L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Si j’étais Blaise Compaoré... (A propos du développement du pays)

A propos du développement du pays

Si j’étais Blaise Compaoré...

L’article qui suit pose un diagnostic sur l’état de développement du pays. "La tête est pourrie et la racine du mal c’est la tête". Voilà pourquoi son auteur, en une dizaine de points, propose un traitement.

Depuis un certain temps, je suis devenu un afro-pessimiste car je me suis rendu compte qu’après 46 ans d’indépendance accordée à la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest surtout, nous sommes toujours à nous lamenter sur notre sort. Je dirais même que l’Afrique n’a pas progressé ; au contraire, elle régresse ou au mieux stagne. Les chiffres qui sont donnés çà et là traduisant tantôt un léger mieux par rapport à des années antérieures ne sont que mensonges.

Car si on rapporte les chiffres à l’évolution socio-économique de ces pays, on se rend compte qu’en réalité en 1960, la Haute-Volta par exemple, allait mieux que le Burkina Faso en 2006. Je défie les sociologues, économistes, statisticiens et autres penseurs ou acteurs du développement de me démontrer le contraire. En 1960, la Haute-Volta avait combien d’habitants ? Quel PNB ? quel taux de croissance ? Quel indice de pauvreté et quelle richesse ? En 2006, avec ces mêmes questions, où en sommes-nous ? Pire qu’en 1960.

Le seul changement majeur à mon sens est le remplacement du colon (physiquement) par l’Africain, à la tête des affaires (sinon c’est toujours lui qui tire les ficelles, qui décide). Autrement dit, l’indépendance politique avec le « ôtes-toi de là, que je m’y mette » est un acquis partiel. L’indépendance économique, elle, reste encore à trouver et ce n’est pas demain la veille.

Les chiens aboient, la caravane du développement passe

Sinon, comment peut-on comprendre que malgré les innombrables projets et programmes de développement qui déferlent sur ce pays, l’on soit toujours à rechercher l’autosuffisance alimentaire ? Et ces barrages, ces plaines aménagées à coups de milliards au Sourou, à Bagré, ces agro-businessmen promus par Salif Diallo, cette SOPROFA, ces projets gomme arabique, ces ministres et gros dignitaires ou nouveaux riches qui disposent de dizaines d’hectares extorqués aux paysans, ces milliards d’endettement pour l’agriculture qui compromettent l’avenir de nos enfants sans résultats probants ?

Et ces grands discours au lancement de ces programmes qui ont laissé miroiter des résultats attendus qui n’ont jamais été atteints mais qui ont toujours été justifiés ? Les chiens aboient, la caravane du développement passe, les responsables des projets et programmes s’enrichissent (eux se développent) et les pauvres bénéficiaires paysans s’appauvrissent davantage.

Dans ce 21e siècle, nous sommes tous devenus petits bourgeois ou aspirons à l’être et sommes de ce fait enclin à l’enrichissement rapide, qu’importe la manière. Dans un Etat déliquescent et sans autorité véritable pour recentrer cette descente aux enfers, le riche s’enrichit plus vite dans l’impunité et le pauvre s’enfonce toujours dans sa pauvreté. Que faire ?

Il faut secouer le karité

Il faut une révolution intégrale, secouer le karité. S’il est vrai que le poisson pourrit par la tête, il est aussi vrai que la solution à un grand mal, c’est de l’attaquer à la racine. Le diagnostic du Burkina est posé : la tête est pourrie et la racine du mal, c’est la tête. La culture de la responsabilité doit s’accompagner de la culture de la sanction.

Si j’étais alors Blaise Compaoré,

 je signerais un contrat social avec les syndicats dans lequel j’augmenterais les salaires tout en demandant aux syndicats d’être maîtres d’œuvre pour aider le gouvernement à mettre les gens au travail et à sanctionner les fonctionnaires indélicats et paresseux. Les conseils de disciplines seraient plus dynamiques et professionnels ;

 je nommerais des ministres techniciens et non politiques à des ministères sensibles avec obligations annuelles quantitatives et qualitatives de résultats et non de compte rendu, avec évaluation. Out ! les ministres qui gèrent le quotidien, qui ne sont pas imaginatifs sur les dossiers sectoriels. Donner aux peuples des ministres, comme Garango Tiémoko Marc, qui osent proposer des réformes pour redresser des situations ;

 je m’attaquerais sérieusement à la corruption en donnant le feu vert aux différents corps de contrôle et à la justice d’agir et d’aller jusqu’au bout. Des têtes et pas des moindres tomberaient et des petites aussi. La peur du détournement, de l’utilisation abusive du bien public, de l’inconscience professionnelle deviendrait un réflexe ;

 à défaut de diminuer le budget de l’armée budgétivore, j’augmenterais le budget de la sécurité des personnes et des biens en déclarant la guerre aux bandits coupeurs de route ;

 je ferais de l’autosuffisance alimentaire, de la gratuité de l’éducation et des soins d’urgence une réalité en m’investissant personnellement dans ces réflexions et dans la mise en œuvre des activités. Je subventionnerais le secteur agricole, surtout céréalier ;

 je relierais les six engagements pour les adapter à l’évolution de la situation et les faire porter par les ministères concernés ;

 je diminuerais considérablement le train de vie de l’Etat en réduisant le nombre de véhicules (surtout les 4 x 4) et les bons de carburant ;
 je lirais attentivement le manifeste de Laurent Bado « tercérisme » pour lui piquer ses bonnes idées ;

 je réduirais le nombre de députés à 71 dont un député par province et 2 députés par région ;

 j’ordonnerais une relecture intégrale du code électoral et du code général des collectivités territoriales pour transcender les intérêts immédiats de la classe politique ;

 enfin je mettrais un point d’honneur à respecter ma Constitution en demandant à Augustin Loada et à d’autres constitutionnalistes africains (dans la suite du mécanisme d’évaluation par les pairs) de me proposer une Constitution non partisane, réaliste et solide pour le Burkina qui garantit l’alternance ;

et je préparerais ma sortie en briguant un dernier mandat ; Mais, je ne suis pas Blaise Compaoré et je ne suis pas sûr d’avoir 10 millions pour prétendre être candidat à la présidentielle prochaine afin de défendre mes idées. Je ne suis qu’un citoyen qui aspire à plus de mieux-être pour ses concitoyens. Bonne chance nous tous !

Bakary Traoré

Un citoyen

L’Observateur Paalga du 18 juin 2008



18/06/2008
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