L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Une descente aux enfers à petit feu

Liban et Palestine

Une descente aux enfers à petit feu

 

Hier jeudi a été décrété «journée de deuil national» au Liban par le gouvernement de Fouad Siniora. Et pour cause : ce pays vient de connaître l’assassinat de la nième personnalité antisyrienne, le député Walid Eido, en compagnie de son fils aîné et avec huit autres personnes (dont deux gardes du corps du défunt) dans un attentat à la voiture piégée le mercredi 13 juin 2007 dans la capitale libanaise.

Walid Eido, connu pour son franc-parler contre la Syrie, était député sunnite de Beyrouth et membre du parti Courant du Futur, dirigé par Saad Hariri, chef de la majorité parlementaire, dont le père, Rafik Hariri, on se rappelle, a été assassiné en février 2005 dans un attentat spectaculaire au centre de Beyrouth.

Une enquête de l’ONU sur l’assassinat de l’ex-premier ministre, qui a conclu à la responsabilité d’agents syriens, avait conduit, sous la pression libanaise et internationale, au retrait des forces syriennes du Liban, qui, comme on le sait, étaient stationnées dans ce pays depuis 1987 après plusieurs interventions précédentes. L’existence officielle du tribunal spécial depuis dimanche dernier (en attendant son lieu d’implantation et ses premières inculpations) pour juger les assassins de Rafik Hariri n’a pas pu sauver Walid Eido, qui disparaît avec 9 autres personnes. Un tribunal, du reste, qui n’est pas du goût de la Syrie, laquelle refuse toute coopération.

Avec la tuerie de ce troisième député de la majorité antisyrienne depuis les dernières élections législatives de mai-juin 2005 ainsi que celle de journalistes qui dérangeaient la Syrie du président Bachar el-Assad, le pays du cèdre est en proie à une violence d’une gravité inquiétante. Même si le chef de la majorité parlementaire invite ses concitoyens à ne pas abandonner le Liban aux terroristes, accusant la Syrie sans la nommer suite à cet assassinat, il est indéniable que Damas ne tient pas à perdre une de ses chasses gardées au profit des Américains.

Et c’est connu, la Syrie est la bête noire de l’Oncle Sam dans la région, avec l’Iran, qui a toujours vu en la première citée un trouble-fête et une menace sérieuse pour la stabilité et la paix. Certes, les enjeux sont énormes au Proche-Orient et ce n’est pas les Yankees qui ne s’appuieront pas sur des alliés pour stopper l’influence syrienne et même iranienne.

C’est dire que le Liban n’est pas encore sorti de l’auberge ; pas plus que la Palestine, endeuillée par le duel fratricide entre le Hamas et le Fatah. On se pilonne au mortier, au lance-roquettes, et les violences entre les deux factions rivales prennent l’allure d’une guerre totale dans la Bande de Gaza, avec des risques d’extension des combats en Cisjordanie.

Et pourtant qui l’aurait cru ! Que les Palestiniens se tromperaient d’adversaire, voire d’ennemi, l’Etat hébreux, pour se faire hara-kiri ! C’est invraisemblable. En l’espace d’une semaine, on parle de 83 morts, et cela ne semble pas ralentir les  combattants islamistes qui, forts de leurs récentes victoires, sont décidés à «croquer» du Fatah et de ses forces alliées. C’est à se demander si le président Mahmoud Abbas ne prêche pas dans le désert en appelant le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, à faire cesser le déluge de feu que fait tomber son mouvement.

C’est clair, ce dernier tient à prendre le contrôle des forces palestiniennes, l’objet des affrontements, par la force.

Et à moins que le président Abbas ne soit sauvé, peut-être, par l’interposition d’une force onusienne qui se déploiera à temps, les jours à venir risquent d’être plus dramatiques dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie. En effet, que feront les hommes masqués du Hamas si leur ultimatum à l’autre faction pour une soumission n’était pas respecté aujourd’hui (ce vendredi) jusqu’à 16h00 GMT ?

Israël continuera-t-il à jouer au spectateur dans ce mélodrame palestinien si le Hamas, qui lui a toujours causé des ennuis, parvenait à triompher dans ce combat fratricide?

Et quel avenir pour cette région si Tsahal s’en mêlait ?

Les interrogations et inquiétudes sont donc immenses quant à la quiétude de cette partie de la planète qui, selon certains observateurs, risque d’être à l’origine d’une future catastrophe à l’échelle mondiale. Et entre fatalité et espoir de sauver la paix mondiale, notamment dans le Proche-Orient, l’intelligence de l’homme doit supplanter son animalité.

 

Cyr Payim Ouédraogo

L’Observateur Paalga du 15 juin 2007



15/06/2007
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