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Troupes de la coalition en Irak : Les prémices d’un retrait

Troupes de la coalition en Irak

Les prémices d’un retrait

La fin de la coalition américano-britannique en Irak apparaît de plus en plus imminente. C’est le moins qu’on puisse dire au regard de la succession des évènements dans ce pays, ces derniers temps. Le retrait, lundi, des troupes britanniques de la ville de Bassora et cette visite impromptue, le même jour, du président américain George Bush dans le pays, résonnent comme des signes annonciateurs d’un changement d’appréciation de la situation irakienne par les deux alliés. Des deux côtés, même si cela n’apparaît pas clairement dans les discours, même s'il n'y a pas de calendrier précis à l’ordre du jour, il ne fait plus de doute que la tendance est plus que jamais au retrait. La proximité temporelle de ces évènements est-elle gratuite ? Le retrait des troupes britanniques de Bassora n’est-il pas cela même qui fait courir Bush ? Le vrai mobil de ce départ programmé des Anglais n’est-il pas lié plutôt à ces nombreuses pertes enregistrées dans leurs rangs ces derniers mois ? En tous les cas, c’est peu de dire que ce remue-ménage est prémonitoire de grands bouleversements dans la configuration de la présence internationale en Irak.

En partant du palais de Bassora pour se cantonner uniquement à l’aéroport de ladite ville, en attendant certainement un départ définitif, les Britanniques marquent une nouvelle et significative étape dans la poursuite de la réduction de leur engagement en Irak. Il est certain que cette option comporte le gros risque de laisser le champ libre aux nombreuses milices qui se disputent le contrôle de la ville, det qui pourraient orchestrer toutes sortes de carnages, surtout qu’il n’est pas évident que la chancelante armée irakienne puisse les tenir en respect ; mais toujours est-il que cela est en droite ligne de la nouvelle politique britannique de rupture sous l’ère Brown. Du reste, celui-ci n’avait-il pas annoncé les couleurs dès le début en refusant la casquette de suiviste docile de Bush ? En tous les cas, les autorités, du côté de Londres, semblent déterminées à aller dans le sens d’une opinion publique britannique de plus en plus intransigeante quant au retrait de leur armée d’Irak.

En évoquant pour la première fois l’hypothèse d’un retrait de ses troupes d’Irak, même s’il le conditionne par une "amélioration continue des conditions de sécurité" dans le pays, George Bush cache difficilement son désir de quitter le bourbier irakien. Contrairement à sa nouvelle politique du début d’année qui prévoyait une augmentation des effectifs américains sur le terrain irakien, le chef de la Maison blanche vient d’avouer en définitive son désir de se "sauver" du pays de Saddam Hussein. Cependant, le "cow-boy" qu’il est, ne veut pas perdre la face. Ce qui explique sans doute les "conditions alibi" qu’il pose à ce retrait. Comment pourra-t-il évaluer le niveau de sécurité dont il parle tant ? Avec quelles troupes pourra-t-il l’atteindre, quand on sait que de moins en moins, les jeunes volontaires sont disponibles aux Etats-Unis pour aller sur le front, malgré les énormes avantages proposés. En réalité, on ne le dira jamais assez, c’est l’orgueil qui maintient Bush en Irak ; et il ne serait pas superflu de souhaiter que les Irakiens, pour le salut de leur pays, suspendent quelque peu la violence afin d’aider l’envahisseur à partir, si tant est que c’est la "tranquillisation du pays" qui est la condition de ce départ. Harcelé qu’il est de toutes parts, contesté par le Congrès et même son propre parti, abandonné par ses nombreux alliés internationaux du début, Bush cherche sans conteste la porte de sortie. Nombre d’observateurs voient en ce nouveau développement de la situation en Irak, l’amorce d’une stratégie de départ définitif de l’ensemble de la coalition américano-britannique. Cela ne serait rien d’autre qu’un test, en attendant le grand repli. Le moment est sans doute propice pour pousser la coalition vers cette issue. Ce d’autant plus que Moctada Al-sadr a annoncé une suspension de ces attaques. Cela fait un ennemi de moins pour les Américains.

La partition des forces vives irakiennes, notamment les différentes factions rivales, est importante pour accompagner ce nouvel élan en gestation. Aux Irakiens donc de faire la preuve de leur capacité à se prendre en charge pour voir leur pays libéré. Autrement, ils ne feront que justifier une présence incommodante pour eux et pour les occupants eux-mêmes. La véritable réconciliation ne pourra intervenir en réalité qu’après l’occupation du pays par les forces extérieures. Une ère nouvelle dans la question irakienne vient de sonner. Il ne reste sans doute plus qu’aux uns et aux autres de négocier avec tact les différents tournants de cette nouvelle donne pour voir le pays sortir de l’ornière.

Le Pays du 5 septembre 2007



05/09/2007
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