex-employés licenciés

de l'ambassade des Etats-Unis

 

 

Cher Wambi, au colonel Barthélémy Combasséré ce qui lui est dû.

Comme quoi une erreur peut en cacher une autre. Et d'ores et déjà, je ne puis que battre ma coulpe.

Il s'agit encore de la rue 12.49 à Dapoya II, baptisée du nom du Dr Issoufou Joseph Conombo dont je t'ai longuement parlé dans mes dernières lettres. Comme l'on ne parle jamais des grands hommes en un seul jour, j'y reviens de nouveau donc.

Pour te dire en fait que c'est le colonel Barthélémy Combasséré, et non le colonel Félix Tiemtarboum, qui a eu la gentillesse et le réflexe de me rappeler que c'est feu Joseph Ouédraogo qui fut le premier maire élu de Ouagadougou.

D'ailleurs, par honnêteté, le colonel Félix Tiemtarboum m'a prié de restituer à son ancien collègue du Comité militaire  de redressement pour le progrès national (CMRPN) ce qui lui est dû.

A vos ordres donc mon colonel !

 

Cher Wambi, c'est bien la première fois que tu devras appeler le professeur d'anglais du Collège d'enseignement général (CEG) de Laye pour te décortiquer une lettre, celle ci-après.

Elle m'a été envoyée depuis l'Inde par un philatéliste du nom de S. Venkatachalam.

Mais avant que votre professeur te vole au secours, sache  qu'un philatéliste, si tu l'ignorais encore, est une personne dont le passe- temps est la collection des timbres-poste, ou qui a fait des études sur les timbres-poste.

Notre ami indien souhaiterait donc correspondre avec un des tiens qui s'adonnerait à la philatélie. Mais lis-le quand même :

 

The editor

"L'Observateur"

Ouagadougou

Burkina Faso

 

Respected sir

 

I am a student philatelist from Mumbai and I am very much interested in having philatelic contacts with your wonderful country - Burkina Faso.

I shall be highly obliged to your good self, if you could arrange to publish my letter in your reputed daily so that student philatelists (school/university) of Burkina Faso can get in touch with me for postage stamps (timbres) exchange/swap.

An early and positive response from your end will be highly  appreciated.

Thanking you in anticipation and with greetings from India.

 

S. Venkatachalam

N°6, Nathkrupa, 2 no floor

opp Ati, V. N. Purav Marg

Sion - Chunabatti

Mumbai - 400022/India

 

 

Après cette corvée, voyons très rapidement ce que contient cette semaine le carnet secret de Tipoko l'Intrigante.

 

Pour un coup d'essai, c'est assurément un coup de maître : la première édition du jeu-concours de l'excellence à l'école primaire, dénommé "Petit Mozart", lancé seulement le 8 mars dernier, a enregistré la participation des 100 meilleurs établissements de la capitale.

Après un tel succès, la remise officielle des prix aura lieu ce dimanche 10 juin 2007 à partir de 9h à la maison du Peuple de Ouagadougou, en présence des partenaires de l'éducation et des parents d'élèves.

Patronné cette année par Mme Aminata Elisabeth Ouédraogo, coordonnatrice du Centre international pour l'éducation des filles et des femmes en Afrique (CIEFFA), "Petit Mozart" est une initiative de Joram Production qui a reçu l'appui institutionnel du ministère de l'Enseignement de base et de l'Alphabétisation.

A la présente édition de "Petit Mozart", un accent particulier a été mis sur la question "genre", afin d'encourager une plus grande scolarisation des filles.

 

A l'instar de certaines communes du pays, celle de Mané (dans le Sanmatenga) envisage des actions multiformes dans le cadre du quinquennat de la toute nouvelle équipe municipale. C'est ainsi qu'après de nombreuses rencontres avec les populations, un Plan de développement communal a été produit par un cabinet spécialisé. Celui-ci, avant de rendre les conclusions de ses travaux, a rencontré, le samedi 2 juin dernier, les fils du département afin de recueillir leurs points de vue et de procéder à quelques amendements. C'est à l'issue de tous ces préalables que le document final sera transmis à qui de droit, à savoir le Conseil municipal. Et cela est prévu pour le lundi 11 juin. Un grand rendez-vous qui a vraiment besoin d'un coup de pouce pour son envol.

 

Malgré les communiqués du Directeur général de la CNSS à l'intention des employeurs, certaines sociétés ou entreprises ignorent toujours les droits des employés. Après des années de service effectuées, des travailleurs non déclarés à la CNSS subissent des discriminations ou abus de pouvoir, et sont mis à la porte sans droits pour des raisons non valables.

C'est encore le cas à l'hôtel Silmandé où le chef du personnel a suspendu le contrat d'un agent. En effet, l'agent a un problème avec sa copine. Le chef du personnel, saisi de ce problème, s'appuie sur des raisons subjectives pour licencier l'agent.

Pour une affaire extraservice, voire un problème privé, l'agent perd son emploi.

Est-ce parce que l'agent manque de défenseurs pour plaider sa cause ? Doit-on toujours admettre ces discriminations dans les services ?

L'affaire suit son cours au Tribunal du travail.

 

La victime

Traoré Mamadou

 

Le maire de la commune rurale de Silly en difficulté avec les sociétés de masques de son territoire communal. Pour la tenue des derniers rites trisannuels des masques de Silly (province de la Sissili) du 19 au 22 mai 2007, le maire exigeait la somme de 6 000 F pour autoriser la manifestation, sinon pas de rites.

Les négociations entreprises par le chef des masques de Silly avec le maire afin qu'il revoie la somme à la baisse ont été vaines.

Le maire a proposé au chef des masques de verser 3 000 F, et lui, maire, se chargerait d'assurer le complément, à savoir l'autre moitié. Cette proposition a été rejetée par le chef des masques, car il n'y a aucune affinité entre la famille en charge des masques de Silly et le maire. Il a fallu l'intervention énergique d'un conseiller et pas des moindres pour amener le maire à fléchir, en acceptant le versement de la somme de 3 000 F pour qu'il autorise la manifestation. Jadis,  la tenue de pareilles manifestations nécessitait le versement de la somme de 1000 F à acquitter auprès de la préfecture.

A la fin des rites des masques, ordre a été donné par le chef coutumier de  Silly à toutes les sociétés de masques, soit de boycottter toute cérémonie du maire qui solliciterait la présence des masques, soit d'exiger le paiement de la somme de 50 000 F par le  maire avant toute sortie des masques qu'il viendrait à demander.

Précisons que cette affaire intervient après une première décision du maire imposant 3 000 F par jour à tout organisateur de funérailles, soit 9 000 à 12 000 F pour la totalité des frais de funérailles pour les 3 à 4 jours.

Cette décision, dans laquelle ne se reconnaissent pas les conseillers ruraux (98% des membres du conseil sont analphabètes), a failli entraîner un soulèvement. Certains n'ont pas hésité à demander la suppression des attributions du maire au profit du préfet du département, plus compréhensif face aux problèmes de ses administrés.

Affaire à suivre.

 

La journée d'aujourd'hui promet d'être mouvementée à Banfora. Des jeunes du RDB entendent en effet marcher contre l'achat des conseillers de leur parti  par le CDP.

Pourvu seulement que tout se passe dans le calme et la sérénité.

 

 

Le président Blaise Compaoré assistera, le 8 juin 2007 à Bamako, à l'investiture d'Amadou Toumani Touré, réélu président de la République du Mali.

 

L’Observateur Paalga du 8 juin 2007



08/06/2007
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