L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Tertius, Hermann et le mouton du nouvel an

Une lettre pour Laye du 11/01/2008

 

 

Cher Wambi,

 

Tu imagines aisément le soulagement qui est celui tant des autorités politiques et administratives que de la communauté musulmane de notre pays, après l'atterrissage hier matin à l'aéroport international de Ouagadougou-Taamsê du premier avion ramenant les pèlerins de la Mecque.

Heureux, en tout cas, sont les candidats au Hadj 2007 qui, au terme d'un mois de misère, ont néanmoins pu regagner leur Faso natal.

Laissons leur le temps de rendre grâce à Allah le Miséricordieux, et de reprendre des forces, avant d'en tirer les leçons qui s'imposent. Car, de toute l'histoire du Hadj, c'est bien la première fois en ce siècle de l'aéronautique que les pèlerins burkinabè ont souffert le calvaire sur les chemins de la Mecque.

Mais le constat est déjà amer ; les deals des uns ont vite pris le dessus sur la prière, pour ne pas dire la foi des autres, qui devait s'accomplir en terre sainte de l'islam.

Maintenant que chacun a pu se convaincre de ses faiblesses et de son incompétence, point de doute qu'on ne se fera pas tirer les oreilles pour débarrasser le plancher.

 

Cher cousin, un cadeau de nouvel an qui fait des vagues: un gros bélier que le Premier ministre, Tertius Zongo, a offert au président de l'UNDD, Me Hermann Yaméogo. A la faveur de l'année naissante et comme pour sacrifier à la tradition, Tertius Zongo et son épouse, Priscille, ont adressé au couple Yaméogo (Hermann et Marie Claude) une belle carte de vœux signée "très fraternellement", accompagnée, et c'est là que ça suscite des commentaires,  d'un gros mouton bien cornu. Il n'en fallait pas plus pour que, dans le camp UNDD, s'instaurent des débats heureusement sains : pour certains, il ne fallait pas manger de la viande de l'animal parce qu'il pourrait être "wacké". Normal qu'ils le pensent puisqu'ils ont quand même ce droit d'être superstitieux.

Pour d'autres, et ils sont les plus nombreux, plusieurs raisons militent pour que le ruminant soit transformé en méchoui et de gaieté de cœur : de la récente histoire de notre pays, c'est l'une des rares fois, sinon la seule,  qu'un Premier ministre songe à faire des amabilités à un membre affiché de l'Opposition. Pour ces derniers, c'est le signe d'une politique de rapprochement que tente le chef du gouvernement. Et de conclure qu'il ne pouvait en être d'ailleurs autrement, Tertius et Hermann étant avant tout des fils d'une même région. En tout cas, ce qui unira les deux camps, c'est ce festin de ce vendredi au domicile du président de l'UNDD avec au menu, entre autres, un méchoui dudit... mouton.

 

Et puisque nous parlons de l'UNDD, restons-y. On peut tout reprocher à Hermann Yaméogo sauf de manquer d'initiative. Des  preuves, on peut en citer à la pelle. La toute récente lui est née dans le cadre de la présentation des vœux. Généralement, ce sont les militants qui font ce geste à l'adresse du président du parti. Pour celui de l'UNDD, il faut de temps à autre inverser les rôles, alterner pour faire plus "tékré". Voici sa trouvaille: le 11 janvier, avec les militants et les membres du Bureau exécutif, il présentera ses vœux au doyen du parti, Ousmane Guessrima Ouédraogo, à son domicile.

Le vendredi 18, ce sera au tour de Serge Ki, le responsable des jeunes, d'être honoré.

Enfin, le dimanche 20, c'est Mme Ouréra Koné dite M'Ma Silmiga, en sa qualité de doyenne des femmes UNDD, qui recevra tout ce beau monde à son domicile. Et comme en pareille circonstance on livre souvent des messages, ce sera l'occasion pour le parti de la panthère de revenir sur un sujet qui lui est si cher, à savoir la relecture de nos textes fondamentaux et électoraux. Surtout que le Conseil constitutionnel lui-même est revenu sur le sujet à l'occasion justement des vœux présentés au Président du Faso.

 

Cher Wambi, tu me demandes si c'est vrai que l'ancien président Saye Zerbo s'est rendu en France pour raison de santé?

Vérification faite, c'est affirmatif comme on aime à dire dans l'armée dont il est colonel.

De même source, on précise qu'il souffrait de ces petits ennuis urinaires qui guettent toutes les personnes d'un âge certain et du sexe mâle.

Admis à l'hôpital américain de Paris, il a subi une intervention chirurgicale qui aurait pris en tout et pour tout une quinzaine de nos minutes, après quoi il s'en est retourné à son hôtel.

Un jeu d'enfant en somme !

 

Cher Wambi, tu as sans doute appris l'arrestation à Abidjan, en Côte d'Ivoire, du journaliste français Jean-Paul Ney le 27 décembre dernier.

Sans doute te demandes-tu pourquoi, depuis, ce directeur de la publication "Le confidentiel africain" tarde à recouvrer la liberté.

Selon ce qui se susurre dans certains milieux, les choses pourraient se corser pour lui, car suspecté par les autorités ivoiriennes d'être de connivence avec l'ex-chef rebelle, le sergent Ibrahim Coulibaly, "IB", qui depuis 1999, a changé le cours de l'histoire du pays d'Houphouët.

Sur les bords de la lagune Ebrié, on se fonde surtout sur le curriculum vitae (CV) du reporter français.

Au-delà de sa profession de journaliste, Jean-Paul Ney serait, en effet, également secrétaire général du Centre international de recherches et d'études sur le terrorisme et l'aide aux victimes (Ciret-AVT), fondé  avec Yves Bonnet, l'ancien directeur de la Direction de la Surveillance du territoire (DST) française.

Ce serait avec ce dernier, ainsi qu'avec Daniel Martin, ancien commissaire divisionnaire et chef du Département des Systèmes d'information (DSI) à la DST qu'il anime le site d'intelligence et de veille stratégique Intellink.

Autre fait accablant et pas des moindres, ce message que répète sans se lasser le téléphone cellulaire de Jean-Paul: "Je suis loin de la grisaille parisienne, en déplacement en Afrique pour une période indéterminée...".

Actuellement entendu par la Direction de la Surveillance du territoire (DST) ivoirienne, j'ai hâte d'entendre l'argumentaire que ce journaliste développera pour se tirer d'affaire.

Mais demain ne semble pas être la veille.

 

Et sans transition, cher cousin, je t'invite à l'exploration du carnet secret de Tipoko l'Intrigante, à travers lequel j'apprends à l'instant le décès, le mardi 08 janvier 2008 à Lomé du président du Comité de Gestion de Radio Maria.

Albert Kaboré, puisque c'est de lui qu'il s'agit, était ingénieur des télécommunications à la retraite, et frère aîné du député René Emile Kaboré (REK) de Kokologho.

La dépouille mortelle du regretté est attendue ce samedi 12 janvier  à Ouagadougou avant son inhumation le lundi 14.

Pour l'instant,  j'ignore et le lieu et l'heure des obsèques.

 

Les populations de Kaba vont célébrer le 15 janvier 2008 leur fête traditionnelle de l'âne appelée "Bugsale". A l'occasion, tout le monde devra manger la viande de l'âne accompagnée de dolo ou de bière. Plus d'une centaine d'ânes seront abattus au marché de Kaba (la tradition interdit d'immoler l'âne à tout autre lieu) et vendus sous forme de brochettes, de soupe, ... Si l'édition 2007 a sacrifié plus de 130 ânes au bonheur des consommateurs de chair asinienne, la présente verrait certainement le nombre d'équidés en baisse, la situation catastrophique des récoltes à Kaba oblige.

Malgré tout, les préparatifs du "Bugsale" mobilisent les populations de Kaba et autres localités concernées par la fête. Kaba est à quelques kilomètres de Laye, plus précisément à 25 km d'Arbollé et 20 km de Boussé.

On n'ose pas imaginer le monde des grands jours qui déferlera à Kaba si, et seulement si la fête avait lieu un week-end.

Mais, hélas !

 

Les cœurs battront certainement à l'unisson ce samedi 12 janvier 2008, date choisie par les professeurs agrégés de cardiologie Ali Niakara et Lucie Valérie Nébié pour inaugurer officiellement la clinique du Cœur.

Un plus, certainement, pour la capitale burkinabè et ses environs qui en ont bien besoin dans ce monde où les maladies cardio-vasculaires commencent à imposer leur loi.

C'est pourquoi le ministre de la Santé, Alain Bédouma Yoda himself, et le bourgmestre de Ouagadougou, Simon Compaoré, seront les témoins privilégiés de la cérémonie prévue à 16 h 00 à Ouaga 2000.

 

Du côté de Manga, la capitale provinciale du Zoundwéogo et régionale du Centre-Sud, c'est assurément une autre ambiance qui prévaudra avec la coupe du maire qui verra son apothéose à partir de 14 h 00 sur le terrain de la Municipalité ce même samedi 12 janvier.

On devine aisément pourquoi l'heure du coup d'envoi a été avancée.

En dépit du fait que Manga soit la seule localité au Burkina qui ne connaisse point de panne d'électricité, les pompiers pourraient y être invités si jamais...

Jean-Claude Bouda et les siens, qui n'ignorent pas les talents de leur escadrille, ont donc été bien inspirés de prendre les devants.

Que surtout la fête soit belle.

 

Si dans le Comté de Naaba Kiiba les ruptures d'électricité et autres problèmes  énergétiques ne sont pas à l'ordre du jour, tel n'est pas le cas à Simonville où s'approvisionner en gaz est devenu la croix et la bannière, du fait de la réticence de quelques opérateurs à favoriser l'interchangeabilité des bouteilles.

Malgré l'émergence de l'initiative privée, que les autorités gagneraient à encourager et soutenir, le domaine du gaz demeure comme la chasse-gardée de certains fétiches du monde des affaires qui ne savent que braver les textes gouvernementaux.

N'est-ce pas, messieurs les ministres chargés du Commerce, de la Promotion de l'Entreprise, de l'Environnement et du cadre de vie ?

 

Le paysage bancaire s'étoffe au Burkina Faso avec l'arrivée sur la place d'une nouvelle banque: Coris Banque. Il s'agit en fait de la fille de l'ex-FIB (Financière du Burkina). La FIB s'est donc muée en Coris Banque dont le siège est situé sur l'avenue Kwamé N'Krumah. Selon son PDG, Idrissa Nassa, cette banque mettra l'accent sur l'accompagnement des activités économiques des PME-PMI et bien sûr des particuliers. Coris Banque serait déjà fonctionnelle depuis le 6 janvier 2008.

 

Cela fait bien des mois qu'il ne s'était pas affiché dans un journal burkinabè, préférant parcourir les quatre coins du globe pour la promotion du nucléaire civil pour laquelle AREVA a requis son expertise.

Pourtant son nom s'est longtemps initié sur la scène politique nationale, aux lendemains de la naissance du Rassemblement populaire des citoyens (RPC) dont la paternité lui est à tort ou à raison attribuée.

Malgré les flèches savamment distillées, l'homme est resté de marbre, réservant à ses détracteurs un silence éloquent.

On l'aura deviné, cet homme n'est autre que Zéphirin Diabré qui a, enfin, décidé de délier la langue.

Dans une exclusivité accordée à l'Observateur paalga, que le lecteur appréciera, dans son édition du vendredi 18 janvier, l'enfant de Foungou revient sur des questions d'extrême importance tels les déconvenues de sa  Société, AREVA, au Niger et en République Centrafricaine; le RPC, son fief du Zounwéogo et la campagne des législatives 2007 ; les forces et les faiblesses de la Révolution d'Août, le Forum d'amitié sino-burkinabè (FASIB); les Accords de partenariat économique (APE), entre autres.

Du grain  à moudre, on en aura sûrement. Rendez-vous est pris.

 

L’Observateur Paalga du 11 janvier 2008



11/01/2008
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